Petits récits

Petits récits

Messagepar Saguingoira » 2009-02-11, 09:24

La plus importante jonglerie est sans contredit la Kasabandjikerin ou
la Cabane. Un tel est-il mort ou vivant ? Viendra-t-il au Poste ?
Quand viendra-t-il ? Veut-on avoir le remède à telle maladie ? etc.,
tout cela se découvrira sans difficulté. On appelle un Cabanier,
c'est un magicien de premier ordre. On lui construit pour la
circonstance une cabane de forme conique, sur un espace d'environ six
pieds de diamètre; on enfonce solidement dans la terre de gros bâtons
qui ressortent de huit ou neuf pieds, et on les rapproche les uns des
autres à leur sommet de manière à laisser passage à un homme ; on
étend sur cette charpente des nattes ou des écorces de bouleau, afin
que de l'extérieur les curieux ne puissent voir ce qui se passe au
dedans. Quand tout est prêt, le Cabanier se fait attacher les pieds
et les mains par le plus fort et le plus adroit des assistants lui
permettant lui commandant de faire les noeuds les plus durs et les
plus inextricables. Lié de la sorte, il se glisse par dessous les
tentures. Dès qu'il est dans cette enceinte vouée au démon, le
cabanier semble être sous l'influence du Malin-Esprit ; on l'entend
siffler, crier, et rugir, se remuer, entonner des chansons
abominables et hurler des phrases qui n'ont pas de sens, tomber sur
terre, remuer sa cabane, et, dans ce combat contre un invisible
ennemi, il delie tous les noeuds qui attachaient ses pieds et ses
mains. A force de crier, de chanter et d'appeler le Mauvais-Esprit,
il évoque, sous la forme d'un petit homme viulain et noir, qui lui
arrive par le haut de la cabane, c'est de lui qu'il apprend tout ce
qu'il doit savoir, c'est de lui qu'il obtient le pouvoir de causer
toutes sortes de malheurs à ses ennemis sauvages ; mais il ne pourra
rien faire contre les blancs.

Aussi les Cabaniers sont la terreur des autres indiens et tout le
monde se gardera bien de les irriter. Ils exigent une rétribution
proportionnée aux découvertes qu'ils ont à faire et aux malheurs
futurs qu'ils ont détournés. J'ai questionné tous les grands
Cabaniers de ma connaissance, qui ont renoncé à la jonglerie en
devenant chrétiens ; tous se sont accordés à dire qu'ils parvenaient à
détacher les liens, quelque nombreux et solides qu'ils fussent ; mais
un seul d'entre'eux m'a affirmé que le petit homme vilain et noir lui
était apparu, tandis que les autres m'ont avoué qu'ils ne l'ont
jamais vu et qu'ils exploitaient la crédulité générale.

Source : Récit de R.P. Déléage, o.m.i., Mission du Saint-Maurice (1863)
- Rapport sur les missions du diocèse de Québec, mars 1864, no
16, pages 74-75.
----------------
Saguingoira
Membre
 
Messages: 1760
Inscrit le: 2007-06-02, 23:27

La Mototowin ou la Suerie

Messagepar Saguingoira » 2009-02-11, 09:25

La Mototowin ou la Suerie se pratique avant la chasse. Elle exige,
elle aussi, la construction d'une cabane d'environ quatre pieds de
diamètre, avec les murs droits, plus complètement couverts de nattes
ou d'écorces qu'il ne faut par la précédente jonglerie. On recouvre
le toit, en ne laissant qu'une petite ouverture pour donner du jour.
Pendant que la dite cabane se construit, on allume un grand feu dans
lequel on jette une douzaine de gros cailloux. Quand ces cailloux
sont rougis, on les transporte dans la cabane et on les met auprès de
deux ou trois casseaux plein d'eau. Alors le Notowinini le sueur
jette bas ses habits, entre dans la cabane et verse de l'eau sur les
cailloux brûlants. La vapeur monte en sifflant, met le jongleur en
nage et l'étoufferait bientôt. Mais aussitôt que la vapeur se dégage,
le jongleur voit quelle direction elle prend et c'en est assez pour
lui, il sait par la direction de la vapeur de quel côté on doit se
diriger pour avoir une bonne chasse. Rarement dit-on, on manque de
faire bonne capture en prenant ce moyen. Et cependant ceux qui font
cette jonglerie sont peu nombreux ; je n'en connais que deux ou trois
dans toutes nos missions qui de temps en temps s'y laissent
entraîner, et c'est après un long jeûne de cinq à six jours.

Source : Récit du R.P. Déléage, o.m.i., Missions du Saint-Maurice,
dans Rapport sur les missions du diocèse de Québec, mars 1864, no 16,
pages 75-76
Saguingoira
Membre
 
Messages: 1760
Inscrit le: 2007-06-02, 23:27

Le Magochewin ou le Festin

Messagepar Saguingoira » 2009-02-11, 09:27

Le Magochewin ou le Festin est quelque fois une abominable
superstition. La disette étant survenue, le sauvage va sacrifier un
de ses chiens au démon. Il se représente la Divinité sur un arbre,
c'est-à-dire, qu'avec son couteau et son casse-tête, il découpe sur
l'écorce d'un arbre les lignes principales de la figure humaine et
cette grossière figure devient pour lui la Divinité. Il immole devant
elle l'animal le plus précieux pour les sauvages le fait rôtir et le
mange en ayant soin de se tenir en face de son superbe tableau. Il
espère que ce Dieu, lui voyant manger ce qu'il a de plus cher au
monde, aura pitié de lui et le fera trouver bonne chasse. Je ne
connais qu'un seul indien qui se soit rendu coupable de cette
idolâtrie ; malgré ses invitations, il n'a pas réussi à avoir de
compagnons à son festin, et lui-même, il a souffert excessivement de
la faim pendant tout l'hiver.

Il faut donc ne pas confondre ce festin superstitieux avec celui que
les Indiens font souvent après la chasse. Quand ils se sont procuré
un nombre considérable d'orignaux, de chevreuils, d'ours et de
castors, ils assemblent leurs voisins de 30 et de 40 lieues à la
ronde, et tous ensembles, ils mangent autant que leurs estomacs
peuvent contenir, et se dédommagent de leurs longs jeunes. Dans cette
occasion, ils peuvent ne pécher que par gourmandise.

Source : Récit du R.P. Déléage, Missions sur le Saint-Maurice dans
Rapport sur les missions du diocèse de Québec, 1864, no 16, pages 76-
77
-------------
Saguingoira
Membre
 
Messages: 1760
Inscrit le: 2007-06-02, 23:27

Le Makalekewin

Messagepar Saguingoira » 2009-02-11, 09:31

Le Makalekewin, le Noircissement est un remède empirique, dans les
idées des sauvages. Si l'un d'eux tombe malade, ils croient qu'un
ennemi lui a jeté un sort, ou que le Mauvais-Esprit l'afflige. Pour
apaiser cet Esprit, le père du malade ou l'un de ses frères se noircit
la figure et les mains, va sur une haute montagne, y passe cinq ou six
jours sans boire ni manger, et se fatigue le corps à marcher et à
grimper sur les arbres. Cette jonglerie n'a lieu que rarement. Je n'ai
rencontré qu'un seul infidèle qui eût employé ce moyen pour guérir son
enfant, et il n'avait pas réussi.

Source : L Récit du R.P. Déléage, o.m.i., Missions sur le Saint-Maurice
dans Rapport sur les missions du diocèse de Québec, 1864, page 77.
--------------
Saguingoira
Membre
 
Messages: 1760
Inscrit le: 2007-06-02, 23:27

L'Awesens Nikamon

Messagepar Saguingoira » 2009-02-11, 09:32

L'Awesens Nikamon ou le chant des bêtes sauvages est encore une
superstition qu'on emploie pour trouver la nourriture et elle se
pratique de deux manières. Les tambours de casque accompagnant des
chants qui ont rapport aux animaux sauvages, ont la vertu d'attirer ces
animaux ; on chantera donc toute la nuit et quelquefois tout le jour
suivant, car on est sûr après cela de pouvoir assouvir sa faim.
D'autres Indiens se contentent de baisser la tête jusqu'à terre et de
répéter longtemps Amik, Amik, Amik, ce qui veut dire Castor, Castor,
Castor ou bien Mons, Mons, ce qui veut dire Orignal, Orignal, ... ou
enfin le nom de tout animal qu'ils désirent rencontrer.

Source : Récit du R.P. Déléage, o.m.i., Missions sur le Saint-Maurice,
dans Rapport sur les missions du diocèse de Québec, 1864, pages 77-78.
---------
Saguingoira
Membre
 
Messages: 1760
Inscrit le: 2007-06-02, 23:27

L'Akstowin ou la Suspension

Messagepar Saguingoira » 2009-02-11, 09:33

L'Akstowin ou la Suspension est la jonglerie la plus accréditée et la
plus répandue. Le sauvage se gardera bien de jeter les os d'un animal à
ses chiens, et encore plus de les jeter à l'eau ; ce serait s'exposer
d'une manière imminente à ne plus faire de bonne chasse. Que fera-t-
il ? Il les suspend à un arbre pour honorer les animaux de la même
espèce. Il en est néanmoins qui suspendent les os, non dans le but
superstitieux que je viens d'expliquer, mais par une ostentation
puérile, afin que les voyageurs qui passeront par là voient, qu'eux
aussi, ils sont capables de tuer les animaux sauvages.

Source : Récit du R.P. Déléage, Missions sur le Saint-Maurice, dans
Rapport sur les missions du diocèse de Québec, mars 1864, page 78.
-------------
Saguingoira
Membre
 
Messages: 1760
Inscrit le: 2007-06-02, 23:27

Messagepar Saguingoira » 2009-02-11, 09:35

Extrait du Journal des Trois-Rivières, 6 mai 1848

Nous nous fessons un devoir de reproduire l'article suivant d'un
journal de Londres, le Morning Herald, qui nous été transmis à cet
effet. On verra par le tableau, le tarif exhorbitant que la Compagnie
de la Baie d'Hudson prélevé sur tous les objets de commerce
indispensable aux tribus indiennes avec lesquelles elle traite. Il
est donc très important qu'au nom de l'humanité on fasse cesser ce
monopole écrasant, tyrannique, que la compagnie exerce, il est très
important que l'on donne publicité à ces faits. On remarquera surtout
que la Compagnie exerce là un contrôle indu, qui ne lui est pas
accordé par une charte, et qu'elle craint la révolution de cette
circonstance. On remarquera dans le tableau les immenses valeurs
qu'elle reçoit en peaux pour des articles de traite d'un prix
modique. Les profits exigés sont outre mesure et font honte à
l'humanité, et à la civilisation qui se trouve là en parallèle avec
la barbarie, L50 pour un fusil, L22 pour un paire de pantalons ; L40
pour une chaudière de cuivre ; L7 10s pour chemise de coton ; L2 10s
pour une chopine de rum (réduit) ; L 2 15s pour une once de vermillon.
---------------
Saguingoira
Membre
 
Messages: 1760
Inscrit le: 2007-06-02, 23:27

Messagepar Saguingoira » 2009-02-15, 12:44

Source : Récit de voyage de 1829 extrait du rapport des commissaires pour
explorer cette partie de la Province entre les rivières Saint-Maurice
et Ottawa (Appendice S, 1830, page 40)


"Nous arrivâmes à une pointe marécageuse, du côté du nord, vis-à-vis
laquelle, du côté de l'est, est une ancienne résidence de Minisino.
Ici nous vimes trois tombes sauvages ; elles étaient érigés dans la
forme longue et étroite, adoptée par les sauvages, et bien défendues
des approches des bêtes féroces, par une couverture extérieure de
bois fendu, lié avec des branches. Dans la mausolée extérieur, il y
en avait un fait d'écorce de bouleau, et c'était sous cela que
reposait le corps, recouvert de beau sable blanc, qui forme les
rivages du lac. Vis-à-vis l'une des tombes il y avait une croix.
D'après les renseignements que nous reçumes, il paraît qu'un de ces
tombeaux appartient à la mère de Menisimo ; le second contient le
corps de sa femme, et le troisième le corps d'un de ses enfans. Nous
fumes assurés que la mère reçut la mort des mains de sa bru même,
dans une querelle qu'elles eurent ensemble, il y a quelques années,
dans une des baies sablonneuses du lac Malowin. La femme fut tuée par
son mari, dans un accès de jalousie, d'un coup de hache qu'il lui
donna entre les épaules pendant qu'elle était courbée. Nous
n'apprimes pas de quelle manière l'enfant avait fini ses jours. Ce
même Menisimo tua une autre femme, et tira sur un canadien qui allait
pour le prendre. La pointe où ce dernier meurtre eut lieu est connue
sous le nom de "Pointe de l'Assassin", et est aussi du côté oriental
du lac. Pour ces meurtres et autres dont il est accusé, Menisino fut
une fois arrêté et conduit les mains liées jusqu'à une petite
distance de Trois-Rivières. Les gardes étant extrêmement fatiguées
d'avoir fait un long portage, s'endormirent, Menisino profita de
cette circonstance pour se jeter à l'eau, et quoiqu'il eût les mains
liées, il réussit à passer de l'autre côté de la rivière. Après cela
il traversa nombre de rivières et de lacs, et une étendue immense de
forêts, couverte d'un bois épais, et regagna son propre pays ; il n'a
jamais été pris depuis. En effet, c'est un homme fort et robuste, et
dans la fleur de l'âge, et il en est peu qui voulussent en faire la
tentative. Cependant nous avons appris depuis qu'un parti d'hommes
avait été envoyé à sa poursuite. Si cela est correct, on peut par là
rendre compte du découragement qui saisit notre guide et nos gens,
tant qu'ils furent sur ce lac (Lac Kempt), car ils pouvaient
connaitre cette circonstance, tandis que nous l'ignorions. On dit
qu'il a une influence sans borne (causée par la crainte) sur toute la
partie mâle de sa tribu ; mais les femmes, comme on peut bien le
supposer, ont une grande répugnance à vivre avec lui. M. Leblanc
étant à Wemontachinque, fut obligé de garder avec un fusil chargé,
toute une nuit, une femme que Menisino voulait emmener avec lui dans
les bois. On le depeint comme un bel homme ; et, ce qui est rare
parmi les sauvages, comme n'étant nullement adonnée aux boissons
fortes. D'après ce qu'on nous dit, il parait qu'il est constamment
sur ses gardes ; craignant toujours qu'on n'emploie quelque
stratagème pour le surprendre, vivant isolé, et il est le seul
habitant de ces affreuses régions. Le mieux pour nous fut
probablement de ne pas le rencontrer, car on ne sait pas trop,
comment un semblable caractère aurait regardé un parti, qui, comme
nous, furetait dans chaque baie et crique de ses terres de chasse,
quoiqu'on lui eût fait savoir de bonne heure dans l'été, qu'il
pouvait s'attendre à voir un parti d'hommes blancs traverser son lac.
Assurément s'il eut voulu nous harasser, il pouvait le faire avec
impunité, en tirant sur nous, pendant que nous étions le soir assis
autour de notre feu, sans qu'il nous fut possible de voir d'où ni de
qui serait venu le coup. Mais laissons cette digression et reprenons
notre marche.

--------------
Saguingoira
Membre
 
Messages: 1760
Inscrit le: 2007-06-02, 23:27

Messagepar Saguingoira » 2009-02-15, 16:26

District des Trois-Rivières

Déposition de Marie Josephte Aloncaret, Sauvagesse Abenakise, femme
de François Joseph Lazard, Sauvage Abenakis du Village de St.
François, Comté de Yamaska, dans le dit District des Trois-Rivières.

La dite Marie Josephte Aloncaret, femme du dit Frs. Jos. Lazard,
après serment prêté sur les Saintes Evangiles de dire vérité, dit et
dépose que pendant l'absence de son mari qui est à la chasse depuis
l'hyver dernier, dont elle est enceinte depuis environ huit mois,
vers le mois de Mai dernier, dans l'après midi, Augustin Lazard, son
beaufrère Abénakis du dit Village de St. François, ivre et en
courroux, a été dans la maison de la dite déposante sa belle-soeur,
là étant a frappé sur les tables et les cloisons pour épouvanter la
dite déposante, et en même temps sont entrées plusieurs personnes à
la vue desquelles il a cessé son train et elle ne sait où il aurait
poussé son audace si ces personnes ne fussent entrées sur l'heure ;
depuis lequel temps le dit Augustin Lazard a toujours montré une
certaine haine et vengeance contre la dite déposante en plusieurs
occasions dont elle ne peut connaître la cause ; que notamment Lundi
dernier, le vingt-deux du courant, mois d'Octobre, vers une heure
avant le soleil couché, le dit Augustin Lazard, encore ivre et en
courroux a gagné vers la porte de la dite déposante audit Village de
St. François ; l'ayant apperçu elle est entrée dans sa dite maison,
en a fermé la porte et l'a barrée avec un petit bois qu'elle tenait
avec ses mains pour l'opposer d'entrer, que malgré cela le dit
Augustin Lazard a forcé la porte pour entrer. Alors ne pouvant entrer
par cette porte, il apperçut un chassis ouvert qui avait été ôté pour
entrer du blé d'inde, entra aussitôt par là dans la dite maison ; que
tout en colère s'est rendu maître dans la dite maison, frappant à
coup de poing dans les cloisons, sur la table comme s'il y eut voulu
briser en gagnant vers la déposante pour la battre et maltraiter, qui
s'est sauvée dans un autre appartement pour s'y cacher de lui ;
qu'elle a resté toute tremblante de peur et de frayeur et sans force
à l'aspect du dit Lazard, déterminé comme il lui a paru elle croit
qu'il l'aurait effectivement battue et maltraitée s'il ne lui fut
opposé par la mère et la soeur de la dite déposante qui lui ont donné
le temps de se soustraire de sa vue en mettant au-devant de lui, le
tout sans aucune provocation de sa part ; d'après quoi la dite
déposante a tout lieu de croire et craint sa vie en danger surtout le
fruit qu'elle porte dans son sein et que dans cet état de crainte et
de frayeur elle est privée de sortir seule pour ses affaires et est
obligée de se renfermer de bonne heure dans sa maison tous les soirs
avec ses parens dans l'appréhension qu'il lui soit fait quelques
nouveaux attentats et violences par le dit Augt. Lazard depuis cette
époque ; pourquoi elle requiert le bénéfice de la loi pour le faire
arrêter et appréhender, et ne dit rien de plus, a persisté dans sa
présente déposition à St. Michel d'Yamaska, ce vingt-sixième jour du
mois d'Octobre mil-huit-cent-trente-deux, et a déclaré ne savoir
signer après lecture faite

Source : Appendice du 45e volume des Journaux de l'Assemblée du Bas-
Canada (Appendice VV, page 75-76)

---------
Saguingoira
Membre
 
Messages: 1760
Inscrit le: 2007-06-02, 23:27

Messagepar Saguingoira » 2009-02-16, 23:21

District des Trois-Rivières

"Par devant moi the Honorable T. Coffin, Ecuyer, un des Juges à Paix
de Sa Majesté pour le dit District est comparu François Rottono, de
cette ville des Trois-Rivières, Premier Chef des Sauvages Algonquins,
lequel, après serment prêté sur le Saint Evangile de dire la vérité a
dit et déclaré qu'aujourd'hui, vers une heure de l'après-midi, Louis
Tomaquois, Sauvage Albenaquis, et Joseph Launière, Sauvage Algonquin,
seraient entrés chez lui, et que sans provocation de sa part ils
l'auraient menacé de le tuer, pourquoi le dit déposant a droit et
raison de craindre que les dits Louis Tomaquois et Joseph Launière en
veulent à sa vie et prie qu'ils soient appréhendés pour être traités
suivant la loi, et a déclaré ne savoir signer".

Trois-Rivières, 13 Novcembre 1830


Source : Appendice du 45e volume des Journaux de l'Assemblée du Bas-
Canada (Appendice VV, page 72)
Saguingoira
Membre
 
Messages: 1760
Inscrit le: 2007-06-02, 23:27

Messagepar Saguingoira » 2009-02-16, 23:24

District des Trois-Rivières

"Laurent Portneuf, de la Nation Abénaqui du Village St. François,
Chasseur, étant assermenté sur le Saint Evangile, dit et dépose que
Samedi passé, le 31e de Janvier dernier, un nommé Jean Bte Nagagawa, du
même lieu, aussi du même nation, Chasseur lui aurait assailli, menacé,
et battu et ensuite il lui aurait assaillie avec une hache et menacé de
lui tuer, et le déposant craint que le dit Jean Bte Nagagawa, mettre
ses menaces en exécution et demande notre autorité enfin que le dit
Jean Bte Nagagawa soit arrêté et traité suivant la Loi et déclare ne
savoir signer

Affirmé devant moi à La Baie St. Antoine, de 6e jour de Février 1835
"

Source : Appendice du 45e volume des Journaux de l'Assemblée du Bas-
Canada,( Appendice VV, page 78 ).
Saguingoira
Membre
 
Messages: 1760
Inscrit le: 2007-06-02, 23:27

Messagepar Saguingoira » 2009-02-18, 22:13

Source :
Extrait du journal Le Constitutionnel (Trois-Rivières),
22 janvier 1872


Un sauvage Tête-de-Boule du nom de Boucher, résidant à l'embouchure
de la Rivière Croche, dans le haut du St-Maurice, a été arrêté en
cette ville, samedi, au moment où il était à vendre des pelleteries
chez M. Lesieur, rue Notre Dame. La cause de cette arrestation mérite
d'être connue. Si les faits sont tels que les raconte la rumeur
publique, cet homme serait d'une cruauté et d'une scelératesse inouie.

Un jeune homme et une jeune fille restent avec Boucher. Ce sont les
enfants d'un de ses beaux-frères nommé Plamondon, mort depuis
quelques années. Boucher était parti, il y a quelques temps, avec son
neveu pour aller trancher le castor, c'est- à dire pour aller prendre
le castor sous la glace sur les lacs. Boucher revint seul à la
maison, il y a quelques jours. M. Vassal, qui descendait du St.
Maurice, trouva le jeune Plamondon sur le chemin, presque mort de
froid et de faim. Il le ramassa, le mit dans sa voiture et le ramena
chez son oncle. Le jeune homme raconta que Boucher, prétextant qu'il
manquait de vivres, avait refusé de lui donner à manger, et que à
mesure qu'il affaiblissait, son oncle le battait pour le faire
marcher. A la fin, ne pouvant plus se tenir sur ses jambes, il tomba
de lassitude sur le bord de la route. Lorsque Boucher vit que son
neveu ne pouvait plus bouger il lui jeta une hache et s'en vint à sa
maison. Il était alors à neuf milles de sa demeure. En se rendant
chez Boucher, M. Vassal rencontra en route la soeur du jeune homme
qu'il avait dans sa voiture. Elle pleurait et lui dit qu'elle allait
à la recherche de son frère, Il la ramena avec lui. Arrivé chez
Boucher le jeune Plamondon était tellement gelé que les pieds lui
tombèrent et qu'enfin il mourut deux jours après. On dit que même
durant ces deux jours la conduite de Boucher a été suspecte, qu'il
tenait à éloigner les étrangers de la maison et qu'il a lui même
enterré son neveu, sans l'aide de personne. Il paraitrait que
Plamondon porte sur son corps les marques de mauvais traitements
graves. On ajoute que Boucher aurait eu la tentation de ravir
l'héritage de son neveu. Dès que ces faits furent connus à Trois-
Rivières, le chef de police de notre ville a télégraphié au coroner
de Québec, car la Croche se trouve dans le district de Québec. Le
coroner de Québec n'a pas voulu s'occuper de l'affaire.

C'est sous ces circonstances que Boucher, étant venu vendre ses
pelleteries en ville, a été arrêté par le constable Fearon.

On ajoute qu'au moment où il a abandonné son neveu, Boucher avait
encore la viande de deux castors.

Il est probable que cette affaire va donner lieu à une poursuite
criminelle fort difficile et que les tribunaux de Québec auront à
faire venir plusieurs des témoins de la Tuque et de la Croche.
Saguingoira
Membre
 
Messages: 1760
Inscrit le: 2007-06-02, 23:27


Retour vers Histoires

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit and 2 invités