JEANNE ONAUS née en 1621 à INDIAN NATION

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Messagepar jdelisle » 2007-10-08, 22:57



JEANNE AUNOIS NOUNAU ONAUS née à INDIAN NATION en 1621, épouse de Pierre-Michel LEFEBVRE dit Lacizeray, d'après Rootsweb: Quebec-Research.

Voir Appendix A: Sources de références ( plusieurs PRDH & autres documents historiques énumérés.)

Note: Dans Généalogie du Québec, Jeanne "Auneau" , est citée comme étant "d'origine inconnue".
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Re: JEANNE ONAUS née en 1621 à INDIAN NATION

Messagepar jdelisle » 2007-10-08, 23:09

Jacques Delisle a écrit:
JEANNE AUNOIS NOUNAU ONAUS née à INDIAN NATION en 1621, épouse de Pierre-Michel LEFEBVRE dit Lacizeray, d'après Rootsweb: Quebec-Research.

Voir Appendix A: Sources de références ( plusieurs PRDH & autres documents historiques énumérés.)

Note: Dans Généalogie du Québec, Jeanne "Auneau" , est citée comme étant "d'origine inconnue".


Cliquer sur site suivants:

http://archiver.rootsweb.com/th/read/QU ... 1022947986

www.nosorigines.qc.ca/GenealogieQuebec. ... 440&Ing=fr
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Messagepar Dominique_Ritchot » 2007-10-09, 10:56

fiche du PRDH
No. 87287
Trois-Rivières
naissance : 24-08-1651
Baptême : 27-08-1651
1. Perrine Amérindienne
2. Marie KITARANGOUKOUÉ (mère de 1) Amérindienne
3. ... Pierre (père de 1) Amérindien
4. Pierre Kouc Lafleur Cognac (présent masculin)
5. Jeanne Onaus Amérindienne (épouse de 6)
6. Pierre Lefebvre (époux de 5)
7. Joseph Duperron Jésuite

Il s'agit d'une erreur de lecture de l'acte de baptême par les copistes du PRDH. Cette erreur de lecture, signalée par de nombreux chercheurs aux responsables du PRDH, n'a pas été corrigée dans les différentes versions CD du programme. L'information erronée de l'origine amérindienne a été perpétuée jusqu'à ce jour.

Malheureusement, de nombreux sites et chercheurs reproduisent cette information.

L'acte original du registre de la paroisse Immaculée-Conception des Trois-Rivières se trouve sur la bobine ANQ 5M601.5 (6 février 1634 au 4 février 1749), folio 67 (le deuxième en haut de la page).

L'acte original dans est en latin :

« sauvage

Ego diem cadum die es hora baptisini solemnister in cadum loca preslam (?)
presdits nata [illisible] matre Maria Kitarangoukoué et patris Petro ... defunctis
Perrina dicta fuit a patricini Petro Kouk elgo Lafleur de Cognac et Joannna Onaut
exore Petro Lefebvre
»

Comme on peut le constater à la lecture de l'acte, il n'y a aucune mention à l'effet que Jeanne Onaus soit Amérindienne.

La seule certitude que nous avons c'est qu'à l'instar de beaucoup d'épouses de colons des Trois-Rivières, elle a été marraine d'enfants amérindiens.

Jeanne Onaus, l'épouse de Pierre Lefebvre, est marraine de Perrine Amérindienne, baptisée le 27 août 1651 aux Trois-Rivières (PRDH, 87287, ANQ, bobine 617).

Jeanne Onaus est aussi marraine avec son mari Pierre Lefebvre, de Elisabeth, indienne, fille de Jeanne OUENBIKOUEK, baptisée le 10 septembre 1656 aux Trois-Rivières, (PRDH no. 87399).

Cependant, Marcel Trudel, dans son Catalogue des immigrants (pp. 150- 158), suggère que Jeanne Onaus serait arrivée en l'année 1645, avec un contingent d'immigrants français, en provenance du Perche.

De plus, ni Jetté, ni Tanguay ne l'identifie comme Amérindienne. À ce jour, et jusqu'à la découverte d'un document prouvant ses origines, Jeanne Auneau demeure d'origine inconnue.
Dernière édition par Dominique_Ritchot le 2008-01-23, 13:47, édité 1 fois au total.
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JEANNE ONAUS née en 1621 à INDIAN NATION

Messagepar jdelisle » 2007-10-09, 20:10

Il est possible que Jeanne Onaus soit née à Indien Nation 5 ans avant son baptême, née en 1621 et baptisée en 1626 comme l'auteur le mentionne. On sait très bien que dans la culture européenne à cette époque les enfants étaient baptisés lors de leur naissance et non 5 ans plus tard comme on le voyait chez les Améridiens et leurs enfants nouvellement convertis.

L'auteur mentionne la naissance à Indian Nation sans préciser le terme amérindien. L'auteur réfère à 19 documents de recherches pour appuyer ses dires, ce qui n'est pas peu. Où l'auteur aurai-il pris ces nombreuses précisions sinon en référant à ces différents documents. Les avez-vous tous lus? Moi, non.

Merci pour votre réponse mais je n'en suis pas convaincu à cause de toute la culture du milieu. Marraine d'amérindiens et épouse d'un homme en contact avec les bandes indiennes. Il est certain que si elle est née dans une bande indienne et en est sortie comme c'était le cas pour plusieurs à l'époque. On pouvait alors ignorer sa provenance ou son origine. Il semble y avoir plus d'éléments laissant croire qu'elle était Amérindienne que Européenne de souche.

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JEANNE ONAUS née en 1621 à INDIAN NATION

Messagepar jdelisle » 2007-10-09, 20:18

Dans votre citation en latin le mot sauvage n'apparaît aucunement ni pour Jeanne Onaus ni pour les autres.

Le terme sauvage que vous utilisez où se trouve-il dans le texte car vous le mettez au début sans l'intégrer au texte. Avez-vous une copie du texte complet en latin?

Merci pour votre collaboration et J'apprécie beaucoup votre esprit de recherche de la vérité.

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Messagepar jdelisle » 2007-10-09, 21:27

D'après le premier recensement en 1666 de la Nouvelle- France ( Québec) à Trois-Rivières, Pierre Lefebvre a 50 ans et Jeanne Aunois a 45 ans. Elle est donc née en 1621 et non pas en 1626 comme le prétend la généalogie du Québec alors qu'il s'agissait de son baptême en 1626. Il y a donc un décalage de 5ans, ce qui est assez particulier, fréquent chez les Amérindien(nes) de l'époque mais peu probable chez les Européens sauf s'il s'agit d'adoption d'amérindien(nes).

De plus, au début du recensement de Trois-Rivières de 1666, le 13e nom du 1er bloc, on peut lire PIERRE LEFEBVRE, 19 ans, domestique engagé, assez particulier aussi alors que Pierre Lefebvre aurait marié Jeanne Auneau en 1646 à Trois-Rivières. On mentionne également un Jacques Lefebvre, 19 ans et autres enfants du couple . Donc ce fils Jacques est né 1 an avant leur mariage. Aucune précision concernant les parents de Pierre Lefebvre, domestique, âgé de 19 ans également.

CLIQUER SUR CE LIEN:

www.rootsweb.com/~canbc/HughLArmstrong/ ... troisr.htm

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Messagepar Dominique_Ritchot » 2007-10-10, 01:09

Jacques Delisle a écrit:Dans votre citation en latin le mot sauvage n'apparaît aucunement ni pour Jeanne Onaus ni pour les autres.

Le terme sauvage que vous utilisez, où se trouve-il dans le texte car vous le mettez au début sans l'intégrer au texte. Avez-vous une copie du texte complet en latin?

Jacques Delisle


J'ai cité l'entité de l'acte, dont j'ai copie. Le terme Sauvage apparaît en marge de l'acte original.

Jacques Delisle a écrit:
PIERRE LEFEBVRE (19 ans), DOMESTIQUE engagé à Trois-Rivières,
d'après le 1er RECENSEMENT DE 1666 à Trois-Rivières en Nouvelle-France.

CLIQUER SUR LE LIEN:

www.rootsweb.com/~canbc/HughLArmstrong/ ... troisr.htm


Si vous lisez entièrement le document cité, Pierre Lefebvre et son épouse Jeanne Auneau (Aunois) sont recensés plus bas, entre La soeur Marie Raisin « Maistresse d'escolles aux filles des Trois Rivieres »

et la famille de François Hertel.

Pierre lefebvre .............................50 habitant
Jeanne Aunois ...............................45 sa femme
Jacques lefebvre ............................19 fils
Michel lefebvre .............................12 fils
Ignace lefebvre .............................10 fils
Ange lefebvre ................................7 fils
pierre lefebvre ..............................5 fils
Noel Charpentier ............................19
Jean ledue ..................................19
Et Jean Vinconneau ..........................36 domestique

Jacques Delisle a écrit:De plus, au début du recensement de Trois-Rivières de 1666, le 13e nom du 1er bloc, on peut lire PIERRE LEFEBVRE, 19 ans, domestique engagé, assez particulier aussi alors que Pierre Lefebvre aurait marié Jeanne Auneau en 1646 à Trois-Rivières. On mentionne également un Jacques Lefebvre, 19 ans et autres enfants du couple. Donc ce fils Jacques est né 1 an avant leur mariage. Aucune précision concernant les parents de Pierre Lefebvre, domestique, âgé de 19 ans également.


Le Pierre Lefebvre cité comme domestique de Pierre Boucher de Boucherville est Pierre Lefebvre, de l'archevêché de Rouen (confirmation), confirmé aux Trois-Rivières le 06 juin 1666. Rien n'indique qu'il s'agisse du fils de Pierre Lefebvre et Jeanne Auneau.

De plus, Jacques Lefebvre, fils de Pierre Lefebvre et Jeanne Auneau a été baptisé le 12 janvier 1647 aux Trois-Rivières (PRDH & Jetté, p. 686).

Pour ce qui est du « baptême » de Jeanne Auneau, vous remarquerez que le généalogiste sur Rootsweb dit simplement « She was christened in 1621/1626 », sans citer de date ni d'endroit. Il n'a donc pas trouvé l'acte de baptême. La source qu'il cite en note 7 sont les actes pour lequels il cite une date précise.

Vour remarquerez qu'il fait la même chose pour Pierre Lefebvre : « He was christened in 1616 in Sceaux ». Son acte de baptême en France n'a pas encore été localisé.
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PIERRE LEFEBVRE, DOMESTIQUE engagé à TROIS-RIVIÈRES

Messagepar jdelisle » 2007-10-10, 20:37

Merci pour vos réponses objectives.

Jacques Delisle
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JEANNE ONAUS née en 1621 à INDIAN NATION

Messagepar jdelisle » 2007-11-25, 22:42



Madame Dominique Ritchot, malgré votre expertise en la matière, sans vouloir vous vexer, j'aimerais savoir si vous avez lu les 19 sources de références citées concernant l'origine amérindienne de Jeanne Onaus, cette dernière mariée à Trois-Rivières avec un Pierre Lefebvre.

À mon avis, il serait très surprenant et même voire impossible que tous les auteurs des 19 sources de références ( ce qui est considérable) se soient tous trompés ou même se soient copiés les uns sur les autres sans esprit ou regard critique surtout lorsqu'il est question d'un sujet d'une telle importance. À moins que l'on mette en doute cette source de référence importante et crédible jusqu'à maintenant le PRDH. Ceci pourrait enfin s'appliquer pour tout autre recherche que le sujet de Jeanne Onaus, Auneau, Aunois, Nounau...

De plus, on sait très bien que ce couple Jeanne Onaus et Pierre Lefebvre était en lien étroit et même familial avec les Amérindiens. Aussi parrain, marraine d'amérindien.

NOTE: Ainsi, à l'époque du couple Onaus & Lefebvre comme vous le savez sans doute, ce n'était pas honorable et même une honte pour un Français ou Européen de marier une "sauvagesse païenne" langage utilisé à l'époque. On avait souvent tendance à taire l'origine "sauvage"comme on le voit dans plusieurs cas. D'ailleurs surtout lorsqu'il s'agissait de notables ou nobles mariant une amérindienne.

Enfin, comme on peut le constater facilement, plusieurs+++ descendants de Jeanne Onaus & Pierre Lefebvre sont en lien avec les bandes indienne ou premières Nations. On voit un fil continu donnant plusieurs familles métisses ou mariant des indiens sur des réserves.

Sans prétention.

Père Jacques Delisle
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Messagepar Dominique_Ritchot » 2007-11-25, 23:54

Monsieur Delisle,

oui, j'ai consulté les sources citées par les différents chercheurs et je vous le redis :

aucune de ces sources (primaires ou secondaires) ne contient quelque mention que ce soit sur le lieu de naissance ou l'origine ethnique Jeanne Oneau (Auneau) qu'elle soit européenne, amérindienne ou autre.

Donc, et ce jusqu'à nouvel ordre, Jeanne Oneau est d'origine inconnue.

S'il advient que des documents surgissent prouvant l'origine de Jeanne Oneau, soyez sûr que je serai la première à en faire part à ce forum.
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JEANNE ONAUS née en 1621 à INDIAN NATION

Messagepar jdelisle » 2007-11-27, 00:05



Madame Ritchot,

Merci pour votre réponse. Je suis tout de même surpris que les différents auteurs ne parlent aucunement de l'origine amérindienne de Jeanne Onaus alors qu'ils sont cités en références.

De plus, je désire mentionner que souvent les origines amérindiennes n'étaient pas clairement mentionnées et il s'agissait souvent de la tradition orale dans les familles amérindiennes ou métisses. Dans ma famille ( ancêtres très proches) j'ai vécu moi-même l'expérience que voici.

Du côté de ma mère, on dit que mon arrière grand-mère maternelle Démerise Gagné mariée à Joseph Lacroix ( dit Joseph-Cyrille Lagroix était amérindienne et travaillait avec les indiens dans les champs et serait arrivée par bateau au Québec. On la décrit avec un teint bazonné ( foncé) avec chevelure très noire et yeux bridés, épaules larges et costaude. Le couple s'est marié à l'Église Ste-Bibiane de Richmond le 9 janvier 1882. Les parents inscrits sur le certificat de mariage sont pour Démerise Gagné: fille mineure de François Gagné et de Marie Césarie Roy de la paroisse. Les parents de Joseph Lacroix sont Charles Lacroix et Julie Lange de St-Félix de Kingsey, QC. Aucune mention amérindienne sur le certificat de mariage et impossible de trouver le certificat de naissance ou de baptême malgré la tradition orale.

De plus, on disait dans la tradition orale familiale mon arrière-arrière grand-mère maternelle Marie Julie Lange Lefebvre dite Descôteaux, amérindienne. Elle s'est mariée avec Charles Lacroix le 18 janvier 1843 à St-Félix de Kingsey. Les parents de Julie, fille mineure, étaient Joseph Lefebvre dit Descôteaux et Marie Faucher dite Chateauvert. Témoins de Charles: Augustin Rivard dit Laglanderie et de Olivier Rivard dit Laglanderie et du côté de Julie: Joseph Lefebvre dit Descôteaux, père et Joseph Faucher dit Chateauvert, oncle. Aucune mention d'origine amérindienne ni trouvé pour le moment le certificat de naissance ou de baptême.


Cependant, j'ai pu trouvé le certificat de mariage de Joseph Lefebvre marié à Marie Fauché dite Chateauvert le 29 juillet 1816 à la paroisse de Saint-Antoine ( Baie-du -Febvre). Les parents de Joseph sont Gabriel Lefebvre et Marguerite Lemire de cette paroisse. Les parents de Marie, fille mineure, sont Etienne Faucher dit Chateauvert et de Marie Turcot de la paroisse également. Témoins: Antoine Beaudoin, beau-père de l'époux, lui tenant lieu de père; Louis Lefebvre, son frère; Jean Lemire son oncle maternel; Louis Lefebvre, témoin; Etienne Fauché, frère de l'épouse; Joseph Faucher, son frère; Joseph Lafond, oncle maternel; Antoine Proulx et de plusieurs autres avec les époux ont déclaré ne savoir signer. Fournier, ptre

Également aucune mention d'origine amérindienne.

Note: Dans la tradition orale la famille savait que Démerise Gagné et Julie Lange Lefebvre dite Descôteaux étaient d'origine amérindienne.

Donc, comment expliquez-vous cela, madame Ritchot. Pouvons-nous comparer cela à Jeanne Onaus, jusqu'à un certain point.

Merci d'avance pour votre réponse!

Jacques Delisle
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Messagepar Pierre » 2007-11-27, 15:26

Si je peux me permettre de m'immiscer dans cet échange sur l'importance de démontrer l'origine sauvage des ancêtres et la valeur probante des actes...

De un, M. Jacques Delisle est un prêtre anglican dont la bonne foi peut difficilement être mise en doute lorsqu'il rapporte la tradition familiale. Du moins, sa bonne foi est présumée, ce qui est le cas de toute autre personne qui témoigne de son origine, à moins que la Loi ne l'oblige à la prouver (sa bonne foi), ce qui n'est pas le cas dans les causes autochtones.

De deux, la Cour suprême a souligné qu'elle faisait exception dans les causes autochtones et acceptait la preuve par ouï-dire (tradition orale) pour des raisons évidentes, soit parce que la transmission des connaissances chez les peuples autochtones est de tradition orale et non pas écrite.

De trois, dans le cas des Métis, les liens qui doivent être démontrés sont ceux avec un ou des ancêtres appartenant par naissance, adoption ou autrement à une communauté métisse historique - ou un peuple métis historique (voir l'arrêt Powley).

Autrement dit, la Cour ne demande pas la preuve du lien familial avec un Sauvage ou une Sauvagesse de l'époque historique. Bref, s'il est vrai que la preuve d'un ancêtre Sauvage ou Sauvagesse constitue un indice supplémentaire de métissage, elle n'est pas obligatoire pour qui veut recouvrer sa culture et son identité métisse.

Les Métis étaient souvent d'origine interethnique et engagés dans la traite des fourrures en qualité d'intermédiaires entres les Sauvages et les Blancs. On peut donc prouver le lien avec un ancêtre Métis en prouvant qu'il est dans la traite et fait ainsi partie d'une communauté de personnes métisses de culture et d'identité distincte à l'oeuvre dans une ou plusieurs régions avant 1851.

De quatre, le père Jacques réfère à des ancêtres dont les patronymes sont très bien connus chez les coureurs des bois d'origine interethnique, les Voyageurs Canadiens, les Hommes Libres, les Indépendants, les Indiens Blancs,es Bois-Brûlés et les Métis engagés dans la traite dans l'Est du pays : Gagné, Lafond, Rivard, etc.

De cinq, la Cour devra trancher la question de fait et de droit à accorder à l'origine inconnue d'une personne : quelle présomption s'applique-t-elle quand une personne est d'origine inconnue ?

De six, le journal Le Chaînon, automne 2007, vol. 25, publie une preuve scientifique de manipulation d'actes faisant d'une Sauvagesse une Blanche. Publié par la Société Franco-Ontarienne en Histoire et Généalogie (SFOHG), le journal est distribué dans tous les centres de généalogie.
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Re: JEANNE ONAUS née en 1621 à INDIAN NATION

Messagepar Dominique_Ritchot » 2008-01-05, 15:03

Jacques Delisle a écrit:

Madame Ritchot,

Merci pour votre réponse. Je suis tout de même surpris que les différents auteurs ne parlent aucunement de l'origine amérindienne de Jeanne Onaus alors qu'ils sont cités en références.

De plus, je désire mentionner que souvent les origines amérindiennes n'étaient pas clairement mentionnées et il s'agissait souvent de la tradition orale dans les familles amérindiennes ou métisses. Dans ma famille (ancêtres très proches) j'ai vécu moi-même l'expérience que voici.

Du côté de ma mère, on dit que mon arrière grand-mère maternelle Démerise Gagné mariée à Joseph Lacroix (dit Joseph-Cyrille Lagroix) était amérindienne et travaillait avec les indiens dans les champs et serait arrivée par bateau au Québec. On la décrit avec un teint bazanné (foncé) avec chevelure très noire et yeux bridés, épaules larges et costaude. [..]

De plus, on disait dans la tradition orale familiale mon arrière-arrière grand-mère maternelle Marie Julie Lange Lefebvre dite Descôteaux, amérindienne. [...] Aucune mention d'origine amérindienne ni trouvé pour le moment le certificat de naissance ou de baptême.[...]

Note: Dans la tradition orale la famille savait que Démerise Gagné et Julie Lange Lefebvre dite Descôteaux étaient d'origine amérindienne.

Donc, comment expliquez-vous cela, madame Ritchot ? Pouvons-nous comparer cela à Jeanne Onaus, jusqu'à un certain point.

Merci d'avance pour votre réponse!

Jacques Delisle


Les deux situations ne sont pas comparables.

Dans votre cas, il s'agit d'une tradition orale remontant à trois générations (?), couplé avec la non-localisation de l'acte de baptême pour les deux arrières-grands-mères.

Dans le cas de Jeanne Oneau, il s'agit d'une mauvaise lecture d'un acte de baptême par les copistes du PRDH, erreur qui a été signalée par des chercheurs aux responsables du PRDH, mais qui se perpétue malheureusement dans des bases de données. Si on regarde dans les dictionnaires généalogiques courants (Tanguay, Drouin, Jetté), Jeanne Oneau est dite « d'origine inconnue ».
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Messagepar Pierre » 2008-01-05, 16:48

L’origine d’une personne est une chose, son appartenance à une communauté de personnes, une autre.

L’origine interethnique est un indice permettant d’avancer qu’une personne est Métisse au sens du chapitre 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.

Mais la Cour l’a bien dit, le simple métissage par le sang ne fait pas le Métis au sens de 35.

A contrario, l’inverse est aussi vrai : l’origine strictement française d’une personne n’en fait pas nécessairement un Français.

Trois-Rivières

Jeanne Auneau s'est mariée à Trois-Rivières.

Or, en 1650, Trois-Rivières est infestée de coureurs des bois.

De 1610 à 1629, Champlain place des truchements parmi les bandes sauvages pour découvrir l'étendue de leur territoire et apprendre leurs langues.

De 1629 à 1632, les truchements demeurent au pays durant l’épisode des frères Kirke. Ce fait démontre à lui seul leur indépendance.

Autre fait irrécusable : Champlain, pour un, laisse trois Sauvagesses bêtement baptisées Foi, Espérance et Charité aux mains du truchement Nicolas Marsolet qui demeure au pays quand ses hommes et lui sont forcés de regagner la France en 1629 (voir les textes du DBC sur Foi, Espérance et Charité).

Au retour de la France au pays en 1632, les jésuites retrouvent les truchements parmi les bandes sauvages de la Mission de la Conception, près de Trois-Rivières (voir la Relation du Jésuites Paul Lejeune).

D’origine française, certes, il est donc claire que ces truchements ne sont plus des Français mais des Hommes Libres, affranchis du régime français.

Ils sont acceptés comme tel par les Sauvages et jouent le rôle d’intermédiaires (de truchements) entre les Européens et les Sauvages (un rôle propre aux Métis).

La France et, surtout, les jésuites, qui influent sur les décisions du cardinal de Richelieu qui la dirige, leur offre des terres seigneuriales à Trois-Rivières pour tenter de les sédentariser et ce, pour deux bonnes raisons : 1) les soutirer des bandes sauvages pour mieux les remplacer et s’emparer ainsi des profits du lucratif marché des fourrures ; 2) inciter les autres Sauvages à les suivre et à s’installer autour d’eux à Trois-Rivières pour défendre le poste de traite.

C’est ainsi que les pionniers de la traite en Nouvelle-France de 1610 à 1629 ont été regroupés aux Trois-Rivières entre 1632 et 1650.

Assiégés par les Iroquois vers 1650, la poignée de colons français au poste de traite de Trois-Rivières sont aisément décimés par les Iroquois.

Mais ce n'est pas le cas des truchements, Pierre Boucher, en tète.

D’abord marié à une Sauvagesse apparemment morte en couche, Boucher de même que François Marguerie, Godefroy, Marsollet et d'autres truchements traversent cette guerre sans coup férir.

Mieux, Pierre Boucher réussit à imposer la paix aux Iroquois à lui seul, ou presque…

Par la suite, durant les années 1650, Desgroseillers et Radisson – qui a été kidnappé puis adopté par les Iroquois durant son enfance - profitent de leurs connaissances des us et coutumes des bandes sauvages et des contacts des truchements pour se rendre à la Baie James et dans l’Ouest d’ou ils reviennent les canots chargés de fourrures, sauvant ainsi la Nouvelle-France de la faillite.

Autour d’eux vivent alors à Trois-Rivières une petite poignée de personnes parfaitement intégrées au mode de vie sauvage.

Peu importe leur origine, il est clair que ces personnes sont «indianisées» ou «ensauvagées».

En effet, ils ne sont pas de simples colons français qui cultivent la terre mais des trafiquants de fourrures qui ont accès aux bandes sauvages et à leurs territoires.

Vers 1700, le Baron de La Hontan constate et écrit que les descendants des truchements placés sous Champlain parmi les bandes Sauvages font toujours la traite.

Ce fait est confirmé par l'archiviste Massicotte et son répertoire des engagés inclu dans le Rapport de l'archiviste de la province de Québec (RAPQ).

On retrouve parmi les gens de Trois-Rivières des personnes d’origine française, d’autres d’origine sauvage et d'autres dites de sang mêlé, pour emprunter au jargon d’aujourd’hui.

Outre les nombreux sauvages unis aux Couc dit La Fleur à Trois-Rivières, je retrouve pour ma part dans mon arbre généalogique la sœur de Radisson, Élisabeth, et... Jeanne Auneau!

Que Jeanne soit d’origine strictement française ou non n'a aucune importance à mes yeux.

La soeur de Radisson et elle font en effet toutes deux partie d’une communauté de personnes indépendantes, de sang mêlé ou non, lancées dans la traite.

Preuve de cette indépendance propre aux peuples autochtones, Radisson passe aux Anglais suite à l’ingratitude de la France.

Autre preuve : suite au meurtre du métis de sang et trafiquant Louis Couc dit Montour par les hommes de Jonquaire, cette déclaration du gouverneur Vaudreuil et de l'intendant Raudot en 1709 :

«Il ne faut jamais mêler un mauvais sang avec un bon, l'expérience que l'on en a en ce pays, que tous les français qui ont épousé des sauvagesses sont devenus libertins, fainéants, et d'une indépendance insupportable, et que les enfants qu'ils ont en ont été d'une fainéantise aussi grande que les sauvages mêmes, [on] doit empêcher qu'on ne permette ces sortes de mariage.»

Cela dit, ce n’est pas le seul métissage qui rend une personne «indépendante» mais son état d'esprit et son appartenance à un groupe de personnes de même culture.

Or, il est clair que cet état d’esprit habitait les traiteurs de fourrures de Trois-Rivières au milieu du 17ème siècle.

Cela étant dit, puisque la Cour a spécifié que ce ne sont pas tous les descendants des métis de sang qui sont Métis au sens de 35, par conséquent, ce ne sont pas tous les descendants de Pierre Couc dit La Fleur et de Marie Mite8meg8k8e qui sont Métis au sens de 35 Lc 1982 mais ceux qui ont perpétué cet état d'esprit d'indépendance face aux régimes européens, notamment par leur mode de vie et par leur fonction de traiteurs et d’intermédiaires entre les bandes sauvages et les Eurocanadiens.

Il en va de même pour les descendants du couple Lefebvre-Auneau. Question de goüt, d'identification et d'atomes crochus, certains rejoindront la communauté eurocanadienne, d'autres demeureront parmi la communauté métisse.

Père Jacques, vérifiez le rôle et le mode de vie des descendants de Jeanne Auneau dans votre arbre et ainsi répondrez-vous à la véritable question : faisaient-ils partie de la communauté métisse historique dite des Voyageurs à l’œuvre dans la traite en Nouvelle-France et au-delà.

Pour ma part, je suis longtemps demeuré interloqué par le rôle précis joué par un dénommé St-Cerny marié à mon ancêtre Couc dit La Fleur.

Ce St-Cerny est d’origine française tandis que mon ancêtre Couc est de sang-mêlé. Est-ce à dire qu’elle a rejoint le rang des Français en se mariant avec lui?

La réponse m’est parvenue à force de recherches : NON, puisque St-Cerny et elle n’ont jamais cultivé la terre qu'ils possédaient aux Trois-Rivières.

Autre fait, elle est demeurée en lien direct avec sa sœur métisse de sang Élizabeth, mariée à un chef iroquois Oneidas, au point ou les administrateurs français lui ont reproché d’importer en fraude des couvertures anglaises par son entremise en Nouvelle-France.

De même en est-il de son père, Pierre Couc dit La Fleur.

Né en France et marié à une Sauvagesse à Trois-Rivières en 1657, l’homme s’est fait interprète des iroquois. Il est ensuite parrain d’une Sauvagesse, avec Jeanne Auneau pour marraine.

Sa fille Jeanne a pour parrain le coureur des bois DesGroseillers.

Il acquiert ensuite des terres. Ce dernier fait a incité certains historiens à écrire qu’il faisait partie des «colons» français.

Or, à force de recherches, j’ai finalement mis la main sur une pièce irrécusable indiquant que Pierre Couc dit La Fleur faisait la traite avec les Sauvages de Trois-Rivières et des Grands Lacs en 1660.

Bonjour, le bon colon de culture strictement française!

Bref, voilà les Métis : des personnes libres et indépendantes, affranchies du régime français et qui font la traite des fourrures et dans ses activités connexes.

Le reste fait partie de la petite histoire de la Nouvelle-France et du Québec dans le but de soumettre les Métis à un régime de droit qui n’est pas le leur et prétendre au passage à une «race québécoise pure et de culture homogène».

Or, si la culture québécoise était homogène, comment expliquer les différences qui la distinguent aujourd’hui de celle des Français?

De fait, qui oserait prétendre aujourd’hui que le peuple québécois fait partie d'un seul et même grand peuple français sur la foi de la seule origine française de ses membres?

P.S. : le phénomène de l’ensauvagement des Français a été très bien décrit par le père Sagard (1630) et Mère Marie de l’Incarnation (1665) : on faisait plus facilement un Sauvage d’un Français que l’inverse. Au surplus, dans son livre Les Indiens Blancs, l’historien Philippe Jacquin explique la portée véritable de ce phénomène naturel.

Conclusion

Le jour ou les efforts des chercheurs porteront sur le rôle central joué par des groupes précis de personnes dans la traite des fourrures ou encore en qualité d'intermédiaires entre les Eurocanadiens et les Sauvages plutôt que sur l'origine de Pierre, Jean et Jacques, un très grand pas aura été franchi pour démontrer l'existence d'une communauté métisse historique à l'oeuvre dans la vallée du Saint-Laurent.

Un dernier mot sur le droit à la Liberté. Au 18ème siècle, le pape et toute l'Église catholique de Rome s'y opposent avec l'énergie du désespoir car, selon eux, elle serait génératrice de chaos. On comprendra que ce pape auto-proclamé infaillible et l'Église catholique de Rome voulaient continuer à soumettre les peuples euroaméricains à ses règles.
Pierre
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Messagepar Pierre » 2008-01-05, 19:30

Père Jacques,

Le Français Pierre Lefebvre et Jeanne Auneau, d’origine inconnue, ont plusieurs enfants, notamment Elisabeth qui marie le français Félix Thunay dit Dufresne au Cap-de-la-Madeleine, près de Trois-Rivières, en 1665.

Ce dernier couple a cinq enfants, dont Élisabeth Thunay ou Thunès qui marie Julien Rivard à Champlain en 1682 et un fils, Antoine, qui est engagé ouest de 1701 à 1718.

17 ans dans la traite marque un homme et sa culture, puisque l'environnement joue un grand rôle à ce niveau.

Autrement dit, que la mère Jeanne soit ou non Sauvagesse, la fille Elisabeth a un frère susceptible de lui avoir transmis une nouvelle culture.

Mieux encore : Julien Rivard et elle ont 13 enfants dont trois sont engagés ouest. Voilà qui renforce la preuve de la transmission d'une nouvelle culture.

Le couple a un quatrième enfant, Marie-Josephe Rivard, qui marie Joseph Gaillou en 1728.

Ce dernier couple a un fils Joseph jr. qui épouse Françoise Saint-Cyr en 1756.

Et ce dernier couple a une fille Catherine Gaillou qui marie Pierre Montour en 1791.

Or, Pierre Montour est Métis de sang et le Répertoire des engagés de Massicotte signale qu’il est dans la traite vers 1800.

Par conséquent, voilà une série de liens reliant clairement une descendante de Pierre Lefebvre et Jeanne Auneau à la traite.

Je vous invite à continuer l’exercice avec vos propres ancêtres qui descendent de Pierre et Jeanne.

Notez qu’on retrouve une flopée de Rivard et de Lefebvre dans la traite, plus trois contrats de St-Cyr engagés ouest dans le Répertoire des engagés ouest, qui peut être consulté à l’adresse internet suivante :
http://www.shsb.mb.ca/dbtw-wpd/textbase ... yageur.htm

Tel qu’entrevue, la preuve de liens de sang avec des Sauvages ne suffit pas à démontrer qu’une personne a des liens ancestraux par naissance, adoption ou autrement avec un Métis de l’époque historique, tel qu’exigé par la Cour suprême.

Or, c’est la preuve de liens avec un ancêtre appartenant par naissance, adoption ou autrement à une communauté métisses historiques qui est requise.

Au risque de me répéter, la généalogie n’est pas une panacée universelle. De fait, depuis 1972, tous errent en cherchant la preuve absolue qu’ils sont Métis en cherchant la preuve de leurs liens avec un ancêtre indien.

En effet, en 2003, la Cour suprême a démontré que l’approche fondée uniquement sur la généalogie n’est pas la bonne. Mais cette croyance est tellement bien ancrée dans la tête des gens qu’il faudra bien du temps pour les enligner adéquatement…

Tout ça parce que depuis 1972. l'AAQ a basé son membership sur la preuve de liens de sang avec des Sauvages, parfois payée à prix fort.

Pire, la CPAQ/CPAQ a repris la même approche erronée.

Cela ne veut pas dire pour autant qu'il faut rejeter l'approche généalogique. Mais cette approche doit être modulée en fonction du but recherché et ne jamais oublier que l'absence de la preuve de liens de sang avec un Sauvage est loin d'être fatale.
Pierre
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