Qui est Indien, qui est Métis, selon le doodimag indien

Qui est Indien, qui est Métis, selon le doodimag indien

Messagepar Pierre » 2009-07-10, 23:45

Heather Devine, dans son rapport "The people who own themselves" écrit ce qui suit à propos des clans indiens basés sur le doodimag :

One of the most important Ojibwa cultural markers is its kinship system, which is based on membership in patrilineal clans, or doodimag. Although a union between a European man and an Ojibwa woman would not violate any kinship taboos, her children would be denied membership in an Ojibwa clan because their European father was not part of the Ojibwa clan structure, except perhaps in a fictive sense. [17]

The only way the child of such a union could acquire clan membership for his descendants would be for his daughter to marry an Ojibwa man, and for a son to marry an Ojibwa woman and ensure that their children, in turn, married people possessing clan dodems. [18]


TRADUCTION LIBRE :

Un des marqueurs culturels les plus importants chez les Ojibway (les Algonquins) est son système de parenté basé sur l'adhésion des clans patrilinéaux, ou doodimag. Bien qu'une union entre un homme européen et une femme ojibway ne viole aucun tabou de parenté, l'adhésion de leurs enfants dans un clan ojibway sera nié parce que leur père européen ne fait pas partie de la structure de clan ojibway, excepté peut-être au sens fictif.

La seule façon que les enfants d'une telle union peuvent adhérer au clan est 1) pour leur fille, épouser un homme ojibway ou 2) pour leur garçon, épouser une femme ojibway et que les petits-enfants, gars ou filles, marient à leur tour des personnes faisant partie d’un clan en possession de dodems.

Fin de la citation

Autrement dit, les enfants métis de sang des Blanches qui épousent des Indiens sont Indiens car le père fait partie d’un clan indien qui reçoit ses enfants d’office, peu importe leur origine.

Le Blanc qui épouse une Indienne et ses enfants métis de sang ne sont pas Indiens car la mère ne peut admettre d’office un Blanc et ses descendants dans le clan.

Par contre, leurs petits enfants métis de sang seront Indiens si leur mère ou leur père métis de sang épouse une Indienne ou un Indien, bien sûr.

La question de la pureté du sang indien – ou blood quantum - à 51% pour être reconnu Indien trouve ici son explication : les Indiens acceptaient le Métis qui épousait une Indienne et leurs enfants métis au trois quart indien mais pas le Blanc marié à l’Indienne et leurs enfants métis à moitié indien…

Bref, le Blanc n’était pas inclu dans les clans de chasseurs et guerriers indiens pour la seule raison qu’il épousait une sœur, une cousine ou une nièce indienne, mais leurs petits-enfants qui épousaient une Indienne l'étaient !

Conclusion : s'il faut en croire cette théorie, le Métis est le fils ou la fille d’un Blanc qui épouse une Indienne, le petit-enfant qui n’épouse pas un Indien ou une Indienne et les descendants qui n'épousent pas un Indien.

Cette théorie tient la route pour ce que j'ai pu constater récemment : les Indiens nomment Métis les enfants des Blancs qui épousent des Indiennes même si ceux-ci sont maintenant reconnus indiens par Ottawa.
Pierre
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Messagepar Abitawis » 2009-07-26, 14:01

Kwey

Dans le message précédent, l’un des nôtres a fait l’affirmation suivante:

------------

« La question de la pureté du sang indien – ou blood quantum - à 51% pour être reconnu Indien trouve ici son explication : les Indiens acceptaient le Métis qui épousait une Indienne et leurs enfants métis au trois quart indien mais pas le Blanc marié à l’Indienne et leurs enfants métis à moitié indien…

S'il faut en croire cette théorie, le Métis est le fils ou la fille d’un Blanc qui épouse une Indienne, le petit-enfant qui n’épouse pas un Indien ou une Indienne et les descendants qui n'épousent pas un Indien.

Cette théorie tient la route pour ce que j'ai pu constater récemment : les Indiens nomment Métis les enfants des Blancs qui épousent des Indiennes même si ceux-ci sont maintenant reconnus indiens par Ottawa»
------------------------

Avec tout respect pour l’opinion de cette personne, je me dois de m’objecter à cette affirmation que je considère tout à fait injustifiée.

En effet, cette affirmation semble donner crédence que les Autochtones et particulièrement ceux parmi nous qui sommes «Indiens» sont à la base du concept raciste de la «pureté du sang» et du «blood quantum». Or, rien n’est plus faux ! En général, avant l’hégémonie des Blancs et de leurs Lois, les peuples Autochtones étaient très inclusifs et tolérants des étrangers.

Sachez que l’auteur de cette affirmation a délibérément négligé de reproduire la suite du texte de Mme Heather Devine, dans son rapport "The people who own themselves" qui en fait se poursuit comme suit:

----------------
"Despite their quasi-outsider status, the métis children of these early unions did not seem to have encountered difficulty assuming the status of trading chief or headman later in life. No doubt their dual ancestry could be used to the band's benefit in terms of initiating and maintaining ongoing relationships with Europeans."

Traduction libre:

"Malgré leur situation de quasi étranger, les enfants métis de ces premières unions ne semblent pas avoir rencontré de difficulté à assumer des positions de chef de troque ou de chef de tribu plus tard dans la vie. Sans doute la dualité de leur héritage métis pouvait être utilisé au bénéfice de la bande pour initier et maintenir des relations continues avec les Européens."

Fin de la citation. (www.ucalgary.ca/~hdevine/naming.htm)
---------------------

Les Ojibwas comme la majorité des peuples Algonquins sont des sociétés patriarcales. Ainsi le clan de l’enfant est généralement déterminé par celui du père peu importe l’origine de la mère. C’est comme avec les Blancs dont le nom de famille jusqu’à tout récemment provenait du père.

Par contre, les sociétés Iroquoises sont matriarcales. Ainsi le clan de l’enfant est généralement déterminé par la mère peu importe l’origine du père.

Sachez que dès les premiers contacts plusieurs non-Autochtones se sont intégrés librement parmi les Autochtones. De plus, selon la coutume, les Premières Nations adoptaient comme membres à part entière des hommes, des femmes et des enfants pris captifs lors de raids ou de guerres de deuils et ce peu importe leurs origines. Le clan de ces personnes était généralement déterminé selon celle de leur famille adoptive. Ces personnes étaient rapidement assimilées au sein de la tribu soit pour remplacer un membre de la famille décédé ou tout simplement comme esclaves. Ceux et celles qui ne pouvaient s’assimiler ou contribuer de façon constructive à la communauté étaient vite éliminées d’une manière ou de l’autre. Quant aux descendants de ces personnes maintenant assimilées, leur clan respectif était déterminé selon la coutume de la dite Nation.

Remarquez que ces coutumes étaient «généralement» appliquées mais pouvaient varier selon les besoins et les circonstances. En tant qu’Autochtones, nous étions souverains. Nous avions nos propres Lois, coutumes et pratiques qui régissaient à l’époque tous les aspects de nos vies. Mais rien n’était coulé dans le béton. Comme Inuits, Indiens ou Métis, nous sommes tous des gens bien pragmatiques et, selon les circonstances et les besoins, nous pouvons nous adapter à toute réalité qui se présente devant nous.

Ainsi, comme en fait foi le texte de Mme Devine, lorsque cela est à l’avantage du bien-être commun de la communauté, nous savons reconnaitre et mettre en valeur les qualités des divers membres de nos communautés peu importe leurs origines respectives. Il en est encore aujourd’hui…… lorsque les Blancs et leurs Lois nous le permettent.

En effet, l’imposition de la Loi sur les Indiens en 1876 basée sur le système patriarcal, raciste et misogyne du Gouvernement du Canada a forcé les peuples des Premières Nations autant patriarcales que matriarcales d’abandonner leurs lois, pratiques et coutumes et d’adopter entre autres les concepts Européens de la «pureté de sang » et du «blood quantum » et de plus d’accepter les pratiques misogynes qui ont été imposées par ces derniers contre nos mères, sœurs, tantes, cousines et nièces.

Ainsi jusqu’à l’adoption du Bill C-31 en 1985, les Premières Nations étaient forcés par la Loi d’exclure et de bannir de leurs communautés toutes les femmes ainsi que leurs enfants lorsque ces dernières épousaient des non-Autochtones. Des familles entières furent ainsi séparées de leur parenté et des liens familiaux établis depuis des milliers d’années furent détruits à tout jamais. Ceci allait à l’encontre des traditions et coutumes.

Quant aux hommes, le Gouvernement pour des raisons évidentes leur a permis de conserver leur tradition d’épouser n’importe quelles femmes qu’ils voulaient et d’inclure leurs épouses et tous leurs enfants Metis ou non au sein de la communauté comme citoyens à part entière. Pour eux, rien ne changeait et la coutume traditionnelle Autochtone d’inclusion de personnes de diverses Nations au sein de la communauté se poursuivit comme avant.

Pour légaliser tout cela, les Blancs et leurs Lois se sont accaparé l’autorité de déterminer qui était citoyen ou pas. Ils octroyèrent des cartes de statut « Indien » aux citoyens basé sur le système patriarcal du père à ses enfants peu importe la «pureté » de leur sang. De plus, l’épouse non-autochtone de ces hommes acquérait le statut « Indien » et était donc autorisée avec ses enfants Metis de vivre sur la réserve. Ainsi seul le Gouvernement déterminait qui serait « Indien » ou non et qui serait citoyen ou non. Les membres de la communauté n’avaient rien à dire.

En fait, si le Gouvernement avait donné aux femmes des Premières Nations les mêmes droits que les hommes, la grande majorité de ces dernières et de leurs enfants auraient pu continuer de vivre au sein de leurs communautés en tant que citoyen à part entière de leur Nation comme elles le faisaient avant selon leurs propres Lois et traditions sans égard au concept Européen de la «pureté du sang» que les Blancs nous ont tous imposé.

Un Indien, un Métis ou une Blanche ayant le statut «Indien» octroyé par le Gouvernement ou non demeurera toujours un Indien, un Métis ou une Blanche aux yeux des membres de la communauté peu importe leurs ascendances. Nous sommes ce que nous sommes. Il n’y a pas de honte dans cela. Après tout, nous sommes ce que le Kitci Manito a bien voulu que nous soyons et nous sommes tous ses enfants.

Ce qu’il faut plutôt comprendre est le concept de la « citoyenneté » au sein de la Nation plutôt que celui de la « race » qui nous a été imposé par les Blancs. Si une personne possède la fameuse «Carte d’indien inscrit », le Gouvernement permet à cette personne de résider légalement dans la communauté sans égard à la volonté de la communauté. Mais de nos jours, plusieurs Premières Nations ont maintenant acquis le pouvoir de déterminer qui sont ses citoyens et, ce sans égard, aux Cartes d’indien inscrit émises ou non par le Gouvernement.

Ainsi la question est de savoir si cette personne est acceptée ou non comme citoyen de la communauté.

Dans ce contexte, les mots «Inuits, Indiens et Métis » devraient plutôt prendre le sens de « citoyen » plutôt que celui de la « race Inuit, Indien ou Métis » tout comme le mot « Canadien » qui inclus des hommes et des femmes de toutes les races, nationalité, langues, religion, etc… mais qui partagent tous un mode de vie et une culture commune bien Canadienne et bien distincte des autres.

On devrait bannir à tout jamais entre nous tous les concepts racistes de la « pureté du sang » et celui du « blood quantum » qui n’est que le résultat de l’hégémonie des Blancs contre nous tous.

Dire et insinuer que « la question de la pureté du sang indien – ou blood quantum - à 51% pour être reconnu Indien par le Gouvernement trouve ici dans le doodimag son explication » est, selon mon humble opinion, très insultant.

Cela démontre encore une fois la réussite de la Loi sur les Indiens pour nous détruire et diviser nos familles en tant que pères et mères, frères et sœurs, oncles et tantes, cousins et cousines, neveux et nièces. Nous avons tous été victime de ce racisme pervers et que l’un des nôtres semble insinuer que ça provient de nous à travers le doodimag est très décevant….

J’espère tout simplement avoir mal interprété ses propos et si c’est le cas, je lui présente mes excuses les plus sincères.

J’ai dit ce que j’avais à dire.

Meegwetch
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Messagepar Pierre » 2009-07-26, 14:50

M. Richer,

J’accepte vos excuses car mes propos ne visaient pas à insinuer que le concept du blood quantum provient des Indiens. Au contraire, il est clair qu’il provient non pas des Blancs mais des gouvernements fédéraux conservateurs et libéraux.

Bien sur qu’il y eut des Européens et des Canadiens nommés Chefs, le premier étant Charles de Saint-Étienne de La Tour, désigné Grand Sagamo de la Cote Est vers 1630, dont nous avons déjà fait état sur ce site.

On sait aussi que les enfants captifs étaient adoptés et que les adultes étaient faits esclave.

Je n’ai rien tenté de cacher, j’ai cité le texte de Devine. C'était la première fois que la question du doodimag est abordée sur ce site. Il y aurait encore beaucoup à dire, je crois.

Cela dit, je ne comprends pas pourquoi les femmes Indiennes qui marient des Blancs au XXIème siècle perdent encore leur place dans les réserves malgré l'adoption du Bill C-31. Pouvez-vous nous l’expliquer?
Pierre
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Messagepar Saguingoira » 2009-07-26, 16:06

Bonjour M. Richier,

J’apprécie beaucoup que vous ayez pris parole (ou plutôt écriture).
Sans vous offenser, j’aimerais seulement revenir sur certain passage de vos écrits.
Sur les quels j’aimerais savoir encore plus éclairé, dans le but de mieux comprendre une certaine situation, voici :

Andre Richer a écrit:Kwey

En effet, l’imposition de la Loi sur les Indiens en 1876 basée sur le système patriarcal, raciste et misogyne du Gouvernement du Canada a forcé les peuples des Premières Nations autant patriarcales que matriarcales d’abandonner leurs lois, pratiques et coutumes et d’adopter entre autres les concepts Européens de la «pureté de sang » et du «blood quantum » et de plus d’accepter les pratiques misogynes qui ont été imposées par ces derniers contre nos mères, sœurs, tantes, cousines et nièces.

Ainsi jusqu’à l’adoption du Bill C-31 en 1985, les Premières Nations étaient forcés par la Loi d’exclure et de bannir de leurs communautés toutes les femmes ainsi que leurs enfants lorsque ces dernières épousaient des non-Autochtones. Des familles entières furent ainsi séparées de leur parenté et des liens familiaux établis depuis des milliers d’années furent détruits à tout jamais. Ceci allait à l’encontre des traditions et coutumes.

Quant aux hommes, le Gouvernement pour des raisons évidentes leur a permis de conserver leur tradition d’épouser n’importe quelles femmes qu’ils voulaient et d’inclure leurs épouses et tous leurs enfants Metis ou non au sein de la communauté comme citoyens à part entière. Pour eux, rien ne changeait et la coutume traditionnelle Autochtone d’inclusion de personnes de diverses Nations au sein de la communauté se poursuivit comme avant.

Pour légaliser tout cela, les Blancs et leurs Lois se sont accaparé l’autorité de déterminer qui était citoyen ou pas. Ils octroyèrent des cartes de statut « Indien » aux citoyens basé sur le système patriarcal du père à ses enfants peu importe la «pureté » de leur sang. De plus, l’épouse non-autochtone de ces hommes acquérait le statut « Indien » et était donc autorisée avec ses enfants Metis de vivre sur la réserve. Ainsi seul le Gouvernement déterminait qui serait « Indien » ou non et qui serait citoyen ou non. Les membres de la communauté n’avaient rien à dire.

En fait, si le Gouvernement avait donné aux femmes des Premières Nations les mêmes droits que les hommes, la grande majorité de ces dernières et de leurs enfants auraient pu continuer de vivre au sein de leurs communautés en tant que citoyen à part entière de leur Nation comme elles le faisaient avant selon leurs propres Lois et traditions sans égard au concept Européen de la «pureté du sang» que les Blancs nous ont tous imposé.

Un Indien, un Métis ou une Blanche ayant le statut «Indien» octroyé par le Gouvernement ou non demeurera toujours un Indien, un Métis ou une Blanche aux yeux des membres de la communauté peu importe leurs ascendances. Nous sommes ce que nous sommes. Il n’y a pas de honte dans cela. Après tout, nous sommes ce que le Kitci Manito a bien voulu que nous soyons et nous sommes tous ses enfants.



M. Richer,

Il y a des documents ou il y écrit que se sont les autochtones qui demande de sortir les blanc de leurs vie, car mais après avoir été enfermer dans de supposer cage doré (les réserves), les autochtones était encore envahit pas l’homme blanc qui épousait leurs femmes et prenait encore toute la place comme les meilleurs terres, c’est encore les blanc qui avait de meilleur situations économique, c’est encore eux qui prenait trop de place, etc..

Comme par exemple pour la famille Gill chez les Abénaki, se sont les autochtones qui ont demander au gouvernement vers 1808 (si ma mémoire est bonne), de ne plus les reconnaître comme indien, car il prennait trop de place en poste de pouvoir.

En 1847 chez les Wendat-Huron, dont je possède aussi une copie, le prêtre écrit :
"Le gouvernement n’ignore pas que c’est une loi dans la tribu des Hurons de Lorette que les femmes sauvages qui épousent des blancs perdent tous les privilèges accordées à la tribu. Cela est si vrai qu’il a constamment refusé à celles-ci les présents qu’il accorde auz autres femmes de la même tribu, malgré toutes les demandes qui lui ont été adressées à ce sujet".

À la fin de cette lettre il est écrit :

"En finissant, je prends la liberté de réitérer au gouvernement ma demande pour qu’il soit pris au plutôt des mesures afin de faire exécuter la loi concernant les blancs qui résident dans les villages sauvages".

Dans les mêmes années et pour une autre nation amérindienne, il y a aussi dans les registres, des actes de mariages ou il y est clairement mentionné que l’épouse amérindienne dans ce cas-ci Mohawks, est consciente qu’elle doit quitté le village (réserve) après la cérémonie du mariage consenti.

M. Richer, soyez certain que je ne cherche pas dans ce cas précis à crée une polémique
Mais bien d’en savoir plus et mieux comprendre de façon plus éclairé.
Et c’est de vous seul, que j’attends commentaire plus juste, dans l’espoir de parfaire mes connaissances.

Vous pouvez aussi répondre en privé, si vous le désiré.

Merci d'avance de votre attention !

Darquise
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Messagepar Tourblanche » 2009-07-26, 23:38

Je m'étais bien promis de ne poster que dans les discussions
qui concernent la culture et l'histoire , je fais ici une petite entorse
pour rappeler un évènement historique .

En 2004 on m' a demandé de participer à une reconstitution historique
du raid sur Deerfield de 1704 , pour en commémorer le 300 e anniversaire . Je personifiais un des Canadiens qui accompagnaient
les Amérindiens alliés lors d'un raid sur un village du Massachusetts

http://www.1704.deerfield.history.museum/

Le but de ce raid des forces conjointes Wendat , Kanienkehaka
Wobanaki , Canadiens et Français était de capturer le plus de prisonnier possible . Les Canadiens et les Français désiraient des
otages a interroger et a échanger , les Hurons , Mohawks et Abénakis
cherchaient a adopter des adultes et des enfants pour remplacer
les pertes dues aux épidémies du XVII e siècle et aux guerres .
( cette action conjointe faisait suite a la Grande Paix de 1701)

Je dois avouer que je ne connaissais rien de cet évènement très rarement mentionné dans nos manuels scolaires. J'ai du combler
mon ignorance rapidement , c'est de ce momment que j'ai commencé
a m'interresser plus sérieusement aux cultures amérindiennes.

Bref , pour rester dans les limites de cette discussion ,
comprenez ma surprise quand j' entend parler des concepts
de pureté de sang .
Tourblanche
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Messagepar Pierre » 2009-07-27, 00:48

La question du sang indien est soulevée devant les tribunaux et les gouvernements depuis belle lurette.

Une première loi soulève la question de la pureté indienne en 1850 au Canada. La pureté de l'origine devient un critère de reconnaissance du statut indien et de discrimination envers les Métis.

La théorie du blood quantum est par la suite utilisée devant les tribunaux pour démontrer le statut indien des demandeurs. En calculant le nombre d'ancêtres indiens, métis et blancs, certains arrivent à démontrer qu'ils ont 51% et plus de sang indien dans les veines et, par conséquent, qu'ils sont Indiens...

D'autres considèrent qu'un Indien avec 51% de sang indien est un Indien pur pour fins de calcul du degré de sang indien de sens enfants...


J'ai lu récemment encore un document rédigé en 1990 dans lequels un chef indien invoquait le blood quantum d'une personne pour déclarer qu'elle était indienne.

Il existe un jugement qui rejette la théorie du blood quantum. Je ne l'ai toutefois pas sous la main.

Le doodimag peut avoir été invoqué par les gouvernements pour exclure des réserves les femmes Indiennes mariées à des Blancs. Je ne dis toutefois pas que les Indiens étaient d'accord avec la privation de leurs droits et je m'en vois désolé si mes propos ont été interprétés comme tel.
Pierre
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Messagepar Pierre » 2009-07-27, 22:06

Les réponses se faisant attendre, on est en droit de s'interroger sur le but réel visé par le blâme.
Pierre
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Messagepar Abitawis » 2009-07-27, 23:53

Kwey,

Vos répliques constructives et vos questions légitimes à mes commentaires sont grandement appréciées et je vous en remercie.

J’ai fait les deux affirmations suivantes et je les maintiens :

a) En général, avant l’hégémonie des Blancs et de leurs Lois, les peuples Autochtones étaient très inclusifs et tolérants des étrangers.

b) En fait, si le Gouvernement avait donné aux femmes des Premières Nations les mêmes droits que les hommes, la grande majorité de ces dernières et de leurs enfants (et leurs époux) auraient pu continuer de vivre au sein de leurs communautés en tant que citoyen à part entière de leur Nation comme elles le faisaient avant selon leurs propres Lois et traditions sans égard au concept Européen de la «pureté du sang» que les Blancs nous ont tous imposé

Ainsi, dites-vous, si ces affirmations sont vraies, pourquoi les femmes Autochtones et leurs époux non-Autochtones ou Métis ainsi que leurs enfants ont été dans le passé et sont encore trop souvent aujourd’hui mal traités par d’autres Autochtones lorsque nous savons tous qu’à prime abord les sociétés Autochtones étaient généralement de nature inclusive et égalitaire?

La réponse à cette question est très complexe et je n’ai certes pas la prétention de pouvoir y répondre de façon adéquate mais je soupçonne dans le fond que vous la connaissez aussi bien que moi ….

Toute personne ayant un peu de connaissance en histoire, en sociologie ou en anthropologie vous diront que le colonialisme impérialiste Européen imposé en Amérique ou en Afrique ou en Australie, etc… sur les peuples autochtones pendant des siècles et des siècles a eu et a encore à ce jour des effets tout à fait dévastateurs et négatifs sur nous et nos ancêtres que nous soyions autochtones ou non-autochtones.

Le colonialisme a pour effet entre autres de convaincre les colonisés qu’ils sont «inférieurs» aux colonisateurs. Ils sont ainsi subjugués à céder leurs terres, leurs droits et leur liberté. Ils sont forcés à échanger leurs lois, leurs coutumes, leurs traditions et leur spiritualité pour les remplacer par ceux du colonisateur qui sont prétendus «supérieurs» aux leurs.

Les colonisateurs ont imposé leurs concepts racistes de la « pureté du sang » pour pouvoir mieux classifier et catégoriser les colonisés. Ils s’adonnent à des exercices mathématiques complexe en généalogie pour calculer le fameux « quantum de sang » pour établir le niveau précis « autochtone » du colonisé et ainsi pouvoir leur accorder ou non certains droits ou privilèges. On nous dit que ces concepts racistes ont été rejetés par la Cour mais sachez que malgré cela ils sont encore appliqués à maints endroits autant dans les milieux autochtones que non-autochtones.

De plus, les colonisateurs ont imposé leur type de misogynie pratiqué envers les femmes et ont rendues ces dernières inférieurs aux hommes. Ceci va à l'encontre de nos coutumes et traditions d'antan.

Les tristes exemples bien documentés qui m'ont été soulevés concernant le mauvais traitement de certains autochtones envers d’autres autochtones dans le passé et malheureusement encore de nos jours n’ont rien de surprenant. Après tout, cela ne fait que reflèter ce qu’on nous a appris à imiter pendant des siècles et ce depuis le premier contact.

Sur ce dernier point, je vous suggère ci-bas une lecture appropriée sur le thème de l’enseignement dans le milieu Autochtone.

http://epe.lac-bac.gc.ca/100/206/301/la ... use-fr.asp

En reconnaisant notre passé, nous apprécierons d'autant plus l'avenir.

Que nous soyions Inuit, Indien, Métis ou non-autochtone, plusieurs d’entre nous ont bien appris les leçons que le colonisateur nous a enseignées dans le passé….. mais malheureusement beaucoup trop d’entre nous n’ont pas encore à ce jour compris…..

Nous avons beaucoup à faire ensemble autant autochtones que non-autochtones pour relever le défi qui se dresse devant nous et apprendre à vivre ensemble dans un esprit de respect mutuel et de partage.

J’ai dit ce que j’avais à dire et vous souhaite mes sentiments les plus sincères.

Meegwetch

----------
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Messagepar Pierre » 2009-07-28, 02:04

En effet, merci de votre réponse, on se comprend.

Je ne suis pas certain de vouloir lire ce rapport, le coeur veut me sortir de la poitrine quand je tombe sur des documents semblables.

Et pourtant, je ne peux pas ne pas le lire, ce serait un deni de la réalité, aussi ignoble soit-elle. Demain alors, car je ne veux pas rêver aux esprits malsains qui s'y profilent.

Je crois comme vous : pas de lois discriminatoires en 1850 et 1851, Indiens et Métis cohabitent toujours en paix ensemble dans un esprit d'hospitalité, d'entraide et de commerce profitable.

Les gens des pensionnats ont eu de très mauvais professeurs. Des êtres abjects pour tout dire.

Les blessures sont profondes, la guérison, longue, des cultures millénaires très savantes durement affectées, des rêves, brisés, des vies... anéanties.

Et le pape qui n'a pas voulu s'excuser.

Je crois que je termine ici avant de sacrer contre ce sépulcre blanchi dont les prédécesseuirs se sont dits infaillibles, tout en étant contre la Liberté et l'Équité, ces deux mamelles du chaos, dirent-ils.

Le dossier des pensionnats est mal nommé. Ce qui c'est passé dans ces pensionnats porte le nom de crime haineux contre l'Humanité. Et je n'ai pour souvenir du traitement médiatique que la voix de fausset de Dion qui s'excuse en chambre, Monsieur le Président, pour les erreurs (sic) du passé.
Pierre
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Messagepar Saguingoira » 2009-07-28, 20:02

Oui,
merci M. Richer de vos commentaires.
J'apprécie votre présence.

a+
Darquise
8)
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Messagepar diasoleil » 2009-07-29, 12:14

M. Richer, M. Montour, vos pensées rejoignent tellement les miennes.... lorsque j'ai lu, et pourtant je savais tout cela, le lien que vous avez mis, et bien mes yeux ont eu des fuites incontrolable si bien que j'ai du arrêter la lecture.

Ces faits sont si horribles.
Dianne

descendante de Marie MITEOUAMIGOUKOUE
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Re: Qui est Indien, qui est Métis, selon le doodimag indien

Messagepar Wildcat2223 » 2014-11-20, 23:02

Une question pour vous tous pour les lignées
De mon ascendance moi Lise père Marc , grand-mère Ida, père à Ida est Joseph, sa mère à Joseph est Mélanie, La mère à Mélanie est Anastasie Vermette dont le Père était Joseph Vermette et son épouse est MINWACHIWANOKWE dont les religieux ont donné prénom de Marie Marthe était Cree-Ojibwe pure

Mais comment peut on trouver ces parents ancêtres cree-ojibwe des Plaines

Merci
Wildcat2223
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