LOUIS RIEL SE CACHE À RIGAUD

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LOUIS RIEL SE CACHE À RIGAUD

Messagepar chune » 2008-02-21, 01:29

Aujourd'hui, il Y maintenant 119 ans que Rigaud a accueilli Louis Riel, les bras ouverts.


«Mon grand-père maternel, Joseph Edmond Durocher a conduit Louis Riel durant sa fuite de Rigaud à Oka. La température était tellement glaciale que Louis Riel, pour se réchauffer, devait à certains moments, courir à l'arrière de la voiture» (1)



Selon l'histoire racontée par Joseph Evariste Quesnel, Louis Riel, chef révolu­tionnaire Métis, citoyen de la Rivière Rouge au Manitoba, devait, afin d'é­chapper à sa capture, passer par Rigaud en route pour Montréal.(a) La tête de Riel était mise à prix et tous ses déplacements devaient être gardés secrets. Après avoir quitté le Parlement fédéral où «dans le livre des visites si­gne Louis Riel, député de Rivière-Rouge, (2) il s'est rendu à Saint-Eugène de Prescott, Ontario, où il a trouvé refuge à l'auberge de M. Hilaire Quesnel.(b) Afin de garder le secret, Hilaire Quesnel qui avait été prévenu de la visite et qui avait accepté d'héberger « le fugitif », a dû faire semblant de retrouver en Louis Riel un cousin qu'il n'avait pas vu depuis une dizaine d'années «Après quelques accolades et questions d'usage, Louis Riel fut introduit dans le logis privé d'Hilaire Quesnel où il passa la nuit ». (3)



Le lendemain, Riel a été accueilli chez M. Rodolphe Mongenais de Rigaud (c) dans son immense de­meure qui était située jadis sur la rue St Pierre.(d) Riel devait y passer la nuit. TI semblerait que la popu­lation de Rigaud était au courant que possiblement Riel serait dans la région suite à une conversation télégraphique entre Ottawa et Montréal captée par Mlle Jo­sephine Charlebois. Comme celle-ci en a parlé à quelques amis, la rumeur de l'imminente visite de Riel a été répandue.



Selon son itinéraire original, Riel devait passer par Hudson et Como pour se rendre à Oka. Cependant, afin d'éviter des problèmes qui auraient pu surgir du côté des Anglais qui étaient antipathiques à sa cause, les plans ont été modifiés durant la nuit. Conséquemment, Louis Riel a été conduit le lendemain à la ferme qui apparte­nait autrefois à Lionel Quesnel située dans le Bas-de-la-rivière. De là, Riel a traversé sur la glace pour se ren­dre à Saint-Placide et, de là, à Oka par le chemin du roi.



Pendant un bon moment, je me demandais pourquoi Riel est passé par Rigaud pour rejoindre la métropole considérant les énormes risques qu'il prenait. Qu'est-ce qui pouvait l'attirer ici? Avait-il des liens de parenté avec les Riel de Rigaud? Est-ce pour cette raison qu'il est venu? Je ne saurai jamais ses motifs exacts. Chose certaine, il entretenait des liens avec des gens de Rigaud « bien placés» ainsi avec ceux des environs.






L'arbre généalogique (4) qui suit démontre qu'effectivement les Riel du Manitoba avait des liens de parenté avec ceux de Rigaud. C'est intéressant de remarquer comment les deux lignées se rejoignent au Manitoba afin de former un cercle symbolique.



Le premier ancêtre des Riel au Canada s'appelait Jean Baptiste.il avait épousé Louise Cottu ou Coutu, à l'ile Dupras, le 21 janvier 1704. Parmi leurs nombreux enfants, il y a eu deux fils qui ont joué un rôle important dans cette histoire. L'un s'appelait Jean Baptiste (fi) et l'autre, Jacques Riel. Jean-Baptiste (II) a épousé Marie Louise Marguerite Frappier, à St Sulpice, le 27 novembre 1730. Leurs descendants sont venus, avec le temps, s'éta­blir à Rigaud. Jacques Riel, de son côté, avait épousé Elisabeth De Ganne, quelques mois auparavant, soit le 18 mai 1730. (5) Louis Riel descend de cette lignée.



Jean-Baptiste Riel (II) ainsi que Jacques Riel auront au moins deux descendants qui laisseront leur marque sur l'histoire du Canada. Ces descendants sont Hyacinthe «Noé» Chevrier et «Louis» David Riel. Les deux sont nés dans les années 1840 et tous les deux sont devenus célèbres, pour des raisons différentes.





Hyacinthe «Noé» Chevrier est né à Rigaud, en 1846. IL est parmi les premiers colonisateurs blancs établis au Manitoba. Son «Blue Store », un commerce au détail, était renommé.(7) En 1909, il a été nommé au Sénat par Sir Wilfrid Laurier pour représenter Winnipeg. D'autre part, Louis Riel est reconnu pour son rôle de révo­lutionnaire dans la défense des droits des Métis de l'ouest Canadien, au grand désarroi du gouvernement cana­dien, formé depuis seulement une quinzaine d'années. Pour ça, Riel a dû payer la note chère, soit de sa vie. Cependant, sa vie, comme sa mort, occupe un rang très important dans l'histoire du Canada. On en parle même de nos jours.




Notes au bas de la page:
a) Joseph Evariste Quesnel, était autrefois un résident de Rigaud.
b) Hilaire Quesnel qui tenait l'Hôtel à St Eugène, Ontario, était le fils d'Amable et Marguerite Rosalie Casildée Bélanger.
c)Rodolphe Mongenais était le fils de Jean Baptiste Mongenais et de sa deuxième épouse, Henriette St. Denis. La maison de Rodol­phe Mongenais était située où est maintenant la rue de la Banque à Rigaud. C'était une immense demeure qui n'existe plus.






Lorraine Auerbach Chevrier




Un vagabond mourait à l'hôpital Bellevue de New York, le 10 janvier 1952, que l'on connaissait sous le nom d'Honore-Joseph Jaxon. Âgé de 90 ans, il avait une réputation de toqué, disait avoir du sang indien dans les veines, se donnait comme champion des Indiens de l'Amérique et autres opprimés. Pendant des années, il avait vécu dans une cabane de planches du Bronx, au bord de la rivière, gagnant sa vie comme gardien d'un immeu­ble. Quand il devint incapable de travailler, Harry Baronian, directeur du Bowery News, lui assura sa subsis­tance. On se rendit compte, après sa mort, qu'il s'agissait de William Henry Jackson, de Prince-Albert en Sas­katchewan, qui avait été lieutenant et secrétaire de Louis Riel. On avait perdu sa trace, depuis les événements tragiques de 1885. Du temps du chef métis, Jackson avait donné des signes de déséquilibre mental, puis il avait disparu. Il fit plus tard une carrière d'organisateur ouvrier et de constructeur, dans la ville de New York où il acquit de la fortune. La débâcle financière de 1929-1930 l'emporta avec tant d'autres, puis il reprit sa place par­mi les miséreux. L'homme était un original, dont la conversation étonnait ceux qui' l'abordaient. Il avait de la formation et de la culture. Né en 1861, il avait fait de brillantes études à l'université de Toronto. C'est lui qui, en 1884, réussit à grouperles métis de langue française et de langue anglaise de l'Ouest. Quand Riel fut arrêté pour trahison, Jackson le fut en même temps. On l'acquitta pour dérangement mental, Riel guère plus sain d'esprit, fut condamné à la potence et exécuté. Cet homme vient de mourir, il y a à peine un an. On le croyait disparu depuis longtemps. Donatien Frémont rappelle son souvenir et sa vie aventureuse, dans un ouvrage inté­ressant sur Les Secrétaires de Riel, qui apporte des clartés nouvelles sur l'histoire des Métis de l'Ouest, sur l'insurrection fomentée pan Riel sur les débats politiques qu'elle entraîna, sur la condamnation du chef et sur ses répercussions à travers le pays.(l)

Outre Jackson, les principaux secrétaires de Riel furent Louis Schmidt et Philippe Garnot d'ascendance fran­çaise. Schmidt, qui ne mourut qu'en 1935, à l'âge de 93 ans et Il mois, naquit le 4 mai 1844, au Vieux Fort du lac Athabaska. Il fut d'abord élevé en pleine nature, comme les indigènes de la région, amené ensuite à St­Boniface, où il commença ses études. Jugé intelligent et capable de s'attaquer aux humanités, Mgr Alexandre Taché l'envoya au Séminaire de St-Hyacinthe, où il arriva en 1858, tandis que Riel entrait chez les Sulpiciens de Montréal. À St-Hyacinthe, celui qu'on appelait le petit sauvage de l'Ouest remportait tous les prix, mais sa santé souffrait du climat de l'est. Il finit par retourner au Manitoba avant d'avoir terminé sa classe de belles­lettres. Pendant dix ans, de seize à vingt-six, il sera une sorte d'auxiliaire laïque auprès de Mgr Taché, déçu dans son espoir d'en faire en chef écouté des siens. Quand Riel constitua son gouvernement provisoire, Schmidt en fut nommé secrétaire. En 1870, aux élections à la première Assemblée législative du Manitoba, il était élu député de St-Boniface en même temps que Marc Girard, chacun dans une circonscription. Il fut l'un des premiers défenseurs du français au Manitoba et un ardent patriote. Renonçant à la politique, Louis Schmidt alla s'établir comme cultivateur à St-Louis de Langevin, sur la rive gauche de la Saskatchewan du Sud, à quel­que vingt milles de Prince-Albert. Il y mourut, après plus d'un demi-siècle.

C'est par hasard, et malgré lui, que Philippe Garnot devint secrétaire du Conseil des Métis, dirigé par Riel. Ca­nadien-français venu de la province de Québec, il tenait en 1885 une maison de pension à Batoche. Il avait étu.,. dié au Collège Bourget de Rigaud, de 1869 à 1873. Un jour, les Métis, sous la direction de Riel, se saisirent des hommes et des armes dans Batoche, et Garnot fut invité à se joindre au mouvement d'insurrection. Il refu­sa pendant trois jOUl1S. A la fin, menacé de la perte de ses biens et de mort, il accepta de devenir secrétaire du Conseil. Il essaya toujours de se dissocier d'avec les chefs métis, disant à qui voulait l'entendre qu'il n'était pas de coeur avec eux, qu'il n'avait rien à faire de leurs ambitions, revendications ou querelles, et il commença à exercer ses fonctions avec le zèle d'un simple fonctionnaire. Il semble que la cause le gagna peu à peu, et que l'on n'eut pas à se plaindre de son travail. Il protesta jusqu'à la fin de l'obligation où il avait été réduit de se IL fut quand même arrêté comme rebelle et condamné à sept ans de pénitencier, pour «trahison-félonie». Plus tard, Garnot vendit son établissement de Batoche, se transporta à Duck Lake, puis, à Moon Hills, plus au nord, finit par prendre fait et cause pour les Métis, mais par des voies pacifiques, avec Schmidt, le député Macdowall et d'autres. Sur la fin de sa.vie, il était devenu ivrogne et «boot-leggen> de profession. IL mourut en juin 1916, âgé de 57 ans, dans l'anonymat.

Bibliographie: André Séguin
http://archiemalti.blogspot.com/
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