Le patrimoine archéologique des postes de traite du Québec

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Le patrimoine archéologique des postes de traite du Québec

Messagepar Chouette-Prudente » 2010-05-02, 10:51

’Ashuapmushuan, Nicabo
Des fourrures au Nord. Ce n'est pas nouveau!

C'est sûr, mais ça se rafraîchit.


http://www.mcccf.gouv.qc.ca/fileadmin/documents/publications/patrimoine/etudes/Roy-Poste.pdf
Le patrimoine archéologique des postes de traite du Québec
Christian Roy
Archéologue consultant
Juin 2009
5.2.3 Poste d’Ashuapmushuan (DhFk-1)
Localisé à environ 85 km au nord-ouest de la municipalité de Saint-Félicien, le poste du lac
Ashuapmushuan se trouve sur sa rive orientale, près de son extrémité nord. Le site occupe une clairière et
couvre une surface de 1 925 m2. Il repose à environ 340 m ANMM sur une terrasse, qui s'élève de 2 m à 5
Le patrimoine archéologique des postes de traite; Roy 2009
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m au-dessus du niveau du lac. Découvert par Robert Simard en 1966, le site du poste de traite
d’Ashuapmushuan a fait l’objet de plusieurs interventions archéologiques, dont les premières, se limitant à
quelques sondages, ont eu lieu en 1966, 1971 et 1977 (Simard et Brunette 1977). Puis, en 1978, 17
sondages plus imposants sont excavés sur le site par la même équipe (Simard 1979). Cette intervention
sera suivie de deux autres en 1979 et 1980 (Somcynsky 1982), ainsi que par une brève visite en 1986
ayant pour but de refaire la cartographie du site. Selon ISAQ et Camille Lapointe (1987), qui a rédigé une
synthèse des données disponibles, tous ces travaux auraient permis d’excaver plus d’une centaine d’unités
de fouille de taille variable, pour un peu plus de 60 m2, tout en livrant près de 10 750 artefacts et écofacts.
Les informations présentées ici proviennent essentiellement des interventions postérieures à 1977.
L’établissement d’Ashuapmushuan faisait partie du réseau des postes de traite du Domaine du Roi et a
sans doute été construit vers la fin du premier quart du XVIIIe siècle. En dépit de certaines périodes
d’abandon, le poste demeure en activité jusqu’en 1935, soit pendant près de 200 ans. Il est tout d’abord
géré par les marchands et compagnies locataires (CNO, CBH) de la traite du Domaine du Roi jusqu’en
1850, puis par des traiteurs indépendants. Si on exclut la description de 1702 du père Crespieul qui se
rapporte fort probablement à la mission du lac Nicabau, avec lequel il a souvent été confondu, le poste du
lac Ashuapmushuan comptait en 1732, lors du passage de l’arpenteur Normandin, deux bâtiments
récemment construits en pieux debout et recouverts d’écorce, une habitation et un magasin, le tout localisé
dans une clairière d’un arpent. Enfin, plusieurs autres descriptions des installations érigées au lac
Ashuapmushuan sont également disponibles pour les années 1786, 1808, 1831, 1849, 1894 et 1925
(Lapointe 1987 : 5-7).
Approche méthodologique et résultats
Compte tenu des nombreuses interventions archéologiques qui ont eu lieu sur ce site, il semble bien que
les chercheurs aient pris connaissance à un moment ou un autre des documents historiques qui portent sur
le poste du lac Ashuapmushuan. De même, il fait peu de doute qu’ils aient procédé au nettoyage du site,
puisque plusieurs ouvrages visibles en surface ont été remarqués et cartographiés dès les premières visites
sur le terrain. On ne peut toutefois en dire autant sur les stratégies qui ont été privilégiées lors de certaines
de ces interventions et la procédure utilisée pour diviser l’espa


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Historics Forts and Fur Trading

Messagepar Chouette-Prudente » 2010-05-02, 10:58

Encore un ti-peu de lecture sur l'Argent, pour ne pas dire l'Or du temps.

http://www.gedc.ca/upload/documents/historic-forts-and-trading-posts-1930-ernest-voorhis.pdf
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Lamoureux dit St-Germain

Messagepar Pierre » 2010-05-02, 13:54

Les postes de traite

http://www.mcccf.gouv.qc.ca/fileadmin/d ... -Poste.pdf

On retrouve à la page 5 du document une carte d'Alexis-Hubert Jaillot de 1696 illustrant les postes de traites érigés pour empêcher les Indiens de se rendre à la Baie d'Hudson, dont le poste de traite du Sieur de St-Germain près du lac et de la rivière Tabitibi menant à la Baie James.

Le Sieur St-Germain est en fait Pierre Lamoureux dit St-Germain, époux de l'Algonquine Picarouiche (voir PRDH) qui descend du sorcier algonquin du même nom, du clan des Kichesssipirinis, dont je suis moi-même issu.

Leur fils, le Métis François Lamoureux dit St-Germain, prendra leur relève dans la traite des fourrures. Engageur ouest et marchand de fourrures, il est également le seigneur du fief de Bellevue (Saint-Anne-du-Bout-de-l'Ile ou encore Ste-Anne de Bellevue), d'ou partaient les voyageurs pour la Grande Sauvagerie (voir PRDH).

François Lamoureux dit St-Germain est donc l'un des premiers Métis connu à l'oeuvre en Abitibi.

D'origine interetnique, il est un véritable intermédiaire entre les Blancs et les Sauvages, tels que décrits par la Cour suprême du Canada dans l'arrêt Powley sur la définition du Métis.

Luc Tremblay, de l'Abitibi, est l'un de ses descendants.

On retrouve des descendants de la famille Lamoureux dit St-Germain chez les Métis de l'Ouest et parmi les bandes sauvages qui les ont adoptés.

Leur sort illustre bien celui politique que leurs descendants ont subi : certains seront reconnus Métis dans l'Ouest, d'autres Indiens au Québec et d'autres perdront leur statut juridique et leurs droits ancestraux suite à l'adoption des politiques discriminatoires du Canada envers les peuples autochtones.
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Messagepar Pierre » 2010-05-02, 19:33

Réal,

Merci de cette trouvaille, il s'agit d'une bonne étude sur certains postes de traite au Québec.

L'équivalent existe-il pour l'Acadie, le Bas Saint-Laurent, la vallée du Saint-Laurent et la Gaspésie ?
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Messagepar Russel Aurore » 2010-05-04, 18:04

J'étais de l'équipe qui a fait des fouilles archéologiques, à Ashuapmushuan, en 1982, et je vous assure que le site est extrêmement riche de possibilités. Il ne faut pas perdre de vue que les postes de traite sont affaire de Métis et non d'Indiens. C'est le lieu privilégié des contacts. C'est là que l'ethnogenèse du peuple Métis de la Boréalie prend sa source.

Ne pas confondre le poste d'Ashuapmushuan, qui était sur les bords du lac du même nom, le poste de Nicabeau et le poste de Nicolas Peltier qui se déploient en remontant la rivière jusqu'à sa source.

Bonne journée à vous

Russel-A. Bouchard
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Messagepar Pierre » 2010-05-04, 22:56

Le patrimoine archéologique des postes de traite; Roy 2009

Le rapport sur ls postes de traite rend compte du patrimoine archéologique associé aux postes de traite à la lumière des informations contenues dans les deux répertoires : le RPCQ et ISAQ.

Selon Roy :

«Le RPCQ est un outil de recherche disponible sur le site web du MCCCF, qui consiste en une banque de données regroupant tous les biens culturels du Québec dotés d’un statut juridique en fonction des lois en vigueur. Qu’ils soient de nature historique, architecturale ou archéologique, les biens répertoriés sont présentés sous forme de fiche descriptive, accompagnée ou non de photographies. Ce répertoire est muni d’un moteur de recherche par mots-clé, permettant d’identifier rapidement les biens associés à un type d’occupation particulier et le statut qui leur a été accordés.

«Quant à ISAQ, il s’agit d’une banque de données informatisée qui comprend une vaste gamme d’informations sur tous les sites archéologiques recensés au Québec. Cet outil de recherche inclut une bibliographie.»


Le rapport dresse surtout une liste non-exhaustive des postes de la HBC au Québec, répertoriés par région, selon la nature des travaux archéologiques et par type de propriété, publique ou privée.

Seulement 56 postes de traite ont été répertoriés grâce à la banque de données ISAQ.

Roy écrit : «De toute évidence, les sites associés à la traite des fourrures dans ISAQ ne représentent qu’une fraction des nombreux postes qui ont été en activité sur le territoire québécois au cours de la longue période du commerce des fourrures.

Sur l’importance de la démarche archéologique, Rou souligne qu’elle «peut non seulement livrer des données concrètes sur la taille et l’organisation des postes de traite, la fonction des bâtiments et le mode de vie des occupants (…)».

Toujours selon Roy, malgré l’importance de la démarche archéologie, «seulement 12 (des 56 postes) ont fait l’objet d’une fouille, soit 21 %, tandis que des autres, 34 ont été sondés et 11 n’ont bénéficié d’aucune excavation (fig. 8). En excluant ces derniers, pour lesquels très peu d’informations sont disponibles, on retrouve 46 sites qui ont généré des données archéologiques fort variables, tant en qualité qu’en quantité, compte tenu que plusieurs des sites sondés n’ont en fait été qu’effleurés par la truelle des archéologues (tableau 3). À titre d’exemple, mentionnons le cas des quatre sites de l’Abitibi-Témiscamingue, DdGt-34, DdGu-7, DdGu-8 et DdGu-14, qui de manière générale n’ont fait l’objet que d’une poignée de sondages de 50 cm de côté, permettant tout au plus de confirmer le potentiel des lieux, son contexte culturel et parfois l’emplacement d’un vestige ou deux. Le même constat peut être fait dans les autres régions, spécialement en Côte-Nord, dans l’Outaouais et même en Jamésie. »

Conclusion

L’auteur conclut aux pages 42 et 43 du rapport sur le peu d’importance accordée à l’archéologie de la traite des fourrures au Québec :

«Finalement, ce chapitre ne saurait se conclure sans une certaine réflexion sur la place, ou peut-être le peu de place accordée à l’archéologie de la traite des fourrures au Québec (…)

«À l’exception de quelques établissements prestigieux, les postes de traite, souvent situés en région isolée, n’ont guère attiré l’attention, n’étant généralement pas menacés par la marche inexorable du développement.

«En cela, la situation contraste passablement avec celle de nos voisins canadiens où l’archéologie de la traite des fourrures a joué un rôle déterminant pendant les quatre dernières décennies du XXe siècle. Alors que 46 postes de traite faisaient l’objet de certaines interventions archéologiques au Québec, ce sont plus de 150 établissements qui ont été excavés dans l’ouest de l’Ontario et dans les Prairies pendant cette période (Klimko 2004 : 164), là où ces sites constituent les plus vieilles occupations euro-canadiennes.

«Mais, si nos voisins de l’ouest ont tant misé sur ce type d’archéologie à partir des années 1960, c’est avant tout dans la foulée du développement d’un nationalisme canadien, alors que l’archéologie de la traite des fourrures allait permettre de créer un lien tangible avec le passé et de se forger une identité culturelle, légitimant l’expansion européenne, et surtout britannique, dans l’ouest du pays (Klimko 1998 : 209).»


Bref, une conclusion s’impose : parent pauvre de l’archéologie de la traite des fourrures en Canada, l’archéologie de la traite au Québec ne permet pas de créer un lien tangible avec le passé et de se forger une identité culturelle !
Pierre
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Oh! la Force Historique Sort du Bwas!

Messagepar Chouette-Prudente » 2010-05-05, 22:20

Bonjour PierreM, et Russel-A. !

Je me sens frêle à jouer dans la cour des Grands en histoire.
Mais, j'aime bien fureter un peu dans celles écrites par un peu tout le monde. J'embrasse là même le côté Américain, où s'est passée une toute autre Histoire qu'ici, dans la partie du bas Canada, quand-même pas trop Massacrée par l'avènement des Anglais, quand on sait. L'Ouest est venu après cela.

Les habitants de la Vallée de la Mohawks ont vécu l'Horreur!

Bon, je m'égarouille un ti-brin, scuzez là! Mais reste quand-même, que dans tout ce secteur, il s'est brassé bien d'la fourrure et d'autres choses.

En ce qui concerne la question de PierreM, une étude sur les postes dans les Maritimes, j'ai comme un semblant d'avoir peut-être vu quelque chose qui pourrait s'y rapprocher, mais???

Il faudrait jeter un coup d'oeil du côté de l'Université de Moncton. Ils produisent souvent des recherches, et les mettent sur leur site.

Pour les postes du Lac, il est vrai qu'il ne faut pas s'y mêler. Ce ne sont pas les mêmes intervenants qui les ont fréquenté, et ne suis pas un expert du tout. Russel A. oui, mais pas moi. Je ne fais que de la participanimation.

Je suis né à St-André, dans le petit-rang, juste à quelques kilomètres de l'ancien poste de traite de Métabetchouan.

Il y a encore de la parenté dans le secteur du musé.

Le post que j'ai mis vient tout simplement du hasard.
Dernièrement, j'ai recommencé à m'amuser dans les bateaux, et je ne sais comment, mais suis tombé sur le site des Forts.

Alors je l'ai placé ici pour ne pas le perdre.

Pour les bateaux,

À visiter. Très intéressant: plein de nouveaux arrivants, des bateaux de pêche, avec rôles, etc. Plein d'infos, et on y retrouve quelques ancêtres.

http://www.migrations.fr/navires_depart_granville.htm

Salutations!
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