Éducation des Autochtones

Ai-je droit à des subventions ou aides?

Éducation des Autochtones

Messagepar Saguingoira » 2008-10-26, 06:09

Chez la plupart des INDIENS et des INUITS, l'éducation traditionnelle se fait par l'observation et la pratique, par l'adaptation à la famille et au groupe, par les enseignements des traditions orales et par la participation aux institutions et aux cérémonies tribales. Ces méthodes permettent aux enfants d'acquérir les valeurs, les compétences et les connaissances jugées nécessaires à la vie d'adulte. Cette forme d'éducation persiste encore aujourd'hui, mais, pour de nombreux autochtones, son importance est éclipsée au cours des 350 dernières années par l'implantation du style d'éducation euro-américain centré sur l'école.

Ce mode formel d'éducation à l'européenne des enfants autochtones commence en Nouvelle-France au début du XVIIe siècle dans des écoles de missionnaires dirigées par des communautés religieuses telles que les récollets, les jésuites et les ursulines. Ces écoles consacrent la participation prédominante de l'Église à l'éducation des autochtones jusqu'après la Deuxième Guerre mondiale. Les objectifs premiers de ces écoles de missionnaires sont de « civiliser » et de christianiser les autochtones. À la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, diverses Églises protestantes commencent aussi à jouer un rôle actif dans l'éducation des enfants autochtones à l'intérieur de ce qui constitue aujourd'hui le Canada. De 1763 à 1830, le gouvernement impérial utilise l'armée pour traiter des « affaires indiennes », et on prend peu de dispositions ayant trait à l'éducation des autochtones. Après 1830, au moment où l'administration est confiée au Secrétaire d'État aux colonies, on alloue quelques sommes d'argent à l'éducation sous forme de dons aux organismes religieux. Ce financement permet la construction d'écoles dans certaines réserves. À la même époque, diverses colonies commencent à consacrer des ressources, toutefois limitées, à l'éducation des bandes vivant à l'intérieur de leurs frontières.
À partir des années 1830, les Églises, surtout de confession catholique et anglicane, en collaboration avec les gouvernements coloniaux et, plus tard, avec le gouvernement fédéral, commencent à créer des pensionnats destinés aux autochtones. En 1900, le Canada compte déjà 64 pensionnats. Pourvues d'enseignants missionnaires qui dispensent une formation professionnelle, manuelle et religieuse, ces écoles sont considérées comme le système idéal pour éduquer les autochtones parce qu'elles soustraient les enfants aux influences du mode de vie familial traditionnel. Elles servent de complément à la politique prédominante d'assimilation des autochtones à la société des Blancs. Les parents autochtones jugent ces pensionnats comme un mal nécessaire. Nécessaire parce que beaucoup d'autochtones perçoivent le christianisme comme une force nouvelle et positive dans leurs vies ou parce qu'ils reconnaissent avoir besoin des compétences des Européens. Cependant, ils voient ces écoles comme un mal, aussi, parce qu'elles rompent les liens qui unissent les enfants à leur foyer et à leur famille. La plupart des autochtones trouvent dur et cruel le régime de vie en vigueur dans ces pensionnats : toute désobéissance vaut aux enfants une punition corporelle, et la majorité des enseignants interdisent l'utilisation des langues autochtones et rendent les enfants honteux de leur identité. Les témoignages d'Indiens ayant subi des agressions sexuelles dans les pensionnats sont de plus en plus nombreux.

Après 1867, l'éducation dispensée aux autochtones se divise en deux catégories : l'éducation des jeunes Indiens inscrits relève de la compétence fédérale en vertu de la Constitution et des traités. Celle des Indiens non inscrits, des Inuits et des MÉTIS incombe aux provinces et aux territoires. En 1900, on compte 226 externats subventionnés par le fédéral dans les RÉSERVES INDIENNES. La plupart des professeurs sont des missionnaires et le programme comporte une forte proportion d'enseignement religieux. À partir des années 30, les programmes commencent à s'inspirer davantage de ceux des écoles provinciales des Blancs.

Les statistiques de 1940 révèlent que très peu d'enfants indiens inscrits profitent de cet enseignement formel. De nombreux enfants doublent trois ou quatre classes au niveau primaire et seulement une faible proportion d'entre eux terminent le primaire et passent au secondaire. Au cours des années 40, le gouvernement fédéral, en collaboration avec les autorités provinciales responsables de l'éducation, instaure une politique d'intégration : désormais, une aide fédérale permettra aux étudiants indiens de poursuivre leurs études dans des écoles primaires et secondaires provinciales. En retirant les élèves autochtones des externats inadéquatement pourvus de personnel enseignant, mal équipés et d'orientation exagérément religieuse, on entend accélérer leur assimilation et améliorer leurs résultats scolaires. L'inscription dans les écoles provinciales progresse rapidement, si bien qu'en 1960 près de 10 000 étudiants indiens fréquentent des écoles provinciales à l'extérieur des réserves.

Les nombreux problèmes qui affectent le programme poussent les parents autochtones et les dirigeants politiques à le réévaluer. Malgré leur compétence supérieure, les professeurs du système provincial ne reçoivent pas la formation spécialisée nécessaire pour enseigner aux élèves autochtones. Les parents critiquent le transfert de leurs enfants dans des pensions de famille, souvent situées à plusieurs centaines de kilomètres de la maison familiale, ainsi que le transport quotidien par autobus des élèves vers les écoles provinciales. La plupart des élèves autochtones ont de piètres résultats scolaires : en 1967, sur une population de quelque 60 000 étudiants autochtones, seulement 200 d'entre eux sont inscrits dans des universités canadiennes.

En 1972, la Fraternité des Indiens du Canada produit une déclaration de principe sur l'éducation des autochtones intitulée La maîtrise indienne de l'éducation indienne, que le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien (MAINC) adopte subséquemment comme politique fédérale. Le document insiste sur l'importance du contrôle communautaire pour améliorer l'éducation, sur le besoin d'un plus grand nombre d'enseignants autochtones, de programmes scolaires et de matériel d'enseignement adéquats dans les écoles autochtones et sur l'importance de l'enseignement de la langue et des valeurs autochtones dans l'éducation de ces jeunes. Depuis la présentation de ce document, plusieurs changements surviennent. Dès 1983, plus de 200 écoles à l'intérieur des réserves sont dirigées entièrement ou en partie par les conseils de bande. Plus de 80 écoles de réserve offrent des cours en langue autochtone, et 38 p. 100 des jeunes autochtones fréquentant l'école reçoivent des cours de langue sous une forme ou sous une autre. En Ontario, au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta, en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, des universités élaborent plusieurs programmes de formation pour accroître le nombre d'enseignants autochtones.

En 1976, en conséquence de la CONVENTION DE LA BAIE JAMES ET DU NORD QUÉBÉCOIS, on crée le plus grand conseil scolaire autochtone du Canada, la Commission scolaire crie. Bien que l'éducation des Indiens inscrits dans les réserves relève de la compétence fédérale (article 91 de la Loi constitutionnelle), la Commission scolaire crie relève de l'autorité du ministère de l'Éducation du Québec (article 93 de la Loi constitutionnelle). La Trent University, à Peterborough, est la première université canadienne à créer un programme d'études autochtones et, depuis 1969, des programmes semblables sont créés dans toutes les provinces, sauf la Nouvelle-Écosse et le Québec. Le SASKATCHEWAN INDIAN FEDERATED COLLEGE, qui est affilié à l'U. de Regina, est la première institution canadienne d'enseignement postsecondaire conférant des diplômes universitaires dirigée par des Indiens. Plus de 20 collèges communautaires autochtones au Canada offrent une gamme de programmes d'enseignement postsecondaire, parfois conjointement avec des universités ou des collèges à charte provinciale. En 1995, le Canada comptait environ 25 000 Indiens inscrits poursuivant des études postsecondaires.

Bien que certains Inuits aient bénéficié de l'éducation des écoles missionnaires au Labrador dès les années 1790, l'éducation formelle des Inuits n'est dispensée sur une échelle nationale qu'à partir des années 1950 avec la construction d'écoles élémentaires et de pensionnats dans les principaux villages de l'Arctique. La diminution du nombre de pensionnats de l'Arctique suit celle des pensionnats pour les Indiens et incite le gouvernement fédéral à entreprendre, en 1970, un programme de construction d'écoles dans la plupart des villages inuits. Les cours destinés aux Inuits, contrairement à ceux dispensés dans les écoles pour Indiens et autres autochtones, sont donnés dans la langue des Inuits, l'inuktitut, dans presque toutes les classes du niveau primaire. Malgré cette innovation pédagogique, l'éducation en milieu inuit se bute à des problèmes semblables à ceux que connaissent les autres étudiants autochtones.

On ne dispose pas de statistiques relatives aux étudiants métis et indiens non inscrits, mais les études démontrent généralement que, en raison de leurs piètres conditions socio-économiques et de l'absence de toute participation provinciale ou fédérale à leur éducation, ils connaissent le même sort que les autres autochtones dans leur tentative de recevoir une éducation formelle.

Pour que les autochtones puissent profiter de leur éducation formelle, plusieurs changements s'imposent. Les bandes indiennes, par le biais des responsables de l'éducation au niveau local ou régional, doivent disposer de plus d'autorité sur le plan des politiques, des budgets, de l'embauche des professeurs et des programmes d'éducation. L'Assemblée des chefs du Manitoba est en tête dans la prise de contrôle complète de l'éducation des Indiens relevant de la compétence fédérale. Le matériel d'enseignement et les programmes doivent intégrer et renforcer la culture et les valeurs acquises par les jeunes autochtones dans leur famille. Aux niveaux local et urbain, le système d'éducation doit offrir un plus grand choix de programmes de formation technique et professionnelle. Il faut éduquer les enfants du niveau primaire dans la langue parlée dans la famille et la communauté, particulièrement dans les régions où la langue autochtone est menacée d'extinction (voir AUTOCHTONES, LANGUES DES). L'expérience démontre clairement que les efforts visant l'aliénation culturelle des autochtones ne favorisent pas leur apprentissage dans le système d'enseignement officiel.

Auteur HARVEY MCCUE

Source : http://www.thecanadianencyclopedia.com/ ... RTF0005646
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