Enseigner à Kanesatake - Le big-bang autochtone n'a rien à v

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Enseigner à Kanesatake - Le big-bang autochtone n'a rien à v

Messagepar Saguingoira » 2008-10-26, 06:18

Enseigner à Kanesatake - Le big-bang autochtone n'a rien à voir avec l'autre...

La Renaissance s'ouvre sur ces premiers colons qui arrivent

Durant une dizaine d'années, les élèves mohawks du Centre d'éducation Ratihente, de Kanesatake, ont appris l'histoire telle que vécue par leurs propres ancêtres. Un enseignant leur a montré le passé vu sous l'angle de ceux qui ont peuplé le territoire d'Amérique bien avant l'arrivée des Anglais et des Français.

Michael Rice enseigne cette année le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse à la L. T. M. High School de Deux-Montagnes, une école secondaire de la commission scolaire Sir-

Wilfrid-Laurier qui reçoit environ 750 élèves. Comme il le mentionne, c'est un énorme contraste avec son expérience précédente, lors de laquelle il a transmis pendant dix ans son savoir sur l'histoire des peuples autochtones, dans une école secondaire accueillant une cinquantaine de jeunes Mohawks: «Là où j'étais auparavant à Kanesatake, on enseignait l'histoire de la province et la géographie, mais on avait aussi inséré un programme d'études autochtones sur l'histoire locale, celle de la nation mohawke.»

Il résume le contenu du cours: «On donnait aux élèves trois points de vue, celui des francophones, des anglophones et celui de la vision du monde par les Mohawks. Voilà ce que j'ai fait pendant dix ans, mais maintenant que je suis ici, je n'ai pas encore eu la chance d'enseigner l'histoire autochtone; dans le nouveau programme d'éthique et de culture religieuse, on va sûrement en discuter et exprimer cette réalité.» En attendant, il se tourne vers son passé d'enseignant à Kanesatake.

Une version bien différente

M. Rice rapporte que les élèves apprenaient en tout premier lieu l'histoire de la création du monde et la façon dont le peuple mohawk s'est inscrit dans ce processus. Le big-bang autochtone n'a rien à voir avec l'autre et relève d'un étroit contact avec la nature: «Au tout début, il y avait le "Sky World", ou le monde du ciel, d'où une dame est tombée dans un trou d'une grande noirceur jusqu'au milieu d'un vaste plan d'eau, sans terre ni continent; à cet endroit, elle a été sauvée par les oies; les oies et les canards ont parlé à d'autres mammifères dans l'eau, soit avec une grande tortue, avec des castors et avec des rats musqués, au sujet du sort réservé à la dame. Qu'est-ce qu'ils ont dit? Ils se sont demandé quoi faire avec cet être féminin, parce qu'ils ne possédaient même pas les mots pour désigner une femme. C'est alors que le rat musqué, la loutre et le castor ont dit qu'ils avaient entendu leurs grands-parents affirmer qu'il y a un sol tout au fond de ce grand plan d'eau. Ils ont décidé chacun son tour de plonger pour atteindre ce sol.»

L'histoire ne s'arrête pas là: «Auparavant, la dame avait dit aux animaux que, en tentant d'arrêter sa chute, elle avait réussi à s'agripper à un arbre énorme situé dans le trou, dont elle avait arraché quelques racines; il était donc possible pour elle de créer un nouveau monde si elle pouvait trouver un peu de sol pour y mélanger ces racines.»

Voilà donc comment se ra-conte la création du monde en 1re secondaire.

Les relations entre autochtones et Européens

M. Rice décrit les autres sujets abordés par la suite en 1re secondaire: «On parle de la création de la Confédération des Iroquois, dont le fondateur fut Dekanawida, chef huron, qui a également été le peacemaker [pacificateur] de la Grande Paix entre les nations; on explique en même temps l'histoire de la Ligue des Iroquois. On explique aussi le système du clan et les rapports entretenus par les Mohawks avec les autres nations.»

Voilà à quoi ressemblait le programme en 2e et 3e secondaire: «On aborde plus en profondeur la création du monde et la fondation de la Ligue des Iroquois. Par la suite, on commence à décrire la période de la Renaissance avec les contacts avec les premiers colons, avec les Anglais, avec les Hollandais et avec les Français; les relations débutent alors avec la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre. En empruntant cette voie, les jeunes commencent à apprendre l'histoire des précontacts et la période des contacts plus étroits avec les gens venus d'un autre continent.»

Les Premières Nations ne partagent pas nécessairement la vision des blancs au sujet de ces échanges: «Oh non! Ça montre le point de vue des autochtones, comment ils ont perçu les Anglais et les Français, ce qu'étaient les relations qui n'étaient ni négatives ni positives. On vivait dans une période de fluctuation durant laquelle des échanges ont eu lieu, et, en d'autres moments, il y avait du mécontentement à cause de l'incompréhension émanant des difficultés à se comprendre dans trois langues différentes. Il y avait également les obstacles inhérents aux différentes croyances: se trouvaient en présence les catholiques francophones, les protestants anglophones et les autochtones avec leur propre spiritualité.»

Une bonne préparation

Une pareille démarche tentait de montrer aux jeunes les causes ou les sources du mécontentement de chacune des parties, pour qu'ils possèdent une meilleure compréhension globale de l'histoire, ce qui s'est avéré profitable pour les élèves de 4e secondaire, comme le laisse savoir l'enseignant: «À Kanesatake, ils ont très bien réussi le cours d'histoire obligatoire 414 parce qu'ils possédaient déjà une bonne connaissance de notre façon de vivre avant l'arrivée des blancs. Nous, on a ajouté, pour enrichir ce cours, l'histoire contemporaine des autochtones à la période où il est question de l'histoire de la Nouvelle-France, de la Nouvelle-Angleterre, du Québec et du Canada. On explique les réalités d'aujourd'hui.»

Michael Rice aborde d'autres aspects de la formation à saveur plus culturelle: «Durant les trois premières années du secondaire, ils ont suivi un cours sur la langue mohawke et sur les beaux-arts autochtones. Malheureusement, le programme était trop chargé en 4e secondaire pour continuer cet enseignement, mais ils ont repris ces apprentissages en 5e secondaire.» Les jeunes ont été encouragés à pousser plus loin leur incursion dans la vie ancestrale toujours vivante de leur peuple: «On les a invités à le faire dans des activités parascolaires et à aller dans les maisons longues au moment où se déroulent les cérémonies traditionnelles pour partager des échanges de croyances.»

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source : http://www.ledevoir.com/2008/10/18/211050.html
Saguingoira
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