service de généalogie métisse et autochtone

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Messagepar Pierre » 2009-08-07, 20:39

Bon début de réponse.

La façon simple est classique, mais incomplète.

La plus complexe est très intéressante, le fait que vous y soyez rendu est tout à votre honneur, mais aussi incomplète.

Je sens que les débats sur qui est Métis vont reprendre...

Revenons à la façon simple de les identifier, en s'en tenant d'abord strictement aux sources généalogiques secondaires :

Au Québec, le Dictionnaire généalogique des familles du Québec, des origines à 1730, par le généalogiste René Jetté et l'équipe du PRDH, de même que le Dictionnaire généalogique du Québec ancien permettent d'identifier par actes de bms 277 couples d'origine interethnique et les baptêmes de 3482 métis de sang qui descendent desdits 277 couples d'origine interethnique avant 1766.

D'autres sources fiables, dont un cd du PRDH jusqu'en 1799, permettent d'identifier les autres couples d'origine interethnique et leurs descendants de 1766 à 1850, de même que les descendants du groupe de métis de sang identifiés précédemment jusqu'en 1766.

Quant aux abbés-généalogistes Cyprien Tanguay et Archange Godbout, vaut mieux les éviter comme sources fiables, le premier multipliant les erreurs à la fin du 19ème siècle, le second défendant la théorie de la pureté de la race canadienne-française.

En Acadie, Stephen White identifie dans le Dictionnaire généalogique des Acadiens les couples d'origine interethnique par actes de bms et leurs descendants jusqu'en 1730. Le Fonds Drouin, de Gabriel Drouin et de l'Institut du même nom, permettent d'identifier leurs descendants.

Autour des Grands Lacs (l'Ontario), ou il y a eu une quantité impressionnante d'unions de fait et de mariages interethniques, toutes les sources n'ont pas été dépouillées. Donc, toutes les données n'ont pas été compilées et ne sont donc pas à portée de doigts, ce qui complique l'identification des personnes d'origine mixte dans l'Est du Canada avant 1850.

Cela étant dit, dans l'arrêt Powley, la Cour surprême affirme que le seul métissage ne permet pas de conclure qu'une personne est Métis au sens de l'article 35 de la Constitution.

Voici l'extrait à ce sujet :


II. Analyse

9 L'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 est ainsi rédigé :

35. (1) Les droits existants -- ancestraux ou issus de traités -- des peuples autochtones du Canada sont reconnus et confirmés.

(2) Dans la présente loi, « peuples autochtones du Canada » s'entend notamment des Indiens, des Inuits et des Métis du Canada.

10 Le mot « Métis » à l'art. 35 ne vise pas toutes les personnes d'ascendance mixte indienne et européenne, mais plutôt les peuples distincts qui, en plus de leur ascendance mixte, possèdent leurs propres coutumes, façons de vivre et identité collective reconnaissables et distinctes de celles de leurs ancêtres indiens ou inuits d'une part et de leurs ancêtres européens d'autre part. Les communautés métisses ont vu le jour et se sont épanouies avant que les Européens ne consolident leur emprise sur le territoire et que l'influence des colons et des institutions politiques du vieux continent ne devienne prédominante. La Commission royale sur les peuples autochtones (la « CRPA ») décrit cette évolution ainsi :

Si des enfants naquirent très rapidement des mariages entre les Indiennes ou les femmes inuit et les Européens marchands de pelleteries et pêcheurs, l'avènement de nouvelles cultures autochtones se fit attendre plus longtemps. Au début, les enfants de ces unions mixtes furent élevés selon la tradition de leur mère ou (moins souvent) selon celle de leur père. Toutefois, peu à peu, des cultures métisses distinctes ont fait leur apparition, nées de la fusion originale du patrimoine des Européens et de celui des Premières nations ou des Inuit. L'économie joua un grand rôle dans ce processus. Les Métis avaient des qualités et des compétences particulières qui firent d'eux des partenaires indispensables dans les associations économiques entre autochtones et non-autochtones, et ce rôle contribua à façonner leur culture. [. . .] En tant qu'interprètes, intermédiaires, guides, messagers, transporteurs, commerçants et fournisseurs, les premiers Métis facilitèrent considérablement la pénétration des Européens en Amérique du Nord.

Les Français appelaient « coureurs des bois » et « bois brûlés » les Métis qui faisaient la traite des fourrures en raison de leurs activités dans les régions sauvages et de leur teint foncé. Les Métis du Labrador (dont la culture remonte loin dans le temps) étaient appelés livyers ou settlers -- car ils restaient dans les établissements de pêche toute l'année au lieu de regagner périodiquement l'Europe ou Terre-Neuve. Les Cris désignaient les Métis par un terme exprimant un de leurs traits caractéristiques, Otepayemsuak, c'est-à-dire les « indépendants ».

(Rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones, vol. 4, p. 225-226 (« Rapport de la CRPA »))

Les Métis se sont forgé des identités distinctes qu'on ne saurait réduire au seul fait de leur ascendance mixte. « Ceux qui se disent Métis se distinguent des autres par leur culture incontestablement métisse » (Rapport de la CRPA, vol. 4, ch. 5, p. 228).

11 Les Métis du Canada ont en commun d'avoir créé une culture nouvelle et une identité collective distincte de celles de leurs ancêtres indiens ou inuits d'une part et de leurs ancêtres européens d'autre part. Nous pouvons en conséquence parler de façon générale des « Métis ». Toutefois, en raison tout particulièrement de l'immensité du territoire qui est aujourd'hui le Canada, il ne faut pas se surprendre que différents groupes de Métis possèdent leurs propres caractéristiques et traditions distinctives. Cette diversité au sein des groupes métis permet peut-être de parler de « peuples » métis, possibilité que suggère le passage suivant du texte anglais du par. 35(2) : « Indian, Inuit and Metis peoples of Canada ».

12 Nous n'entendons pas énumérer les différents peuples métis qui peuvent exister. Comme les Métis sont expressément mentionnés à l'art. 35, il suffit en l'espèce de s'assurer que les demandeurs appartiennent à une communauté métisse identifiable et possédant un degré de continuité et de stabilité suffisant pour étayer l'existence d'un droit ancestral rattaché à un lieu précis. Une communauté métisse peut-être définie comme étant un groupe de Métis ayant une identité collective distinctive, vivant ensemble dans la même région et partageant un mode de vie commun. En l'espèce, les intimés disent appartenir à la communauté métisse de Sault Ste. Marie et des environs de cette ville. Notre Cour, qui n'a d'ailleurs pas reçu d'observations à ce sujet, n'a pas à décider si cette communauté métisse constitue également un « peuple » métis ou si elle fait partie d'un peuple métis habitant une région plus vaste, par exemple le secteur supérieur des Grands Lacs.


Je vous laisse sur cet extrait pour le moment, le temps pour vous de bien l'assimiler, et vous reviendrai, ok ?

Entre-temps, retenez qu'en bout de ligne, vous devez recherchez des groupes de personnes d'origine interethnique et d'identité et de culture distinctive des Blancs et des Indiens. ok?
Pierre
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Messagepar FERN » 2009-08-07, 22:33

bonjour
bonjour
et bien Me Falardeau jaime bien votre manière dexpression,
et si je vous est aidé tent mieux , mais guérison et dons,S V P ne men parlé plus , je nai aucune opignon de vous pas encore je nai fait quexprimé mon opignon, le primier mot ci haut est faux le deuxième ceux et celle qui ont une certaine habilité ne mentionne jamais ce mot ,et je sait de quoi je parle , si vous ête allé a la bonne école vous allez surement me comprendre,
javais posé le même question que Mr Montour pour la généalogie Métis, nous avon votre réponce ,
il ne reste qua savoir qui donne la carte du traité de jay
fern
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les sources métisses

Messagepar isalherbo » 2009-08-07, 22:38

M. Montour,
merci milles fois.
D'abord pour la qualité de l'information que vous venez de me transmettre.
Aussi pour le temps que vous avez mis à faire un aussi long message.
Je ne sais pas qui vous êtes,mais permettez-moi de vous dire que vous êtes de loin la rencontre virtuelle la plus intéressante que j'ai eue depuis que je suis sur ce site. Ces derniers jours, je songeais sérieusement à en sortir, je ne voyais pas d'échanges constructifs ou dignes d'intérêt...

Ce que je vous ai écrit est incomplet oui, je vous ai écrit en bref ce que je raconte à des clients qui s'informent. Là où je travaille, avec qui, et quels livres je consulte, je n'en parle pas vraiment.

Je connais le dictionnaire des familles du Québec, j'ai dû le consulter maintes fois pour compléter ma propre généalogie.

Je ne connais pas le cd venant du PRDH et bien franchement, pardonnez mon manque d'expérience, je n'ai aucune idée de ce que veulent dire ces quatre lettres.

Je ne connaissais pas non plus les abbés généalogistes. Probablement que le seul fait qu'ils soient abbés ne m'aurait pas intéressée à les connaître. J'ai lu pas mal de ces récits vantant les prouesses des colons, des premiers arrivants et de leurs descendants.. J'ai comme qui dirait une overdose de ''vive le pauvre canadien-français''. J'ai aussi un peu de mal avec les représentants de la religion catholique, ne serait-ce que par ce qu'ils ont fait à mes ancêtres indiens, loins ou proches...
Petit manque d'ouverture d'esprit de ma part peut-être, mais vous me dites que j'aurais perdu mon temps de toute façon. Alors... yé!

J'ai aussi consulté plusieurs ouvrages sur les familles acadiennes,mon arbre en comptant plusieurs (Boudreault, Godet, d'Entremont...).Je ne sais pas si parmi eux je suis tombée sur un ouvrage de Stephen White.

Pour ce qui est des métis des Grand-Lacs, je ne me suis pas vraiment penchée sur cette région. En faisant ma propre généalogie, je me suis trouvé des racines un peu partout, mais surtout en territoires Mikmakw, Attikamekw et Innu.

Lors de mes nombreux voyages durant les 15 dernières années, j'ai rencontré personnellement toutes les nations autochtones, exepté que je ne me suis jamais rendue sur place pour les Cris, les Inuits ou les Naskapis. J'ai rencontré des ethnologues, des anthropologues, des aînés, des généalogistes de tout calibre.
Mais j'ai concentré mes recherches au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse. Je n'ai pas cherché à connaître l'histoire de l'Ontario et des Grands-Lacs.

Peut-être en serais-je arrivée là si j'avais eu des ancêtres mohawks ou Saulteux ou Fox? Mais ce n'est pas le cas pour moi.

J'ai lu la loi sur les Indiens, en première lecture pour dénombrer les lois assimilatrices et expliquer les techniques d'assimilation. Lecture faisant, ce que j'ai lu sur les Métis m'attristait en quelque sorte, parce que ça concernait presque toujours les Métis des plaines de l'Ouest. Je n'ai jamais senti que les Métis de l'Est du Canada étaient décrits ou reconnus de quelque façon que ce soit dans l'énumération des anciennes ou nouvelles lois.

L'extrait que vous m'avez envoyé est celui-là même qui a donné naissance à un paquet de nouvelles ''communautés métisses'' au Québec. Depuis que le mot METIS a été ajouté au même niveau que le mot AUTOCHTONE dans les documents du fédéral, plusieurs personnalités charismatiques se sont nommées chefs de communauté, et ont recruté leurs membres en leur disant qu'ils étaient autochtones,qu'ils avaient droit à des exemptions de taxes, à du territoire ou des privilèges sur la chasse...

En voyageant, en rencontrant un leader et un autre... ce que j'ai vu c'est une franche hypocrisie, des guerres entre une association et une autre, du tirage de couverte... La motivation profonde de bien des associations est de faire reconnaître un statut métis dans le but d'avoir les mêmes avantages pécuniers que les autochtones.

Pour faire reconnaître le statut métis, j'en reviens juste pas de ce que certaines personnes ont pu faire. La loi dit que ça prend telle ou telle chose? Ben on va tout faire pour donner l'illusion que ça répond aux critères. Je pense qu'il y a une maudite grosse différence entre une communauté métisse et une association métisse avec carte de membre...

Quand la loi dit qu'une ascendance mixte n'est pas nécessairement garante d'un statut métis, je comprends très bien. Combien de personnes ai-je vues qui se sont toujours dites québécois pure laine, et qui du jour au lendemain, sont allés se chercher un attrapeur de rêve, un poster de loup et un tambour, qui se sont tout à coup indianisés, au nom d'une lointaine ancêtre mikmakw née en 1738 soudainement découverte en recevant leur généalogie?

Et combien de ces métis est-ce que j'ai rencontrés, tout fiers de détenir une carte de "communauté'' et qui se présentent à moi comme étant autochtones? Des beaux châtains aux yeux bleus...

Y a de quoi de franchement malhonnête dans l'air. Et je ne suis pas nécessairement fière de voir ça...

Et finalement, vous me conseillez de chercher en bout de ligne des individus d'origine interethnique, ayant une identité et une culture distinctive des blancs et des Indiens. OUIIIII!!!! Une des première chose que je dis à un métis qui veut faire croire qu'il est indien (tout à coup, tiens... de québécois à indien d'un coup, comme ça, avec une tite carte d'association... ) c'est:

Pour moi, un métis, c'est quelqu'un qui honore TOUS ses ancêtres. C'est quelqu'un qui ne renie pas une culture pour envier l'autre. C'est quelqu'un qui constate que son éducation, ses valeurs, les moeurs de sa famille, ce qu'il a appris, ce qu'on lui a transmis, est un mélange entre les deux cultures. Ni juste une, ni juste l'autre. Ni comme l'une, ni comme l'autre. Mais vraiment un beau mélange des deux. Avec toutes les variations possibles, selon l'époque, l'histoire, ou le développement d'un territoire.

En voyage, j'ai ressenti le métissage de certains villages en Beauce, en Basse Gaspésie, au Temiscouata, en Mauricie, en Abitibi et sur la Côte-Nord. Et si vous saviez comme j'aimerais mettre la main sur des preuves généalogiques, historiques ou politiques pour confirmer mon ressenti. Le plus bel exemple de communauté métisse, de VRAIE communauté métisse que j'ai eu la chance de voir est le village de Pentecôte, près de Port-Cartier,sur la Côte-Nord. Des familles qui se côtoient depuis 150 ans, toujours à la même place, qui vivent et travaillent ensemble depuis longtemps, qui descendent d'ancêtres indiens, qui sont tous cousins, et qui ne se sentent pas tout à fait chez eux chez les indiens, et pas tout à fait chez eux non plus parmi les blancs.
Et qui se cherchent...

En tout cas..ouf...

Je pourrais en dire longtemps... C'est une des raisons pour laquelle je suis en train de préparer une conférence sur tous les voyages que j'ai faits, sur ce que j'ai appris, sur mes études personnelles... et sincèrement, le but de ma conférence est de donner des balises nouvelles pour une définition claire d'un métis au Québec.

Je n'ai pas la réponse. Mais peut-être une partie. Et en partant , ce que je dis, c'est qu'être métis, ce n'est pas être autochtone.

Et que de ce fait, les métis qui prétendent le contraire et qui se bâtissent des châteaux en Espagne pour s'en convaincre, et qui embarquent plein de monde dans leurs revendications, chicanes et magouilles.. ben...

ils sont à côté de la track.


Sur ce...
je vous laisse moi aussi digérer tout ça et on s'en reparle.
Ça va me faire bien plaisir.

Et juste au cas où d'autres personnes que vous, M.Montour, voudraient s'en mêler, je tiens à dire que je ne vais pas répondre à des personnes irrespectueuses et insultantes. Les messages remplis de stupidités ou de bêtises vont vraiment rester sans réponse. Je ne perdrai plus de temps avec des fouteurs de trouble.

Mais ça m'intéresse profondément d'échanger avec du monde intelligent.

Au plaisir de vous relire, M. Montour. Vous m'intriguez vraiment.
Merci.
Isabelle Kun-Nipiu Falardeau

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Jay-Traité

Messagepar isalherbo » 2009-08-07, 23:09

M. Goulet,

Le Jay-Traité n'est pas reconnu au Canada. Le fédéral n'émet pas de carte de Jay-traité.

Et ce que je disais est vrai: les indiens statués sont automatiquement reconnus comme pouvant librement passer la frontière selon la Loi du Jay-Traité.
Et comme vous le disiez, c'est absolument vrai que leur carte de statué fait office de carte de Jay-Traité.

Pour avoir la carte de Jay-Traité,
les métis doivent faire la preuve généalogique qu'ils détiennent au moins 50% de sang indien. La loi américaine spécifie que trois de nos 4 grand-parents doivent avoir du sang indien pour que le demandeur soit qualifié d'assez ''indien" pour obtenir cette carte.

C'est le gouvernement américain qui émet la carte de Jay-Traité.

Allez voir à l'adresse suivante pour de plus amples renseignements.
C'est sur le site des Affaires Indiennes et du Nord Canada.

http://www.ainc-inac.gc.ca/br/is/scs/faq-fra.asp#q24


Et comme vous pouvez le constater, ce n'est pas en m'insultant que vous obtiendrez des réponses de ma part.
Isabelle Kun-Nipiu Falardeau

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Messagepar Pierre » 2009-08-08, 14:32

Je continue le résumé de l’arrêt Powley dans lequel la Cour suprême a établi une définition non-exhaustive du Métis. Pourquoi non-exhaustive ? Parce que cette définition, dit-elle, peut évoluer.

Des paragraphes 15 à 18 du jugement Powley, la Cour explique que les Métis sont nés après la période officielle de contact entre les Européens et les Sauvages, la période officielle de contact se situant en 1603 à Tadoussac, a-t-elle déjà dit dans un autre jugement, Van der Peet, pour ne pas le nommer.

Extrait du paragraphe 17 de l'arrêt Powley : «Le trait important qui caractérise les Métis du point de vue constitutionnel est leur statut spécial en tant que peuples ayant vu le jour entre le premier contact des Indiens avec les Européens et la mainmise effective de ces derniers sur le territoire. »

Extrait du paragraphe 18 de Powley : «(...) les communautés métisses ont vu le jour après le contact avec les Européens (...) »

Autrement dit, même si les pêcheurs basques, normands et malouins sont à l’œuvre en Amérique du Nord à partir du 16ème siècle, bien avant la visite de Jacques Cartier en 1534, ils n’ont pas formé de communautés métisses malgré les inévitables unions interethniques entre les Européens et les Sauvagesses. La raison en est simple : leurs enfants d’origine mixte ont été élevés parmi les bandes sauvages originelles et n’ont donc pas créé une nouvelle identité et une nouvelle culture distinctives.

Bref, les communautés métisses ont vu le jour après le contact à Tadoussac en 1603 lorsque les Montagnets, les Algonquins et les Etchemins ont conclu un traité de commerce avec le roi de France.

Retenons donc que les paragraphes 15 à 18 de l’arrêt Powley confirment que les Métis font partie d’une communauté de personnes.

Raison de plus pour rappeler que nous sommes à la recherche d’une communauté de personnes d’identité et de culture distinctives des Blancs et des Indiens, ce qui nous permettra éventuellement d'identifier ses membres à la base.

Je vous reviens plus tard pour la suite. Entre-temps, je vous laisse à lire les paragraphes 15 à 18.

15 Dans l'arrêt Van der Peet, le juge en chef Lamer a formulé la question centrale comme suit au par. 15 : « Comment faut-il s'y prendre pour définir les droits ancestraux reconnus et confirmés par le par. 35(1) de la Loi constitutionnelle de 1982? ». S'exprimant pour la majorité, il a écrit ceci, au par. 31 :

[L]e par. 35(1) établit le cadre constitutionnel qui permet de reconnaître que les autochtones vivaient sur le territoire en sociétés distinctives, possédant leurs propres cultures, pratiques et traditions, et de concilier ce fait avec la souveraineté de Sa Majesté. Les droits substantiels visés par cette disposition doivent être définis à la lumière de cet objet. Les droits ancestraux reconnus et confirmés par le par. 35(1) doivent tendre à concilier la préexistence des sociétés autochtones et la souveraineté de Sa Majesté.

16 Dans cet arrêt, l'accent mis sur l'occupation antérieure du territoire comme principale justification de la protection spéciale accordée aux droits ancestraux a amené les juges de la majorité à adopter un critère fondé sur l'antériorité au contact avec les Européens pour identifier les coutumes, pratiques ou traditions faisant partie intégrante d'une culture autochtone donnée et bénéficiant, de ce fait, de la protection de la Constitution. Cependant, les juges majoritaires ont reconnu que ce critère pourrait se révéler inadéquat pour reconnaître les coutumes, pratiques ou traditions métisses ayant droit à la même protection, puisque, par définition, les cultures métisses sont postérieures au contact avec les Européens. Pour cette raison, le juge en chef Lamer a expressément indiqué que la question de la définition des droits ancestraux des Métis devrait être réglée à l'occasion d'un autre pourvoi. Voici ce qu'il a dit à cet égard, au par. 67 :

[L]'histoire des Métis et les raisons qui sous-tendent leur inclusion pour qu'ils bénéficient de la protection accordée par l'art. 35 diffèrent considérablement de celles qui concernent les autres peuples autochtones du Canada. Comme telle, la manière dont les droits ancestraux des autres peuples autochtones sont définis n'est pas nécessairement déterminante en ce qui concerne la manière dont sont définis ceux des Métis. Lorsque notre Cour sera saisie d'une revendication présentée par des Métis en vertu de l'art. 35, elle sera alors à même, grâce aux arguments des avocats, du contexte factuel et du fait que la revendication touche spécifiquement les Métis, d'examiner la question des objets qui sous-tendent la protection accordée par l'art. 35 aux droits ancestraux des Métis et de déterminer le genre de revendications qui relèvent du par. 35(1) dans les cas où les demandeurs sont des Métis. Le fait que, en ce qui concerne d'autres peuples autochtones, l'art. 35 protège leurs coutumes, pratiques et traditions qui existaient avant le contact avec les Européens n'est pas nécessairement pertinent pour ce qui est de la réponse qui sera donnée à cette question.

17 Comme il a été indiqué plus tôt, l'inclusion des Métis à l'art. 35 ne saurait évidemment pas être expliquée par le fait qu'ils auraient occupé le territoire canadien avant le contact avec les Européens. L'objet de l'art. 35 en ce qui concerne les Métis n'est donc pas le même qu'en ce qui concerne les Indiens et les Inuits. Le trait important qui caractérise les Métis du point de vue constitutionnel est leur statut spécial en tant que peuples ayant vu le jour entre le premier contact des Indiens avec les Européens et la mainmise effective de ces derniers sur le territoire. L'inclusion des Métis à l'art. 35 représente l'engagement du Canada à reconnaître et à valoriser les cultures métisses distinctives, cultures qui se sont développées dans des régions n'étant pas encore ouvertes à la colonisation et qui, comme l'ont reconnu les rédacteurs de la Loi constitutionnelle de 1982, ne peuvent survivre que si les Métis bénéficient de la même protection que les autres communautés autochtones.

18 À la lumière de ces considérations, dégageons maintenant le critère approprié pour déterminer les droits dont jouissent les Métis en vertu de l'art. 35 de la Loi constitutionnelle de 1982. Ce critère sera ensuite appliqué aux conclusions de fait du juge du procès. Nous retenons le critère établi dans l'arrêt Van der Peet comme base de départ de cette analyse, mais, s'agissant d'une revendication métisse, nous écartons l'accent mis sur l'antériorité au contact avec les Européens, de manière à pouvoir tenir compte des différences importantes qui existent entre les revendications des Indiens et celles des Métis. L'article 35 commande que nous reconnaissions et protégions les coutumes et traditions qui, historiquement, constituaient des caractéristiques importantes des communautés métisses avant le moment de la mainmise effective des Européens sur le territoire, et qui le sont toujours aujourd'hui. Cette modification s'impose pour tenir compte du fait que les communautés métisses ont vu le jour après le contact avec les Européens et que leurs droits ancestraux ont un fondement postérieur à ce contact.
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Messagepar Pierre » 2009-08-08, 15:35

Je continue le résumé de l’arrêt Powley dans lequel la Cour suprême a établi une définition non-exhaustive du Métis.

Des paragraphes 21 à 23, la Cour nous dit comment elle a identifié une communauté métisse historique à Sault Ste. Marie et ses environs :

Au milieu du 17e siècle, les Jésuites ont établi une mission à Sainte-Marie-du-Sault, dans une région où la traite des fourrures donnait lieu à une vive concurrence entre les commerçants.

En 1750, les Français ont établi, sur la rive sud de la rivière Sainte-Marie, un poste de traite permanent où se sont établis des Métis -- les enfants d'unions entre marchands européens et femmes indiennes, et leurs descendants.

Au début du 19e siècle, selon le Dr Ray, « Sault Ste. Marie était l'un des plus anciens et des plus importants [établissements métis] dans le secteur supérieur des Grands Lacs ».

À compter de 1821, le poste de Sault Ste. Marie a essentiellement servi d'entrepôt à la Compagnie de la Baie d'Hudson.

Bien que «sommaires», les registres tenus par la compagnie relativement à ce poste, le Dr Ray a néanmoins été en mesure de brosser un tableau de la communauté à partir des documents existants, y compris le journal du commandant Bethune de la Compagnie de la Baie d'Hudson pour les années 1824-1825 et 1827-1828, et le rapport préparé en 1846 par Alexandre Vidal, un arpenteur-géomètre du gouvernement.

Dans son rapport, le Dr Ray indique que les personnes nommées dans le journal du poste de traite «étaient très majoritairement métisses», et il affirme que le rapport Vidal « brosse un tableau sommaire du taux de croissance de la collectivité et fait ressortir le maintien de la prédominance métisse ».

Le Dr Victor P. Lytwyn a dit du rapport Vidal et de la carte l'accompagnant qu'ils établissaient clairement l'existence d'une communauté métisse distincte et homogène à Sault Ste. Marie.

Le Dr Ray a ajouté ceci : « Lorsque Vidal s'est rendu dans la région de Sault Ste. Marie, les gens d'ascendance mixte qui y vivaient avaient développé un sentiment identitaire distinctif, et tant les Indiens que les Blancs les considéraient comme un peuple distinct ».

Enfin, au paragraphe 23, la Cour revient sur les moyens de preuve qui ont servi à prouver l’existence de cette communauté métisse historique :

Pour établir l'existence d'une communauté métisse susceptible d'appuyer la revendication de droits ancestraux se rattachant à un lieu précis, il faut non seulement apporter des données démographiques pertinentes, mais aussi faire la preuve que le groupe concerné partage des coutumes, des traditions et une identité collective.

Souvent, des groupes de Métis sont sans structures politiques et leurs membres ne s'identifient pas constamment comme Métis.

Toutefois, pour étayer la revendication de droits ancestraux se rattachant à un lieu précis, il faut établir l'existence d'une communauté métisse identifiable, caractérisée par un certain degré de continuité et de stabilité.

Conclusion : il se dégage clairement de cette preuve que les Métis de Sault Ste. Marie et de ses environs sont les enfants des unions entre les marchands européens (et même euro-canadien) de fourrures et les femmes indiennes et leurs descendants qui se sont mariés entre eux. Ces gens d'ascendance mixte ont développé un sentiment identitaire distinctif, et tant les Indiens que les Blancs les considéraient comme un peuple distinct», et ce, même s'ils ne s'identifiaient pas Métis en tant que tel.

Autrement dit, dans ce cas-ci, les Métis au sens de 35 Lc de 1982 sont les enfants des coureurs des bois euro-canadiens à l'oeuvre dans la traite des fourrures qui se sont unis aux Sauvagesses, lesquels enfants devenus grands se sont unis entre eux.

Élément très important à retenir : même s'ils ne sont pas nécessairement identifiés Métis, aux yeux des Indiens et des Blancs, ils étaient distincts, ce qui est suffisant pour démontrer leur identité métisse au sens de l'article 35 de la Constitution canadienne.

Je vous laisse à lire l’intégral des paragraphes 21 à 23 :

(2) Identification de la communauté historique titulaire des droits

21 Le juge du procès a conclu qu'une communauté métisse distincte avait vu le jour dans le secteur supérieur des Grands Lacs au milieu du 17e siècle et avait atteint son point culminant vers 1850. Ses constatations sur ce point -- qui ont été confirmées par la Cour d'appel -- ne comportent à notre avis aucune erreur donnant ouverture à révision. Le dossier renferme les données suivantes. Au milieu du 17e siècle, les Jésuites ont établi une mission à Sainte-Marie-du-Sault, dans une région où la traite des fourrures donnait lieu à une vive concurrence entre les commerçants. En 1750, les Français ont établi, sur la rive sud de la rivière Sainte-Marie, un poste de traite permanent où se sont établis des Métis -- les enfants d'unions entre marchands européens et femmes indiennes, et leurs descendants (A. J. Ray, « An Economic History of the Robinson Treaty Areas Before 1860 » (1998) (« rapport Ray »), p. 17). Au début du 19e siècle, selon le Dr Ray, [TRADUCTION] « Sault Ste. Marie était l'un des plus anciens et des plus importants [établissements métis] dans le secteur supérieur des Grands Lacs » (rapport Ray, op. cit., p. 47). À compter de 1821, le poste de Sault Ste. Marie a essentiellement servi d'entrepôt à la Compagnie de la Baie d'Hudson (rapport Ray, op. cit., p. 51). Bien qu'il ait qualifié de « sommaires » les registres tenus par la compagnie relativement à ce poste (rapport Ray, op. cit., p. 51), le Dr Ray a néanmoins été en mesure de brosser un tableau de la communauté à partir des documents existants, y compris le journal du commandant Bethune de la Compagnie de la Baie d'Hudson pour les années 1824-1825 et 1827-1828, et le rapport préparé en 1846 par Alexandre Vidal, un arpenteur-géomètre du gouvernement (rapport Ray, op. cit., p. 52-53).

22 Dans son rapport, le Dr Ray indique que les personnes nommées dans le journal du poste de traite [TRADUCTION] « étaient très majoritairement métisses », et il affirme que le rapport Vidal « brosse un tableau sommaire du taux de croissance de la collectivité et fait ressortir le maintien de la prédominance métisse » (rapport Ray, op. cit., p. 53). Le Dr Victor P. Lytwyn a dit du rapport Vidal et de la carte l'accompagnant [TRADUCTION] « qu'ils établissaient clairement l'existence d'une communauté métisse distincte et homogène à Sault Ste. Marie » (V. P. Lytwyn, « Historical Report on the Métis Community at Sault Ste. Marie » (1998) (« rapport Lytwyn »), p. 2). Le Dr Ray a ajouté ceci : [TRADUCTION] « Lorsque Vidal s'est rendu dans la région de Sault Ste. Marie, les gens d'ascendance mixte qui y vivaient avaient développé un sentiment identitaire distinctif, et tant les Indiens que les Blancs les considéraient comme un peuple distinct » (rapport Ray, op. cit., p. 56).

23 Pour établir l'existence d'une communauté métisse susceptible d'appuyer la revendication de droits ancestraux se rattachant à un lieu précis, il faut non seulement apporter des données démographiques pertinentes, mais aussi faire la preuve que le groupe concerné partage des coutumes, des traditions et une identité collective. Nous reconnaissons que, souvent, des groupes de Métis sont sans structures politiques et que leurs membres ne s'identifient pas constamment comme Métis. Toutefois, pour étayer la revendication de droits ancestraux se rattachant à un lieu précis, il faut établir l'existence d'une communauté métisse identifiable, caractérisée par un certain degré de continuité et de stabilité. En l'espèce, nous ne voyons aucune raison d'infirmer la conclusion du juge du procès selon laquelle il existe une communauté métisse historique à Sault Ste. Marie. Cette conclusion est étayée par le dossier et doit être confirmée.
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Messagepar Pierre » 2009-08-08, 15:55

Comment identifier une communauté métisse contemporaine

Je continue le résumé de l’arrêt Powley dans lequel la Cour suprême a établi une définition non-exhaustive du Métis.

Des paragraphes 24 à 28, la Cour nous dit comment identifier une communauté métisse contemporaine :

Les droits ancestraux métis sont des droits collectifs fondés sur l'existence d'une communauté historique toujours vivante et ne peuvent être exercés que si la personne qui les revendique appartient à la communauté actuelle, sur le fondement de ses origines ancestrales.

Le juge du procès a conclu qu'une communauté métisse continue d'exister à Sault Ste. Marie et dans les environs de cette ville, même si elle est devenue moins visible après la signature du Traité Robinson-Huron en 1850.

Du milieu du 19e siècle jusqu'aux années 1970, la communauté métisse de Sault Ste. Marie était dans une large mesure devenue une « entité invisible ». La Cour ne considère toutefois pas que cela signifie qu'elle a cessé d'exister ou qu'elle a totalement disparu durant cette période.

Le Dr Lytwyn a fait état du maintien d'une communauté métisse à Sault Ste. Marie et dans les environs de cette ville, malgré le départ de nombreux membres de la communauté à la suite des traités de 1850 : Les Métis ont continué d'habiter la région de Sault Ste. Marie. Certains se sont retrouvés dans les réserves indiennes établies en vertu du traité de 1850. D'autres ont vécu en périphérie ou dans des concessions de l'arrière-pays. Les Métis ont continué de vivre à peu près comme avant -- s'adonnant à la pêche, à la chasse, au piégeage et à la récolte d'autres ressources pour assurer leur subsistance.

Cette communauté n’a pas cessé d’exister, comme en témoignent les données des recensements effectués de 1860 à 1890.

Le Dr Lytwyn a conclu de les Métis sont demeurés dans la région et ont assuré leur subsistance grâce aux produits de la terre et des eaux ».

Il a également relevé une tendance à sous-estimer le nombre de Métis et un manque d'information à leur sujet, phénomènes imputables au fait que les Métis avaient été « refoulés à la périphérie de la ville » et « se montraient peu enclins à s'identifier comme Métis » à cause des rébellions de Riel et du fait que, en raison des mesures gouvernementales et des reportages des médias, l'opinion publique ontarienne était devenue hostile à la reconnaissance de leurs droits.

L'absence de visibilité de la communauté a été expliquée et ne fait pas obstacle à l'existence de la communauté actuelle.

Il n'y a jamais eu de rupture dans la continuité; la communauté métisse s'est, si l'on peut dire, faite discrète, mais elle a néanmoins continué d'exister.

Qui plus est, comme on l'indique plus loin, la condition de « continuité » s'attache au maintien des pratiques (de chasse, de pêche et de cueillette) des membres de la communauté, plutôt qu'à la communauté elle-même de façon plus générale.

CONCLUSION : Une fois établi l’existence d’une communauté métisse historique, pour identifier son existence contemporaine, il faut vérifier si ses descendants sont toujours dans la région et s’ils continuent à chasser, pêcher et cueillir des ressources naturelles pour s’alimenter, se chauffer, s’abriter, etc. Autrement dit, si la chasse, la pêche et la cueillette des ressources naturelles ne fait pas partie de la culture de la personne se réclamant Métis, il est fort douteux qu’elle le soit, ce qui élimine à toute fin pratique les personnes qui font de l’unique défense de la spiritualité autochtone leur seul cheval de bataille.

Bref, les Métis sont des chasseurs et des pêcheurs pour s’alimenter et des cueilleurs pour s’alimenter, se vêtir, se chauffer et s’abriter, soit des gens qui prônent un mode de vie naturel qui remonte loin dans le temps.

Je vous laisse à lire les paragraphes 24 à 28 en français dans le texte :

24 Les droits ancestraux sont des droits collectifs : ils doivent être fondés sur l'existence d'une communauté historique toujours vivante et ils ne peuvent être exercés que si la personne qui les revendique appartient à la communauté actuelle, sur le fondement de ses origines ancestrales. Le juge du procès a conclu qu'une communauté métisse continue d'exister à Sault Ste. Marie et dans les environs de cette ville, même si elle est devenue moins visible après la signature du Traité Robinson-Huron en 1850. Bien que nous prenions note de la conclusion de juge du procès selon laquelle, du milieu du 19e siècle jusqu'aux années 1970, la communauté métisse de Sault Ste. Marie était dans une large mesure devenue une [TRADUCTION] « entité invisible » (par. 80), nous ne considérons pas que cela signifie qu'elle a cessé d'exister ou qu'elle a totalement disparu durant cette période.

25 Le Dr Lytwyn a fait état du maintien d'une communauté métisse à Sault Ste. Marie et dans les environs de cette ville, malgré le départ de nombreux membres de la communauté à la suite des traités de 1850 :

[TRADUCTION] Les Métis ont continué d'habiter la région de Sault Ste. Marie. Certains se sont retrouvés dans les réserves indiennes établies en vertu du traité de 1850. D'autres ont vécu en périphérie ou dans des concessions de l'arrière-pays. Les Métis ont continué de vivre à peu près comme avant -- s'adonnant à la pêche, à la chasse, au piégeage et à la récolte d'autres ressources pour assurer leur subsistance.

(Rapport Lytwyn, p. 31 (nous soulignons); voir également J. Morrison, « The Robinson Treaties », p. 201)

26 La mainmise des Européens sur la région a donc eu une incidence sur la communauté métisse de Sault Ste. Marie et sur ses pratiques traditionnelles, sans toutefois faire disparaître cette communauté, comme en témoignent les données des recensements effectués de 1860 à 1890. Le Dr Lytwyn a conclu de ces données que, [TRADUCTION] « bien qu'ayant perdu une grande partie de leur assise territoriale traditionnelle à Sault Ste. Marie, les Métis sont demeurés dans la région et ont assuré leur subsistance grâce aux produits de la terre et des eaux » (rapport Lytwyn, op. cit., p. 32). Il a également relevé une tendance à sous-estimer le nombre de Métis et un manque d'information à leur sujet, phénomènes imputables au fait que les Métis avaient été [TRADUCTION] « refoulés à la périphérie de la ville » et « se montraient peu enclins à s'identifier comme Métis » à cause des rébellions de Riel et du fait que, en raison des mesures gouvernementales et des reportages des médias, l'opinion publique ontarienne était devenue hostile à la reconnaissance de leurs droits (rapport Lytwyn, op. cit., p. 33).

27 Nous concluons que la preuve appuie la constatation du juge du procès selon laquelle l'absence de visibilité de la communauté a été expliquée et ne fait pas obstacle à l'existence de la communauté actuelle. Il n'y a jamais eu de rupture dans la continuité; la communauté métisse s'est, si l'on peut dire, faite discrète, mais elle a néanmoins continué d'exister. Qui plus est, comme on l'indique plus loin, la condition de « continuité » s'attache au maintien des pratiques des membres de la communauté, plutôt qu'à la communauté elle-même de façon plus générale.

28 La conclusion du juge du procès suivant laquelle il existe une communauté métisse aujourd'hui à Sault Ste. Marie et aux environs de cette ville est étayée par la preuve et doit être confirmée.
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Messagepar Pierre » 2009-08-08, 16:34

Vérification de l’existence des liens des demandeurs avec une communauté métisse historique

Je continue le résumé de l’arrêt Powley dans lequel la Cour suprême a établi une définition non-exhaustive du Métis, en m'en tenant à l'essentiel.

Des paragraphes 29 à 35, la Cour souligne qu’il est important de vérifier l’appartenance du demandeur à la communauté métisse :

Nous retenons les trois facteurs principaux suivants comme indices tendant à établir l'identité métisse : auto-identification, liens ancestraux et acceptation par la communauté.

Premièrement, le demandeur doit s'identifier comme membre de la communauté métisse.

Deuxièmement, le demandeur doit faire la preuve de l'existence de liens ancestraux avec une communauté métisse historique. Nous n'exigerions pas la preuve de « liens du sang » minimums, mais plutôt la preuve que les ancêtres du demandeur appartenaient, par naissance, adoption ou autrement, à la communauté métisse historique.

Troisièmement, le demandeur doit prouver qu'il est accepté par la communauté actuelle dont la continuité avec la communauté historique constitue le fondement juridique du droit revendiqué.

Seuls les membres possédant des liens ancestraux démontrables avec la communauté historique peuvent revendiquer un droit protégé par l'art. 35. Il est donc crucial de vérifier l'appartenance à la communauté.

Le fait que les ancêtres des Powley ont vécu dans une réserve indienne pendant un certain temps n'enlève pas à ces derniers leur identité métisse.

CONCLUSION

La preuve de l'auto-identification métisse, des liens ancestraux et de l'acceptation par la communauté sont requis des demandeurs qui doivent prouver qu’ils ont des liens avec des ancêtres qui appartenaient, par naissance, adoption ou autrement, à une communauté métisse historique.

Puisque leurs ancêtres métis pouvaient faire partie d’une communauté métisse historique par naissance, adoption ou autrement et puisque les personnes adoptées et celles naturalisées par les Métis n’étaient pas nécessairement d’origine interethnique, il est donc faux de dire que les ancêtres des demandeurs ont inévitablement du sang indien dans les veines.

D’autre part, s’il s'avère très utile d’identifier les couples d’origine interethnique et leurs enfants d’origine mixte pour identifier une communauté métisse historique, il est clair que la preuve d’un ancêtre indien ne suffit par à elle seule à démontrer que le demandeur est Métis.

C’est la preuve d’ancêtres Métis appartenant à une communauté métisse historique qui est requise.

Et comme un ancêtre Métis descend très souvent d’un parent Métis – ou que ses descendants sont aussi Métis – il suffit au demandeur de prouver l’existence d’un seul ancêtre Métis appartenant à une communauté métisse historique pour prouver son identité métisse.

Enfin, un Métis peut très bien avoir été vivre en réserve indienne créée à partir de 1854 sans que cela n'ait affecté son identié.

Je vous laisse à lire les paragraphes 29 à 35 en français dans le texte.

(4)Vérification de l'appartenance du demandeur à la communauté actuelle concernée

29 Déterminer l'appartenance à la communauté métisse n'est peut-être pas aussi simple que vérifier, par exemple, l'appartenance à une bande indienne, mais les Métis n'en demeurent pas moins des titulaires de droits à part entière. Étant donné que les communautés métisses continuent de s'organiser plus formellement et de revendiquer leurs droits constitutionnels, il est essentiel que les conditions d'appartenance aux communautés deviennent plus uniformes, de façon à permettre l'identification des titulaires de droits. Dans l'intervalle, les tribunaux saisis de revendication émanant de Métis devront statuer au cas par cas sur la question de l'identité. L'examen doit tenir compte à la fois de la manière dont la communauté se définit et de la nécessité que l'identité puisse se vérifier objectivement. De plus, les critères de détermination de l'identité métisse pour l'application de l'art. 35 doivent refléter l'objet de la garantie constitutionnelle prévue par cette disposition : reconnaître et confirmer les droits que détiennent les Métis du fait qu'ils sont des descendants directs des premiers habitants du pays et du fait de la continuité entre leurs coutumes et traditions et celles de leurs ancêtres métis. Il ne s'agit pas d'une tâche insurmontable.

30 Nous tenons à souligner qu'on ne nous a pas demandé -- et que nous n'avons pas l'intention d'établir -- une définition exhaustive de l'identité métisse aux fins de présentation des revendications fondées sur l'art. 35. Nous allons en conséquence nous contenter d'indiquer les éléments importants d'une future définition, mais nous affirmons néanmoins qu'il est urgent d'établir des critères d'appartenance appropriés avant que ne surviennent des différends. De façon générale, nous sommes enclins à faire nôtre la démarche proposée par les juges Vaillancourt et O'Neill des juridictions inférieures. Plus particulièrement, nous retenons les trois facteurs principaux suivants comme indices tendant à établir l'identité métisse dans le cadre d'une revendication fondée sur l'art. 35 : auto-identification, liens ancestraux et acceptation par la communauté.

31 Premièrement, le demandeur doit s'identifier comme membre de la communauté métisse. Cette auto-identification ne doit pas être récente : en effet, bien qu'il ne soit pas nécessaire que l'auto-identification soit constante ou monolithique, les revendications présentées tardivement, dans le but de tirer avantage d'un droit visé à l'art. 35, ne seront pas considérées conformes à la condition relative à l'auto-identification.

32 Deuxièmement, le demandeur doit faire la preuve de l'existence de liens ancestraux avec une communauté métisse historique. Cette exigence objective garantit que les bénéficiaires des droits protégés par l'art. 35 possèdent un lien réel avec la communauté historique dont les pratiques fondent le droit revendiqué. Nous n'exigerions pas la preuve de « liens du sang » minimums, mais plutôt la preuve que les ancêtres du demandeur appartenaient, par naissance, adoption ou autrement, à la communauté métisse historique. À l'instar du juge du procès, nous nous abstenons de préciser davantage cette condition en l'absence de l'argumentation élaborée que présenteraient les parties dans une affaire où cette question serait déterminante. En l'espèce, les origines métisses de Powley ne sont pas contestées.

33 Troisièmement, le demandeur doit prouver qu'il est accepté par la communauté actuelle dont la continuité avec la communauté historique constitue le fondement juridique du droit revendiqué. L'appartenance à une organisation politique métisse peut se révéler pertinente à cet égard, mais elle ne suffit pas en l'absence de données contextuelles sur les conditions d'adhésion à l'entité et sur le rôle que joue cette dernière au sein de la communauté métisse. L'élément central du critère de l'acceptation par la communauté est la participation, passée et présente, à une culture commune, à des coutumes et traditions qui constituent l'identité de la communauté métisse et qui la distinguent d'autres groupes. Voilà en quoi consiste le critère de l'appartenance à la communauté. La participation aux activités de la communauté et le témoignage d'autres membres sur les liens du demandeur avec la communauté et sa culture peuvent également s'avérer des indices de l'acceptation par la communauté. La diversité des formes de preuve acceptables ne réduit pas le besoin de démontrer objectivement l'existence, entre le demandeur et d'autres membres de la communauté titulaire des droits, d'un lien solide formé d'une identification mutuelle présente et passée et d'un sentiment commun d'appartenance.

34 Il importe de se rappeler que, indépendamment des critères d'appartenance établis par la communauté contemporaine, seuls les membres possédant des liens ancestraux démontrables avec la communauté historique peuvent revendiquer un droit protégé par l'art. 35. Il est donc crucial de vérifier l'appartenance à la communauté, puisqu'un individu n'est admis à exercer des droits ancestraux métis que sur le fondement de ses liens ancestraux avec une communauté métisse et que s'il appartient à cette dernière.

35 Il n'y a aucune raison, en l'espèce, d'infirmer la conclusion du juge du procès selon laquelle les Powley sont membres de la communauté métisse qui a vu le jour à Sault Ste. Marie et dans les environs de cette ville et qui y existe encore. Tout comme la Cour d'appel, nous estimons que, eu égard aux circonstances de la présente affaire, le fait que les ancêtres des Powley ont vécu dans une réserve indienne pendant un certain temps n'enlève pas à ces derniers leur identité métisse. Comme l'a indiqué la Cour d'appel, [TRADUCTION] « E. B. Borron, qui a été mandaté par la province en 1891 pour préparer un rapport sur les rentes versées aux Métis, était d'avis que les Métis qui avaient reçu des avantages prévus par traité demeuraient des Métis et il a recommandé qu'on retire leurs noms des listes des bénéficiaires des rentes prévues par traité » (le juge Sharpe, par. 139). Nous soulignons que la décision -- de nature individuelle -- des ancêtres d'un Métis de se prévaloir des avantages prévus par un traité n'exclut pas nécessairement la faculté de cette personne de revendiquer des droits reconnus aux Métis. La réponse à cette question dépendra en partie de celle de savoir s'il y a eu adhésion collective par la communauté métisse concernée à ce traité. Compte tenu des éléments au dossier, il était loisible au juge du procès de conclure que les droits des ancêtres des Powley ne s'étaient pas fondus à ceux de la bande indienne.
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Messagepar FERN » 2009-08-08, 23:50

bonjour
Le Traité Jay
Le Traité Jay (titre officiel: Traité d'Amitié, de
Commerce et de Navigation) était en 1794 un instrument
conçu pour réglementer les affaires de l'époque. Il s'agit
d'un traité international et non d'un traité avec les Indiens,
conclu entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, dans lequel
le peuple Indien est considéré comme un peuple distinct des
sujets britanniques et des citoyens des Etats-Unis; les
dispositions pertinentes s'appliquant donc aux Indiens situés
de l'un ou de l'autre côté de la frontière, soit de l'océan
Atlantique jusqu'au Lake of the Woods. L'une des grandes
préoccupations du Juge en chef John Jay, négociateur principal
des Etats-Unis, était de déloger les négociants en fourrure
de Montréal et les troupes de la garnison britanniques du
triangle qui s'étend entre le sud des Grands Lacs et le
confluent du Mississippi et de l'Ohio (le Traité Jay y est
parvenu, bien entendu), mais aucun des signataires ne cherchait
à se mettre en travers des chercheurs de fourrure et des
intermédiaires indiens (pour la plupart Iroquois à l'époque),
auxiliaires indispensables du commerce des fourrures des deux
côtés de la frontière.

Une clause de l'article III du traité précisait que les
Indiens faisant la navette des deux côtés de la frontière
entre le Canada et les Etats-Unis, en transportant leurs
effets et leurs marchandises propres seraient admis en franchise.
Les efforts répétés qu'ont fait les Indiens pour que le Canada
reconnaisse l'exemption ainsi accordée ont donné lieu finalement
au jugement prononcé en 1956 dans l'affaire Louis Francis c.
La Reine, dans laquelle la Cour Suprême du Canada a jugé que
ni le Tarité Jay, ni une disposition quelconque de la loi sur
les Indiens, n'avaient pour effet d'exempter les Indiens vivant
au Canada du paiement des droits de douane sur les marchandises
introduites au Canada à partir des Etats-Unis.

Aux Etats-Unis, le Traité Jay a été considéré comme ayant
été abrogé par la Guerre de 1812. Par la suite, le Traité de
Ghent a rétabli les droits des Indiens tels qu'ils étaient
avant 1812; toutefois, cette disposition n'était pas exécutoire
et son application était laissée aux deux pays chargés d'adopter
la législation pertinente. Aucun des deux pays n'a depuis
adopté une législation exemptant expressément les Indiens du
paiement des droits de douane. Aux Etats-Unis, cependant, à
la suite des réclamations présentées par les Indiens, une loi
sur l'immigration a été adoptée au cours des années 1920
autorisant sans restriction l'accès (des personnes) sur le
territoire des Etats-Unis des "Indiens de l'Amérique du Nord",
ces personnes étant définies comme ayant 50 pour cent ou plus
de sang d'Indiens d'Amérique du Nord. S'ils réussissaient à

donner une t e l l e preuve à l'Agent d'Immigration des
Etats-Unis, l e s Indiens canadiens étaient donc exemptés
du passeport et des v i s a s n é c e s s a i r e s à l ' e n t r é e aux
E t a t s - U n i s . Bien q u ' e l l e ne c i t e Jamais le Traité Jay,
c e t t e l é g i s l a t i o n des Etats-Unis est considérée par de
nombreux Indiens comme la reconnaissance des d i s p o s i t i o ns
de ce t r a i t é . Au Canada, bien entendu, tous l e s d r o i ts
de citoyenneté ont été conférés au peuple Indien par la
l o i sur la c i t o y e n n e t é.

rebonjour
ou puige trouvé la mention que trois de nos grand parent possédent du sang indien nous donne 50%? si sa fonctionne comme vous dite presque tout les Métis aurait droit a ce fameux traité exp moi jai du sang indien mon pêre en avait, mon grand pêre aussi, ma mêre an avait , ma grang mêre aussi, mon grand pêre maternelle en avait aussi , ce qui men fait trois , généalogiquement concrètement si on analise mes lignées sa me fait environ
20% un test de gang fait aux état-unis men donne 6% pouvez-vous mexpliquer ou je me trompe ,
cest la première fois quil est dit sur ce site que les états -unis donne des certificats de statué, si vous prouvez cela ce sera la ruer vor lor ,et un futur client en ma personne et une gratification plus que généreuse , ce serait un tres grand progres pour les Métis du Québec
fern
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Messagepar FERN » 2009-08-09, 10:39

bonjour
jespère que mes renseignements ne sont pas bon car adieu mon JAY -TRAITÉ,
DES PERSONNES QUI TRAVAILLE A LEMBASSADE CANADIEN ET QUE JAI CONTACTÉ,
me dise que les états-unis nont jamais émit de telle carte et quil accepte uniquement les indiens statués reconnu par le Canada
jespère avoir le temp de contacté les services dimigration américain cette semaine ,
les seule Jay Traité quil ont vu étais fait par des chefs Canadien improvisé
sur des certificats papier avec sceau acheté chez dolorama et qui na aucune valeur, un membre ma déja remit un tel certificat ,je suit allé personnellement aux douane, le douanier me dit en rient vous arrivé juste a temp il ne nous reste plus de papier de toilette,
jespère recevoir dautre information contraire , ou vot preuves
car ce serait dommage que je ne devienne pas aussi citoyen amériquin :roll:
fern
ps remarquer qua aucun moment je met votre parole en doute mais sur ce site pas de preuve pas de crédibilité
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Messagepar Tourblanche » 2009-08-09, 12:24

il faut vérifier si ses descendants sont toujours dans la région et s’ils continuent à chasser, pêcher et cueillir des ressources naturelles pour s’alimenter,


on a déja vu des politiques basées sur la couleur de la peau
ou de la religion , mais sur le contenu de l'assiette c'est pas banal.

" Le traité de Ghent " , avec une erreur de traduction pareille
on peut douter du reste de la traduction .
Je veux bien croire qu' Anglais et Américains parlaient anglais
mais la ville de Gand était encore en territoire français 1814 .
Tourblanche
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Messagepar Dominique_Ritchot » 2009-08-09, 13:30

il faut vérifier si ses descendants sont toujours dans la région et s’ils continuent à chasser, pêcher et cueillir des ressources naturelles pour s’alimenter.


Henry Boucher a écrit:on a déja vu des politiques basées sur la couleur de la peau ou de la religion, mais sur le contenu de l'assiette c'est pas banal.


:lol:

J'apprécie votre humour, Monsieur Boucher.
Dominique Ritchot
descendante de Marie Mité8ameg8K8é
------
En ethnohistoire, la critique de source vise principalement à établir la crédibilité d'un document et conséquemment à valider les faits rapportés.
Jean-René Proulx, RAQ 1987
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Messagepar Dominique_Ritchot » 2009-08-09, 14:46

Madame Falardeau écrit sur son site :

http://www.lametisse.qc.ca/IsabelleKunNipiuFalardeau.html

Personnellement, le ¾ de mon arbre généalogique est autochtone...


Elle énumère ensuite ses ancêtres autochtones :

Georgianna CHAILLÉ, métisse attikamekw, dont le père a choisi de vivre dans le nouveau village des blancs, à Ste-Thècle, refusant de vivre « en cage » dans la réserve, et qui a renoncé à son identité indienne. À Georgianna dont le corps repose au bord d'un lac, en forêt, en territoire attikamekw.


D'après mes propres recherches :

Georgiana Chaillé est né et a été baptisée à St-Basile de Portneuf le 10 février 1856. Il est bien spécifié dans son acte de baptême qu’elle est « née du légitime mariage » de Élie Chaillé, cultivateur et Sarah Vézina (St-Basile-Sud, fonds Drouin, folio 4 baptême 10). Ses parrains et marraine sont : Jacques Doré et Marie Vézina. Georgiana a épousé Felias Légaré, fils de défunt Jean-Baptiste Légaré, cultivateur, et défunte Éléonore Neault, le 29 avril 1878 à St-Tite, co. Champlain (fonds Drouin, folio 12). Les deux époux sont de Ste-Thècle. Félias Légaré, cultivateur, était originaire de Deschambault, où ses parents se sont mariés en 1845. Il est décédé avant le recensement de 1901.

Au recensement de 1901, Georgiana (Chaillé) Légaré est veuve et habite Ste-Thècle avec ses enfants :

Automated Genealogy :
1901 Census of Canada Page Information District:QU CHAMPLAIN (#146) Subdistrict:Sainte-Thècle S-1 Page 2
Images : National Archives Web Site
Microfilm T-6517

Tous se déclarent de race Blancs, Canadiens d’origine française et catholiques. Georgiana Chaillé s’est remariée le 9 mai 1904 à Ste-Thècle avec Joseph Lafontaine (fonds Drouin folio 15), veuf d'Émerise Ayotte. Le couple a obtenu une dispense des trois bans. Fait à noter, Georgiana épouse le futur beau-père de sa fille Martina.

Georgianna aurait été enterrée « au bord d'un lac, en forêt, en territoire attikamekw ». Pourtant, selon le registre de Ste-Thècle, Georgiana, décédée le 23 juillet 1918, a été inhumée dans le cimetière paroissial, comme il appert dans l’acte de sépulture, en date du 25 juillet 1918 (fonds Douin, folio 18 ).

Mme Falardeau affirme sur son site le père de Georgiana :

a renoncé à son identité indienne et a plutôt choisi de vivre dans le nouveau village des blancs, à Ste-Thècle, refusant de vivre en cage dans la réserve.


Élie Chaillé se déclare cultivateur aux baptêmes de ses enfants. Sa famille a ses racines dans les paroisses de Cap-Santé et de Deschambault, il a épousé Sara Vézina le 9 janvier 1855 à St-Basile-Sud (fonds Drouin, folio 2). Son père, Jean-Baptiste Chaillé, est défunt, sa mère Angélique Leclerc, est dite « de cette paroisse ». Joseph Vézina et Marie-Anne Magnant, les parents de Sara, sont aussi de la même paroisse. La famille de Sara vient du côté de Saint-Augustin-de-Desmaures.

St-Basile n’était pas une réserve indienne, mais bien un village fondé par des Canadiens-français au milieu du XIXème siècle :

http://mrc.portneuf.com/fr/site.asp?page=element&nIDElement=755

L'établissement de la paroisse mère de Saint-Basile fait suite au premier mouvement de colonisation aux abords du fleuve Saint-Laurent. Issue de la concession des seigneuries Jacques-Cartier, Dombourg et d'Auteuil, Saint-Basile est l'une des premières municipalités à être fondée au-delà des terres longeant le fleuve. Les pionniers, originaires des anciennes paroisses riveraines du Saint-Laurent, notamment de Cap-Santé, commencent à défricher le territoire au milieu du XIXe siècle. La paroisse religieuse remonte à 1840, soit 17 ans avant son érection canonique. Elle est à l'origine de la municipalité de paroisse constituée suite au détachement de Sainte-Famille du Cap-Santé en 1858. Une partie du territoire est détachée en 1948, pour créer la municipalité du village de Saint-Basile-Sud. À l'aube de l'an 2000, ces deux municipalités homonymes s'apprêtent à se regrouper pour former une entité unique.
.

Le seul village amérindien connu dans les environs était habité par les Hurons. Jacques Cartier avait nommé « Achelay » lors de son second voyage en 1535. Il était situé sur les bords du St-Laurent, là ou se trouve aujourd’hui la municipalité de Notre-Dame-de-Portneuf, dans la MRC de Portneuf.

http://mrc.portneuf.com/fr/site.asp?page=element&nIDElement=752


Par ailleurs, la réserve indienne la plus proche est celle des Hurons de Wendake (en banlieue de Québec).

Quant à Ste-Thècle, la municipalité a été créée en 1874 :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte-Th%C3%A8cle

Toujours selon Mme Falardeau :

Martina LÉGARÉ, mon arrière grand-mère métisse, fille de Georgianna, qui a été élevée chez les soeurs dans la honte de ses racines, et qui a fait tout ce qu'elle pouvait pour être une bonne petite québécoise. À Martina, dont le corps repose à Ste-Thècle.


Marie Martina Légaré, née la veille « du légitime mariage de » Philias Légaré cultivateur et d'Anna Chaillé, est baptisée le 23 janvier 1896, à St-Thècle. Le père était absent au baptême. Ses parrain et marraine sont : Johnny Magnan, cultivateur et Célimire Magnan née Savard. Elle a épousé Alfred Lafontaine, fils de Joseph Lafontaine et Émerise Ayotte, le 8 mai 1916 à Ste-Thècle, avec dispense de deux bans (Drouin, folio 15 et 16, mariage 4).


http://fr.wikipedia.org/wiki/Attikameks

Les Attikameks en français ou Atikamekw[1] en Atikamekw sont les autochtones de l'aire qu'ils appellent eux-mêmes Nitaskinan (littéralement "notre terre", aski voulant dire terre), dans la partie supérieure de la vallée de la rivière Saint-Maurice (Québec). Leur nom, qui désigne aussi dans leur langue le Grand corégone (ou poisson blanc), est parfois mal écrit sous la forme Atikamek. La langue atikamekw, qui est une langue algonquienne très proche des dialectes cris, est toujours utilisée quotidiennement.
Ce territoire se situe dans les régions de Lanaudière, de la Mauricie et du Centre-du-Québec, entre les territoires innu, algonquin et cris.
Traditionnellement, ils pratiquent la pêche, la chasse et la cueillette. Ils auraient été les découvreurs du sirop d'érable. Les Atikamekw ont des liens traditionnels avec le peuple Innu, qui était leur allié historique contre les Inuit. Mais ils n'ont pas de lien de parenté : leurs langues et leurs cultures sont assez distinctes.
En 2001, leur population était estimée à 5 400 individus. Les Attikameks possèdent quatre réserves : Obedjiwan, Wemotaci, Manawan et Coucoucache (inhabitée et gérée par Wemotaci). On trouve des minorités à Roberval et La Tuque.


Je cite encore Mme Falardeau :

Jeanne-Yvonne BEAULIEU, mon arrière grand-mère, métisse mikmakw du Témiscouata, qui n'a jamais revu son village devenu réserve indienne, après avoir marié un blanc, et dont le corps a été retourné près des siens, au vieux cimetière de la Restigouche.


Jeanne-Yvonne Beaulieu, fille de Georges Beaulieu, commis-marchand et Émélia Vaillancourt, mariés à Amqui en 1901, est née le 22 juin 1902 à Sayabec (co. Témiscouata) et a été baptisée le même jour à Amqui. Jeanne-Yvonne Beaulieu a épousé Joseph-Ovila Jalette le 24 juin 1924 à Restigouche. Elle est décédée en 1942 à Matapédia, son lieu de résidence (Index consolidé des décès de la Province de Québec, ISQ).

Clarisse Boudreau, indienne mikmakw et innue, qui n'a jamais revu la Côte-Nord après avoir marié un blanc, dont le corps repose au cimetière Côte-des-Neiges à Montréal


Clarisse Boudreau a épousé Ulric Falardeau à St-Sauveur de Québec le 13 août 1900. le couple obtient la dispense de deux bans. Ulric Falardeau est cordonnier. Son père (défunt au mariage) Prosper Falardeau, était « policeman » et et sa mére est dite Émilie Noel « de cette paroisse ». Edmond Dion cousin de l'époux est témoin. Les époux signent l'acte.

Amédée Boudreau, le père de Clarisse, est tanneur. La famille Boudreau s'est installée à Québec. Les Gaudet descendent des Acadiens qui ont établi les communautés de pêcheurs des Îles de la Madeleine vers 1790.

Fait intéressant, un frère de Clarisse a été député à l'Assemblée législative du Québec :

http://www.assnat.qc.ca/FRA/membres/notices/b/BOUDF.htm

Francis BOUDREAU
(1901-1980)

Né à Québec, le 7 février 1901, fils d'Amédée Boudreau, tanneur, et de Geneviève Gaudet.

Fit son cours supérieur à l'Académie Saint-Sauveur. Comptable et administrateur, il travailla pour la firme François Nolin de Québec pendant 35 ans.

Candidat de l'Union nationale défait dans Saint-Sauveur en 1944. Élu député de l'Union nationale dans cette circonscription en 1948. Réélu en 1952, en 1956, en 1960, en 1962 et en 1966. Adjoint parlementaire du ministre de la Voirie du 17 décembre 1954 au 6 juillet 1960. Assermenté ministre sans portefeuille dans le cabinet Johnson le 16 juin 1966 et dans le cabinet Bertrand le 2 octobre 1968. Ne s'est pas représenté en 1970.

Président régional de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec. Fondateur de la section Saint-Joseph et membre du conseil diocésain de cette société. Fut vice-président et président de l'Oeuvre des terrains de jeux de Québec. Président de la section Saint-Sauveur du Conseil central des oeuvres et de l'Amicale lasallienne de Québec. Fondateur et trésorier du Club Richelieu de Québec. Membre du bureau d'administration du Centre de formation Laval.

Décédé à Québec, le 20 avril 1980, à l'âge de 79 ans et 2 mois. Inhumé à Québec, dans le cimetière Saint-Charles, le 22 avril 1980.

Avait épousé à Québec, dans la paroisse Saint-Sauveur, le 27 février 1922, Marguerite Giguère, fille d'Édouard Giguère, boucher, et de Marie-Adéla Jobin.

Mise à jour de la biographie : Octobre 2008


Je cite encore Mme Falardeau :

Joseph-Prosper Falardeau, fils de Clarisse. Mon arrière-grand-père métis, qui a choisi de vivre en ville, mais qui trouvait sa liberté au camp dans le bois, au bord du lac, et qui pêchait, chassait et trappait. Et qui a transmis à ses enfants tout ce qu'il savait.


D'après mes propres recherches, ce sont plutôt les ancêtres de Joseph-Prosper qui fait le choix de vivre en ville, puisque la famille était établie dans le quartier St-Sauveur de Québec depuis au moins deux génération et à Québec même depuis cinq générations. Avant, on les retrouve à Charlesbourg.

Il serait intéressant que Mme Falardeau produise les documents et les sources dans lesquelles elle a puisé l'histoire des origines de ses ancêtres.

(J'ai eu un bon réflexe en imprimant la page où Mme Falardeau « rendait hommage à ses ancêtres », car celle-ci a été modifiée depuis le 14 juillet 2009)
Dominique Ritchot
descendante de Marie Mité8ameg8K8é
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En ethnohistoire, la critique de source vise principalement à établir la crédibilité d'un document et conséquemment à valider les faits rapportés.
Jean-René Proulx, RAQ 1987
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Conslusion : qui est Métis

Messagepar Pierre » 2009-08-09, 22:04

En guise conclusion de l’exposé qui précède fondé sur le test de l’arrêt Powley, pour qu’un généalogiste puisse identifier les Métis au sens de l’article 35 de la Constitution, il doit avoir en main l’ethnogenèse des communautés métisses historiques visées et la liste de leurs membres à l’époque historique.

Ce n’est qu’avec ces informations en main qu’il pourra vérifier et valider les liens des demandeurs avec des ancêtres Métis appartenant par naissance, adoption ou autrement à une communauté métisse historique.

C’est ce que se sont appliquées à faire les personnes morales immatriculées Communauté métisse de la Gaspésie, Communauté du Domaine du Roi et de la Seigneurie de Mingan et Communauté métisse des Voyageurs. Chaque communauté métisse historique ayant sa propre histoire, chacun de ces organismes de service a reconstitué l'ethnogénèse de la communauté métisse historique à l'oeuvre dans sa région et a identifié leurs membres.

À titre d’exemple, la Compagnie du Nord-Ouest (CNO) faisait affaire avec quelques 3 000 Voyageurs d’origine interethnique au moment ou ceux-ci ont affirmé former une nouvelle nation en 1816.

La majorité des Voyageurs était originaire de la Province de Québec.

À partir de 1821, année de la fusion de la CNO et de la Hudson's Bay Company (HBC), ils se sont unis avec les employés d'origine interethnique de la HBC.

En 1825, la population surnommait Bois-brûlés les personnes d'origine interetnique dans la traite (identité distinctive).

L'ethnogenèse de la communauté métisse historique dite des Voyageurs - ou encore des Bois-brûlés - a été établie en partie devant le tribunal dans le jugement The Queen vs William Dean Goodon, 2008, MBPC 59.

La liste de ses membres a été reconstituée à partir des listes des Voyageurs faisant affaire avec la Compagnie du Nord-Ouest, les listes d'employés de la HBC, le Répertoire des engagés, par E. Z. Massicotte, publié dans le Rapport de l'archiviste de la Province de Québec (RAPQ) et les descendants des couples d'origine interethnique identifiés par actes de baptême, mariage et sépulture dans des dictionnaires généalogiques fiables, excluant Archange Godbout et l'abbé Tanguay.
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à Dominique

Messagepar isalherbo » 2009-08-10, 17:25

Chère Dominique,

que d'efforts pour me discréditer!

mes recherches ont donné la même chose que toi.

La différence, c'est que j'ai en ma possession des photos, des écrits, et l'histoire orale de ma famille. Qui sont tous annexés à ma propre généalogie.
Geogianna Chaillé était reconnue indienne par sa fille MArtina, et par ma propre grand-mère, Lorraine. Photos à l'appui. Moi je dis que Georgianna était métisse, parce qu'elle a aussi de l'ascendance française, de par son grand-père. Mais dans la famille elle était considérée comme indienne, a cause de ses traits, de sa façon de vivre et de ce qu'elle a transmis à ses descendants.

Ce que les livres ne disent pas, c'est de quelle façon le village de Sainte-Thècle a été inauguré. Pour ton information, plusieurs indiens ont choisi de vivre dans le nouveau village, où s'est tout a coup trouvé une église de bâtie sur leur campement d'été, au bord du lac, dans le bois.

Le père de Georgianna, Élie, a été un des fondateurs de ce village, où il a été engagé à titre de maître bûcheron. On lui a donné le choix de soit aller vivre en réserve, soit aider à déboiser pour le nouveau village. Si on lui a donné ce choix, ça devait pas être parce qu'il ressemblait à un blanc...Dans la famille de mon père, plusieurs en ont voulu ( moi y compris) à cet ancêtre de d'avoir fait ce choix. Comme quoi, quand on décide de quoi, c'est vrai que nos décisions ont des répercussions pour les 7 générations suivantes.

Les recensements , que j'ai vu, photocopiés et consultés, disent exactement le résultat de tes recherches. Tout le village est canadien-français, et presque tout le monde est cultivateur. Or, à cette époque, quand le gouvernement fédéral, qui menait les recensements, a décidé quel village était une réserve et quel village ne l'était pas, la règle était que si des blancs ont réussi à s'installer en un lieu, partagé avec des indiens, ce lieu n'était pas déclaré réserve. La raison est que si des blancs ont réussi à s'installer, et que si les indiens qui restent choisissent de rester là aussi, c'est qu'ils acceptent de s'intégrer. Du coup, les recenseurs entraient dans le village, et écrivaient CANADIEN FRANÇAIS sur la première ligne en haut, et descendait des guillemets jusqu'en bas de la page. Retourne voir, justement, la page de recensement que tu cites.

Ce que ma famille paternelle dit, c'est que leurs ancêtres ne se sont pas déclarés de race blanche, ILS ONT ÉTÉ DÉCLARÉS COMME TELS.

À sainte-Thècle, aux tous débuts du village, plusieurs maisons étaient habitées par des indiens, mais comme ils n'habitaient pas une réserve, ILS ONT ÉTÉ ASSIMILÉS dans les recensements. Comment je sais? PArce que ceux qui sont encore vivants dans la famille de mon père m'ont raconté, et m'ont montré leurs souvenirs. Ensuite, parce que je suis allé voir à Sainte-Thècle, où on peut voir des photos d'époque, et j'Ai comparé ces photos avec les miennes. Les mêmes bâtisses, la même boulangerie, mais pas le même monde dessus. Dans l'histoire de Ste-Thècle, celle écrite dans les livres, tous des blancs. DAns la réalité, une bonne gang d'indiens assimilés.



Chère Dominique, allez voir où se trouve le cimetière paroissial à Ste-Thècle. À l'époque, il était dans le bois, au bord du lac. MAintenant, c'est développé. Mais les enfants qui ont enterré leur mère l'ont enterrée en territoire attikamek, et pas huron. LA proximité de Wendake n'a rien à voir. Je sais aussi l'étendue qu'avait le territoire attikamek, pour m'être rendue à Wemontachie, pour connaître leur histoire. L,endroit où se situe l'actuel village de Ste-Thècle était sur leur territoire, et pas en territoire huron. Allez leur demander vous-même.

Maintenant...

Mon arrière grand-mère Jeanne-Yvonne est morte vers 42 ans, de peine. De n'avoir jamais revu les siens suite à son mariage, d'Avoir été arrachée aux lieux de son enfance, aux coutumes, à ses amis... indiens de Restigouche. Ses parents ont été des gens très respectés par les indiens de la région, parce qu'ils ont aidé plusieurs famille à se nourrir , à s'en sortir. Jeanne-Yvonne a été adopté par les mikmakw de la Restigouche, et ses parents, ainsi qu'elle même, reposent dans leur vieux cimetière. Les parents de Jeanne ont choisi de rester toute leur vie auprès des indiens de Restigouche. Ils ont élevé leurs enfants parmi les indiens. Ils ont respecté leur mode de vie, et Jeanne-yvonne a choisi de se marier auprès d'Eux... ÇA parle...

En ce qui a trait à Clarisse Boudreau, mon grand-père, toujours vivant, et ses frères qui sont encore en vie pour en témoigner, ont toujours considéré leur grand-mère comme étant indienne. De par ses traits, ses valeurs, et ce qu'elle a transmis, elle aussi. Vous devriez faire des recherches pour voir que Clarisse est la 6e ou 7e femme d'une lignée indienne mikmakw. Du côté de son père, c'est acadien. Et la lignée Godet est métisse, mikmakw aussi. Cette lignée est d'ailleurs la première que j'ai reçue il y a plusieurs années, faite par une généalogiste de MAniwaki.

Bien tant mieux si un frère de Clarisse a choisi de faire de la politique. Je ne le savais pas, merci de m'en informer. Fort probablement que cette famille-là vivait à l'époque où les garçons étaient instruits, et les filles.. mariées.

En passant, ses descendants l'ont toujours appelée la grand-mère Lepage, parce que personne n'a vraiment connu Ulric Falardeau de son vivant, et qu'ils ont plutôt connu son 2e époux, un gros gars qui aimait vivre dans le bois. Vous n'avez pas mis la main la dessus, dans vos fouilles???

En ce qui a trait à mon propre arrière grand-père, Joseph Prosper, ben oui ... les Falardeau se sont installé en ville avant lui. Mais il a fait lui aussi le choix de rester en ville, et il se ressourçait régulièrement au chalet, qui est encore dans la famille, soit dit en passant. Joseph Prosper était un excellent pêcheur, et il vouait une admiration sans borne à sa mère, qu'il a toujours dit indienne.


Je cite encore Mme Falardeau :

(J'ai eu un bon réflexe en imprimant la page où Mme Falardeau « rendait hommage à ses ancêtres », car celle-ci a été modifiée depuis le 14 juillet 2009)[/quote]




Quel beau réflexe. Mon site est en évolution, en progression. Si j'ai enlevé ces paragraphes, c'est en lien avec une discussion avec un métis de l'Estrie qui partage comme moi le rêve d'un registre métis au Québec. Comme j'ai consacré une page entière à un article sur le registre, en page d'accueil, pour enlever la répétition, j'ai modifié la page où vous êtes allée chercher ce que je dis de tout mes ancêtres, parce que c'était inclus dans encore un passage qui parlait du registre.

Quel bonne décision j'ai eue...

Ça va éviter que d'autres personnes mal intentionnées viennent spolier la mémoire de ma famille et de mes ancêtres.

Vous savez, la tradition orale d'une famille vaut tout autant que ce que les registres ou les recensements ont bien voulu montrer.

Je n'ai pas besoin de mentionner mes sources... ce sont les mêmes que toi, Dominique.

Sauf que tu n'as pas accès à mes parents, mes oncles et mes tantes, ma famille, nos albums photos, nos souvenirs, nos expériences et nos histoires. Quand j'ai fait mon site, avec tout ce que j'ai écrit, en date où tu l'as copié pour faire tes recherches, ma famille, des deux bords,en était très fière.

Tout le temps que tu as passé à faire ces recherches... Pourtant, sur mon site, j'ai aussi une section où c'est écrit COORDONNÉES . Ça aurait été bien plus simple et moins long pour toi de me téléphoner pour me demander mes sources. Je les ai en deux copies : une pour mes dossiers, une pour la société de généalogie...

Si t'as d'autres questions, n'hésite pas à me téléphoner. Ça va me faire plaisir.
Isabelle Kun-Nipiu Falardeau

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