Droits à l’identité: Inuits, Indiens et Métis au Québec

Quels sont les droits des autochtones?

Droits à l’identité: Inuits, Indiens et Métis au Québec

Messagepar Abitawis » 2013-05-15, 11:38

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Kwé

Les nouvelles données de l'Enquête nationale de 2011 auprès des ménages (ENM) de Statistiques Canada révèlent que 1 400 685 personnes avaient une identité autochtone, soit 4,3 % de la population totale canadienne de 32.5 millions. Pour comparaisons, les Autochtones représentaient 3,8 % de la population dénombrée lors du Recensement de 2006, 3,3 % lors du Recensement de 2001 et 2,8 % au moment du Recensement de 1996.
(Source : http://www12.statcan.gc.ca/nhs-enm/2011 ... fra.cfm#a4 )

Comme Autochtones, nous sommes répartis comme suit :

Inuits

En 2011 au Canada, 59 445 personnes ont déclaré être des Inuits, soit 4,2 % de la population autochtone totale et 0,2 % de l'ensemble de la population canadienne.

De ce nombre, 10 750 Inuits vivaient au Nunavik dans le nord du Québec, ce qui représentait 18,1 % de la population Inuite totale. Les Inuits vivant au Nunavik représentaient 89,1 % de l'ensemble de la population de cette région. Aucune mention n’a été faite du nombre d’Inuits dit «Bénéficiaires» et «Non-Bénéficiaires».

Premières Nations

En 2011, il y avait au Canada 851,560 personnes des Premières Nations soit 60.8% de la population Autochtone totale. De ce nombre, 637 660 personnes ont déclaré être des Indiens inscrits, ce qui représentait 74,9 % de l'ensemble des Premières Nations soit 45,5 % de la population autochtone totale et 1,9 % de l'ensemble de la population canadienne. La balance de 213 900, soit le quart des personnes des Premières Nations, étaient des Indiens Non-Inscrits, ce qui représentait 15,3 % de la population autochtone totale et moins de 1 % de l'ensemble de la population canadienne.

Au Québec, un total de 82,425 personnes se sont identifiés comme étant des Premières Nations dont 52,645 sont des Indiens dits « Inscrits » et 29,775 des Indiens « Non-Inscrits ».

Métis

Quant aux Métis en 2011, un total de 451 795 personnes se sont déclaré être des Métis, soit 32,3 % de la population autochtone totale et 1,4 % de l'ensemble de la population canadienne.

Quoique la grande majorité d’entre eux, soit 383,573 ou 84,9 % du total vivaient dans les provinces de l'Ouest ou en Ontario, environ 41 000 Métis soit 9.1% vivaient au Québec, 5,1 % dans les provinces de l'Atlantique et environ 1% dans les territoires.

Malheureusement malgré le jugement Daniels de la Cour Supérieure Fédérale du 2013-01-08 dernier qui a décrété que les Indiens Non-Inscrits et les Métis sont bel et bien des Autochtones soit des « Indiens » en conformité avec l’Article 35 de la Constitution du Canada, les gouvernements du Canada et des provinces incluant celui du Québec persistent toujours à nier l’existence, l’identité et les droits Autochtone des Inuits dits «Non-Bénéficiaires», des Indiens dits « Non-Inscrits » et des Métis dits « Non-Powley » et ne les reconnaissent pas légalement comme étant des Autochtones au sens de la Constitution du Canada…..

En particulier, le Gouvernement du Québec a comme politique d’ignorer complètement les Inuits dits «Non-Bénéficiaires» et les 29 775 Indiens dits « Non-Inscrits» sur le territoire du Québec. Quant aux Métis, au nombre d’au moins 41,000 au Québec en 2011 selon Statistiques Canada, ils n’existent même pas !

En effet, selon les dires du Gouvernement du Québec, elle pretend ne pas possèder aucune donnée lui permettant d’affirmer que les personnes d’ascendance mixte, indienne et européenne, présentes sur son territoire, satisfont aux critères établis par la Cour suprême du Canada et peuvent être considérées comme des Métis au sens du paragraphe 35 (2) de la Loi constitutionnelle de 1982.
(Voir : http://www.autochtones.gouv.qc.ca/natio ... _note.html )

Cette discrimination et cette négation éhontées continues de nos identités et de notre existence comme Autochtones de la part des gouvernements et de leurs acolytes pour des raisons purement économiques et politiques ont détruit et continuent de détruire nos familles, nos communautés et nos peuples. Elles font partie depuis longtemps d’une stratégie d’assimilation ethnocidaire perfide et sournoise de touts les Autochtones de ce pays de la part des Gouvernements coloniaux.

Elles sont contraires au jugement Daniels récent, à la Constitution du Canada, aux divers traités signés, à la déclaration des Nations Unies sur les peuples Autochtones, au droit fondamental d’un être humain à son identité et celle de sa communauté et, enfin, au simple bon sens….

Qui ne dit rien devant de telles injustices, acquiesce….
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Re: Droits à l’identité: Inuits, Indiens et Métis au Québec

Messagepar lumière » 2013-05-18, 21:28

Statistiques intéressantes et elles sont fiables, je crois.

Premièrement, je vais commenter sur ces statistiques:

1-Je constate que la population Autochtone augmente au Canada,bonne nouvelle ,ça facilitera la ratification de plusieurs traités.

2-Les Inuits ne forment que 0.2% de la population Canadienne et ils possèdent le gigantesque territoire du Nunavut ,territoire avec autonomie gouvernementale.Ils sont de bons modèles a suivre pour les Métis et les Amérindiens. :D

3-Quelle est la différence entre Inuits bénéficiaires et les non bénéficiaires?


Deuxièmement,parlons des Métis :

1-Je constate que les Métis sont plus nombreux que je le pensais.

2-Est-ce que certains Amérindiens a l'intérieur des réserves se considèrent Métis?Je sais qu'a Odanak ,beaucoup d'Abénakis ont du sang Blanc!

3-Je considère qu'il est important de mettre a la disposition des Métis du Canada, des territoires avec autonomie gouvernementale.

4- Il est aussi important de promouvoir la culture Métis et la langue Michif.
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Re: Droits à l’identité: Inuits, Indiens et Métis au Québec

Messagepar MarcoDavi » 2013-05-20, 16:02

Bonjour,

2-Les Inuits ne forment que 0.2% de la population Canadienne et ils possèdent le gigantesque territoire du Nunavut ,territoire avec autonomie gouvernementale.Ils sont de bons modèles a suivre pour les Métis et les Amérindiens. :D



Petite correction: les Inuit du Nunavut forment 0.1% de la population canadienne.

Comme vous dites, "ils possèdent le gigantesque territoire du Nunavut".
J'espère sincèrement que l'exemple du Nunavut ne sera jamais suivi ici au Québec pour les Autochtones.
Et ce, pour plusieurs raisons.

Premièrement, la densité de population du Nunavut est de 0.02 habitants/km^2. Vous ne trouvez pas que c'est exagéré? Cela paraît du moins injuste pour le reste de la population vivant au Canada. Le Canada ayant en effet une densité de population de 3.5 h/km^2; celle du Québec étant de 4.84h/km^2.

Or, si l'on appliquait la même formule (taux d'occupation du territoire) au Québec, tout le reste de la population, dont les MÉTIS, serait victime de tout un cas d'injustice.
En fait, il faudrait expulser tous les Métis et les Québécois non-autochtones hors du territoire.
En effet, considérant que:
- la population autochtone reconnue par les gouvernements, est, au Québec, inférieure à 90 000 personnes;
- la superficie du territoire québécois étant de 1 677 000 km2;
- et suivant la densité de population du Nunavut qui est de 0.02 habitants/km^2.....
....on en arrive à un territoire autochtone québécois de 4 350 000km2, ce qui est en fait 2.6 fois la superficie du territoire québécois actuel.
Bref, cela n'a aucun sens.

Le territoire du Nunavut est, pour l'instant, un territoire peu habitable pour le commun des mortels. Ledit territoire peut bien s'appeler "Nunavut", cela ne change rien aux prérogatives essentielles du fédéral sur ce territoire.

Mais, le même principe, appliqué au Québec, serait une injustice pour tous.
Dans quelconque éventualité d'un territoire autochtone, qu'est-ce qui justifierait en droit que la densité de son occupation soit supérieure à celle de l'ensemble du Québec, qui est de 4.84h/km^2?

Deuxièmement et parallèlement: dans tout ce qui se réfère à la notion juridique et politique de "territoire", les Métis sont totalement exclus. En d'autres termes, une éventuelle émule d'un Nunavut au Québec ne s'adresserait en rien aux Métis, mais bien aux "Indiens" selon la Loi sur les Indiens. Ne croyez pas qu'un seul "Indien" veuille partager quelque territoire que ce soit avec les Métis, qu'ils ne reconnaissent même pas eux-mêmes. Autrement dit, une éventuelle avancée des "Indiens" en ce qui concerne le territoire, ne signifierait rien de concret pour les Métis. Pire, vous verriez comme jamais les "Indiens" mener une bataille politique voire juridique contre les Métis.

Ceci étant dit, cela ne veut pas dire que les Métis doivent renoncer à quelque ambition politique ou juridique du territoire. Mais tout est dans la façon d'analyser et de planifier la chose, l'exemple du Nunavut étant sans intérêt pour les Métis.

Troisièmement, vous parlez d'"autonomie gouvernementale" en faisant référence au Nunavut.
Peut-être ma connaissance du Nunavut est-elle trop limitée, mais je ne vois pas vraiment à quelle autonomie on fait allusion.
Pour l'instant, le Nunavut dépend entièrement du fédéral, et paraît davantage être une grosse coquille vide, hormis un certain début de cohésion sociale puis politique que cela peut engendrer.
L'autonomie future du Nunavut dépendra du Nunavut lui-même, et non du fédéral. Tel cela fut le cas avec le Québec, et tel cela sera le cas avec tous les Autochtones.

2-Est-ce que certains Amérindiens a l'intérieur des réserves se considèrent Métis?Je sais qu'a Odanak ,beaucoup d'Abénakis ont du sang Blanc!


Je connais aucun Amérindien, surtout à l'intérieur d'une réserve....qui se dise "Métis".
Et c'est là un problème, du moins pour nous Métis.
Comme dit précédemment, les "Indiens" rejettent généralement les Métis, principalement sur les plans politique et juridique.
Quel intérêt pour les Indiens de reconnaître les Métis?
Ils nous perçoivent plutôt comme une menace, menace avec laquelle ils auraient éventuellement à partager leur part du "gâteau".

Vous avez raison de dire qu'à Odanak, entre autres, les Abénakis ont du sang blanc.
En fait, en ce qui concerne certains territoires et réserves, dont Odanak, Wolinak, Wendake, etc., on pourrait changer la phrase pour: "beaucoup d'entre eux ont du sang amérindien". Ils sont génétiquement TOUS des métis à ce que je sache, avec de fortes proportions de "sang blanc" et non amérindien.
Max Gros Louis, à titre d'exemple, est génétiquement un blanc ayant du sang amérindien. Je respecte toutefois son sentiment d'appartenance aux Wendats et à la société amérindienne. Par contre, lorsqu'il blâme l'arrivée des Européens, il tombe dans le ridicule et le non-sens, car lui-même est de descendance européenne et n'aurait pas vu le jour sans cette arrivée. Et lorsqu'il s'en prend aux Métis, il tombe encore plus creux dans le ridicule et le non-sens. Mais bon...
Donc plusieurs qui s'objectent aux Métis en se réclamant "Amérindiens", sont génétiquement moins Amérindiens que bien des Métis. C'est pour cette raison, entre autres, que toute la dynamique autochtone au Québec est une grande farce, une genre de comédie musicale sur laquelle tous les politiciens dansent comme des guignols.
Et tant que nous ne ferons pas le ménage dans toute cette grande farce, nous ne pourrons avancer de façon concrète.

Je considère qu'il est important de mettre a la disposition des Métis du Canada, des territoires avec autonomie gouvernementale.


Nous ne sommes pas prêts. Nous n'avons aucune économie métisse, aucune institution qui vaille, aucune structure politique consolidée et cohérente, nous n'avons rien. Que des pseudo-leaders qui, par mimétisme, ne voient le salut des Métis que par la mendicité à l'Amérindienne. Mendicité qui depuis des décennies n'a aucunement fait ses preuves, n'ayant jamais fait avancer les Amérindiens, sinon que les ayant fait reculer.

Pour résumer, la réalité des Métis du Québec doit être abordée selon une perspective purement québécoise.
Pour l'instant, nous n'avons aucun alliée efficient.
Notre réalité et notre combat sont distincts, ce qui n'est pas compris encore.
À ce titre, où sont nos leaders sur l'échiquier de la politique québécoise? Depuis des décennies l'on parle de souveraineté du Québec, l'un des territoires les plus riches au monde. Nos leaders politiques rencontrent-ils les chefs des partis politiques? Les Métis du Québec négocient-ils avec les partis politiques avant les élections? Rien, nothing. Nous sommes pourtant dans un moment de l'histoire où les Métis plus que jamais devraient négocier directement avec les partis politiques québécois, et orienter leur appui politique en fonction de la place et de la compréhension que leur réservent les partis.

C'est quand même étrange que la seule stratégie politique autochtone et surtout des Métis, ne s'en remette qu'au juridique laissant la politique de côté. C'est étrange et vraiment unique au monde. Mais c'est puéril, et surtout désorganisant, ramollissant, car pendant que l'on demande à des juristes en robe noire de statuer si nous sommes ou ne sommes pas, nous oublions de nous organiser en tant que société. Pourtant, si nous étions organisés politiquement et économiquement, tout le reste viendrait naturellement.
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Re: Droits à l’identité: Inuits, Indiens et Métis au Québec

Messagepar lumière » 2013-05-20, 19:38

Je persiste a dire que le Nunavut est un bon modèle pour les Amérindiens et les Métis.C'est vrai que le territoire du Nunavut est gigantesque mais il faut mettre les choses en perspective.Premièrement,peu de Blancs veulent aller vivre au Nunavut .Et deuxièmement,les Inuits ont besoin de ce vaste territoire pour chasser le caribou.Ce n'est pas quelques mètres carrés qui suffisent pour la chasse au caribous,les caribous se déplacent sur de longues distances.C'est certain que les Inuits du Québec doivent prendre le Nunavut en exemple.


Pour ce qui est des Métis,en lisant vos propos éclairants cher Marco Davi,je constate que la situation est compliquée.Il est vrai que les Métis n'ont pas de pouvoir politique ni économique.Avez-vous pensez a ouvrir un forum de discussion pour Métis du Québec ou du Canada sur internet? Ce serait un bon départ...
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Re: Droits à l’identité: Inuits, Indiens et Métis au Québec

Messagepar MarcoDavi » 2013-05-21, 04:49

Et deuxièmement,les Inuits ont besoin de ce vaste territoire pour chasser le caribou.Ce n'est pas quelques mètres carrés qui suffisent pour la chasse au caribous,les caribous se déplacent sur de longues distances.


Oui mais nul besoin d'avoir un territoire "politique" exclusif pour chasser. La chasse peut être tributaire que d'un permis de chasse (ou d'une spécificité quelconque dans la loi) et d'un accès permanent aux terres...ce que les terres de la couronne garantissent en principe.
De toutes façons, géopolitiquement parlant, le Nunavut est une coquille vide. Le Nord devient de plus en plus stratégique, entre autres militairement et au niveau du flux maritime. Le fédéral ne va pas se retirer de ses prérogatives stratégiques.
Toutefois, je suis bien content pour les Inuit du Nunavut si le concept de "Nunavut" les aide socialement, culturellement puis politiquement.
Mais puisque vous parlez de territoire de chasse, je vois difficilement comment les Métis du Québec pourraient réclamer un grand territoire de chasse qui leur soit exclusif.
Oui pour une permis spécial pour Métis, de chasse et de pêche de subsistance, avec certes des territoires, mais loin de l'exemple du Nunavut qui ne serait pas applicable au Québec.

Il est vrai que les Métis n'ont pas de pouvoir politique ni économique.Avez-vous pensez a ouvrir un forum de discussion pour Métis du Québec ou du Canada sur internet?


Au niveau de l'action politique contemporaine, je ne me sens pas particulièrement concerné par les Métis de l'Ouest. La raison étant....qu'eux mêmes en ont peu à faire des Métis du Québec, qu'ils reconnaissent peu ou pas.
Ceci dit, certains de nos frères et soeurs métis du Québec ont établi des ponts avec certains d'entre eux, principalement avec les Métis francophones de l'Ouest. Ce que je salue évidemment. Toutefois, tant qu'il n'y a pas d'arrimage entre les combats de ceux de l'Ouest vs ceux du Québec, je ne vois pas où cela peut nous mener politiquement de manière concrète, autrement que sur le plan culturel et social.

Quant à un forum de discussion, le présent forum était très actif et très animé il y a plusieurs années.
Malheureusement, pour une raison que j'ignore, presque tous ont déserté.

À mon humble avis, l'avenir des Métis (comme celui de tous les Autochtones), passe par la mise en place d'une économie métisse et par le développement d'institutions structurées et solides. Exactement comme l'a fait le Québec. Et cela ne peut se faire que par nous-mêmes, sans attendre la sainte bénédiction d'Ottawa ou de la Cour Suprême.
En fait, il vaut mieux faire TOUT par nous-mêmes: c'est la seule façon de se développer de manière sérieuse, et surtout indépendante.
À plus grande échelle, Hydro-Québec (post-1960) est le meilleur exemple de ce principe de développement politico-économique autonome.

À l'heure actuelle, le peu des institutions que nous avons sont douteuses, voire boiteuses.
Certains regroupements métis ont déjà reçu des subventions et d'autres vont en recevoir.
Mais où va et ira cet argent?...si nous n'avons aucune structure politique et démocratique?
Quelle est la crédibilité des administrateurs et des institutions pour recevoir et gérer cet argent?
Quels mécanismes de veto? de transparence? de régulation? de vérification?
Quels mécanismes d'orientation politique?
RIEN.

Au niveau de notre organisation politique, nous sommes comme un enfant de 5 ans.
À quoi bon donner 1 million$ à un enfant de 5 ans?
L'utilisation qu'il en fera sera douteuse. La protection et la bonne gestion de cet argent tout autant.
Et surtout, c'est la meilleure façon pour le pourrir et qu'il ne devienne jamais réellement mature.

Bref, ÉCONOMIE métisse, et INSTITUTIONS métisses qui nous sont propres.
C'est la seule façon réaliste de faire.
Dès lors, tout le reste viendra naturellement, sans que nous n'ayons à suivre le sentier de la mendicité économique et juridique.
Mais en attendant, parler d'autonomie alors que nous avons 0% d'autonomie économique et 0.001% d'autonomie institutionnelle...c'est contre-productif.
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Re: Droits à l’identité: Inuits, Indiens et Métis au Québec

Messagepar Abitawis » 2013-05-21, 11:59

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Kwé

Premièrement

Une mise au point s’impose concernant les Inuits du Canada et en particulier la fausse idée répandu par certains sur ce site que le Nunavut en entier leur appartient. Rien n’est plus faux.

Quoique les 59,000 Inuits du Canada ne forment qu’un seul peuple, ils ont été divisés très tôt par les Gouvernements en quatre (4) régions distinctes soit l’Inuvialuit (i.e. Territoires du Nord Ouest), le Nunavut (i.e. le Grand Nord Arctique), le Nunavik (i.e. Nord du Québec) et le Nunatsiavut (i.e. Nord du Labrador). . En tout, il y a 53 communautés sur ce grand territoire qui pour eux est le Nunangat Inuit.

Depuis 1971, ils sont représentés au niveau politique par l’Inuit Tapiriit Kanatami. (Voir : https://www.itk.ca/)

Les Gouvernements du Canada, des provinces et territoires ont signé avec chacune de ces régions des traités différents avec des termes, conditions et modèles d’auto-gouvernance bien distincts les uns des autres soit celui du Nunavik (1975), de l’Inuvialuit (1984), du Nunavut (1993) et du Nunatsiavut (2004).

Celui qui est le plus vanté, en particulier par les Non-autochtones du Sud et qui semble, par leur ignorance, être le « modèle » à suivre par les Indiens et Métis est celui du Nunavut…..

En échange de l’abandon de toute réclamation future et de leurs droits ancestraux Autochtones sur le territoire, les 25,000 Inuits du Nunavut ont obtenu des Gouvernements la création d’un tout nouveau territoire Canadien, soit le Nunavut, la propriété de leurs 26 communautés qui représente à peine 18% de l’ensemble du territoire du Nunavut, l’auto-gouvernance de leurs communautés et la création d’un gouvernement territorial pour l’ensemble du territoire. Ils ont également obtenu un fond de $1.173 milliard pour promouvoir leur culture et leurs institutions et auront droit à perpétuité à 2% des ressources minérales. Le reste du territoire soit 82% du Nunavut demeure des terres de la Couronne administrés par le Gouvernement du Nunavut au nom du Canada. Les Inuits ont aussi obtenu des droits de consultation de la part de ce gouvernement sur diverses questions comme la chasse, la pêche, l’environnement, etc…

Étant donné que ce territoire arctique était presque inhabité et vierge, il était facile politiquement pour le Gouvernement de concéder la création du Nunavut. Les Inuits formant présentement la grande majorité des citoyens du Nunavut, il est de plus normal qu’ils aient pour l’instant la représentation majoritaire à ce parlement qui, contrairement au reste du pays, est unique n’ayant pas de parti politique entre autres.

Sachez que ce traité et cette forme de gouvernement « idylliques » du Nunavut pourraient changer très vite le jour où les Non-Autochtones décideront d’envahir et de coloniser le territoire comme ils l’ont fait dans le sud avec les Indiens et les Métis. À cette époque, les colonisateurs étaient sensés respecter la Proclamation Royale de 1763 concernant l’autonomie des Autochtones et le respect de leurs terres. Ils ne l’ont pas fait. Ils ont ensuite signé divers traités avec les Autochtones et qui semblaient être avantageux pour ces derniers.

Malheureusement, au cours des décennies qui ont suivi, chacun de ces traités ont été brisés et les droits des Autochtones brimés par les Gouvernements par, entre autres, la Loi sur les Indiens et autres politiques assimilatrices. Pas un seul de ces traités n’a été respecté. Même des traités plus modernes comme celui signé plus récemment par le Gouvernement du Québec avec les Cris de la Baie James a été le sujet de litiges et n’a été résolu, du moins pour l’instant, que par la Paix des Braves plus récente…..

D'ailleurs, ce sont les Inuits du Nunavut qui ont bénéficier de l'expérience acquise des Métis et des Indiens au cours des siècles derniers pour opter pour un autre modèle pour la negotiation de leur traité.

Le traité du Nunavut n’a été signé qu’en 1993 soit à peine 20 années…… !!!!

Sachez que ce « modèle » idyllique n’a pas encore eu le temps de faire ses « preuves » face aux pressions expansionnistes et l’invasion à venir des colonisateurs, de leurs institutions et leur culture cupide et leur soif insatiable pour les ressources naturelles.

A ce qui a trait au peu de traités modernes qui reste à venir, prenons l’exemple des Innus du Québec dont les négociations, je crois, se tiennent toujours en secret. Le Québec est-il prêt selon vous à suivre le modèle du Nunavut et de céder tout le territoire Innu pour en faire un tout nouveau territoire Canadien avec son propre gouvernement à majorité Innu avec une Constitution et des Lois Innus?

Y a-t-il d’autres provinces ou territoires Canadien qui sont prêt à en faire autant ?

De dire, après les faits et après leur avoir dérobé depuis des siècles la grande majorité de leurs territoires et ressources que les Métis et Indiens devraient suivre le « modèle » de 1993 des Inuits du Nunavut est d’une ignorance arrogante de l’histoire et tout à fait insultant ne trouvez-vous pas ?

Tournez donc le fer dans la plaie quant à y être !!!


Deuxièmement


Une mise au point est également requise quant aux peuples Inuits, Indiens et Métis de ce pays dont les citoyens, familles et communautés sont divisés par les lois et politiques discriminatoires que les Gouvernements leurs imposent toujours encore de nos jours..

Encore aujourd’hui en 2013, les Gouvernements continuent à brimer les droits des Inuits non-bénéficiaires, des Indiens non-inscrits et des Métis dit Non-Powley en leur niant leur identité Autochtone malgré le jugement récent de la Cour Supérieur du Canada qui a statué que les Indiens Non-Inscrits et les Métis étaient des Indiens en conformité avec l’Article 35 de la Constitution du Canada.

Ce simple droit fondamental humain à leur identité Autochtone et l’appartenance à leurs communautés respective leur est pourtant garanti en vertu de la Constitution du Canada, des divers traités et la déclaration des Nations Unies sur les peuples Autochtones…..

Cette négation de leur identité pour des raisons purement économiques et politiques est le vestige d’une mentalité colonialiste discriminatoire et raciste de la part des gouvernements et de certaines personnes qui se sont donné le pouvoir « légal » de déterminer le droit à l’identité et l’appartenance d’une personne à une communauté quelconque, soit Inuit, Indien ou Métis selon son «pourcentage de sang » ou « le nombre de génération de sa lignée » ou la « couleur » de sa peau ou de ses yeux ou de ses cheveux….

Après des siècles de colonisation, il est normal que les Autochtones soient métissés. Et pis après !!

Sachez que la quiddité indienne d’une personne n’est pas fonction de tels critères racistes et discriminatoires mais beaucoup plus une question d’appartenance culturelle.

Selon sa région, un Inuit est un Inuit. Point.

Selon sa Nation, un Indien est un Indien. Point.

Selon sa région, un Métis est un Métis. Point.

Ce sont là des peuples distincts des uns des autres avec leurs propres langues, cultures et croyances. Point.

En 2013, s’enfarger encore dans le débat de savoir qui est plus « Autochtone » qu’un autre sur la base de leur « pureté de sang » individuelle …… et, en sus, de ridiculiser les gens parce que, métissés, ils « osent » s’identifier Inuit, Indien ou Métis et défendre leurs peuples respectifs est en soi ….. du racisme pur et simple et n’a plus sa place de nos jours….

Le concept de la "Race Blanche, Jaune, Noir et Rouge" a été tout à fait réfuté par la science de la génétique qui a démontré clairement que l’humanité toute entière est métissée. Ce qui nous distingue vraiment les uns des autres et qui fait notre richesse comme êtres humains sont nos langues, cultures et croyances respectives.

- Sheila Watt-Cloutier est une INUITE. Point.

- Max Gros Louis est un HURON-WENDAT. Point.

- Marco David est un MÉTIS. Point.

Lorsque ces personnes parlent d’eux même et de leurs Nations respectives, ils sont ce qu’ils sont. Point.

Malgré sa conquête par les Anglais, la minorité Canadienne-Française (i.e. Québécoise) n’a pu s’épanouir que grâce successivement aux dispositions de la Proclamation Royale, de l’Acte Britannique du Nord- Américain et la Constitution du Canada qui leur ont garanti le respect de leurs identités Francophone et de leurs droits quant à leurs langues, culture et croyances. A partir de cela et ayant obtenu le contrôle d’un immense territoire et de ses ressources, ils ont pu s’épanouir….

Marco David, sans malice aucune et bien respectueusement, aux yeux du Gouvernement du Québec et de la majorité des Québécois, vous, vos enfants et approximativement 41,000 de vos semblables au Québec n’êtes même pas reconnu légalement Métis…. Si vous dites l’être, on vous accusera, avec raison selon la Loi, d’être des menteurs, des fraudeurs et des imposteurs ! On vous poursuivra en Justice si vous osez chasser hors saison qui, pourtant, est un droit fondamental pour tout Autochtone en vertu de la Constitution! Vous êtes donc considéré assimilé Québécois et faites donc, veut veut pas, forcément légalement partie de cette communauté….. Cette négation par l'État de votre identité Autochtone Métis est illégitime !

L’esclave aura beau prétendre être un homme libre et inciter ses semblables de se prendre en main et de bâtir eux-mêmes leur nation et institutions sans aide ni ressources, tant et aussi longtemps que les Lois esclavagistes ne seront pas abrogés et que leurs droits humains à la liberté et à leurs communautés continuent à ne pas être respectés par la société dans laquelle ils vivent, ils demeureront les biens-meubles esclaves de leurs propriétaires et ne pourront bénéficier d’aucune liberté que celle que leurs maîtres voudront bien leur donner selon les limites imposés par la Loi et l’État……. Point.

C’est pourquoi, selon moi, tout comme le peuple Canadien-Français l'a obtenu dès le début du Régime Anglais, il est important que la toute première étape à franchir pour notre propre épanouissement et développement comme peuples Autochtones soit bel et bien la reconnaissance de nos identités et le respect de nos droits comme minorités Autochtones tel que déjà garantis par l’Article 35 de la Constitution du Canada, les divers traités et la déclaration des Nations Unies sur les peuples Autochtones…..

Il ne devrait exister aucune distinctions discriminatoires entre Inuit, Indien et Métis qui n’ont servis jusqu’à maintenant qu’à nous diviser, détruire nos familles, nos communautés, nos institutions et nos Nations respectives et nous forcer à l’assimilation dans la société Canadienne soit Francophone ou Anglophone…..

Une fois unis et légalement reconnus sans exception comme Autochtones en conformité avec la Constitution du Canada et sachant que nos droits fondamentaux seront respectés, nous pourrons enfin commencer, du bon pied, libre des contraintes discriminatoires imposés contre nous tous, à reconstituer nos familles, nos communautés et nos Nations respectives comme Inuit, Indien et Métis.

Le bœuf doit être mis devant la charrue…… pour pouvoir mieux labourer…. On pourra ensuite herser, semer, récolter et moudre notre blé pour enfin manger notre pain...

Il y a beaucoup de travail à faire mais il faut partir du bon pied et franchir une par une les étapes requises avant de pouvoir bénéficier de notre récolte.

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Re: Droits à l’identité: Inuits, Indiens et Métis au Québec

Messagepar MarcoDavi » 2013-05-21, 14:23

Merci pour votre contribution Abitawis, laquelle est importante et laquelle démontre votre connaissance du sujet.

Quelques précisions, de mon point de vue, si vous permettez.

Sachez que ce traité et cette forme de gouvernement « idylliques » du Nunavut pourraient changer très vite le jour où les Non-Autochtones décideront d’envahir et de coloniser le territoire comme ils l’ont fait dans le sud avec les Indiens et les Métis.


Nous nous rejoignons sur ce point je crois; vous, utilisant le terme "idyllique" en parlant du Nunavut, et moi, utilisant celui de "coquille vide". Puisque effectivement, sur le plan politique, le concept d"autonomie gouvernementale" est à comprendre, et à relativiser. Cette dite autonomie à ce que je sache, ne concerne que quelques aspects de la "gestion interne" du Nunavut. Je ne pense pas que l'on puisse même parler de manière absolue de "gestion du territoire".
C'est comme de dire à son enfant: aujourd'hui tu es un homme et tu es autonome: je vais te donner 1$ pour que tu ailles t'acheter de la gomme balloune par toi-même.
C'est un peu la même chose avec le Nunavut. Une autonomie qui ne concerne que des aspects superficiels, et toujours avec cette même politique infantilisante des Autochtones, qui au bout du compte demeurent non seulement des sujets de la Reine mais aussi la propriété du gouvernement fédéral.
Ceci dit, la notion d'"autonomie gouvernementale" aux États-Unis est différente, et est plus signifiante qu'au Canada. Peut-être pourriez-vous nous éclairer davantage à ce sujet?

Malheureusement, au cours des décennies qui ont suivi, chacun de ces traités ont été brisés et les droits des Autochtones brimés par les Gouvernements par, entre autres, la Loi sur les Indiens et autres politiques assimilatrices. Pas un seul de ces traités n’a été respecté. Même des traités plus modernes comme celui signé plus récemment par le Gouvernement du Québec avec les Cris de la Baie James a été le sujet de litiges et n’a été résolu, du moins pour l’instant, que par la Paix des Braves plus récente…..


Retenons ce passage, dans lequel vous reconnaissez vous-même que les gouvernements ne respectent pas leurs traités.
Nous y reviendrons plus loin.

Sachez que ce « modèle » idyllique n’a pas encore eu le temps de faire ses « preuves » face aux pressions expansionnistes et l’invasion à venir des colonisateurs, de leurs institutions et leur culture cupide et leur soif insatiable pour les ressources naturelles.


Sans aller jusqu'à utiliser le terme de "pressions expansionnistes" et de "colonisateurs", disons simplement que tout l'espace nordique canadien est un enjeu majeur sur les plans géopolitique et financier. Et, que les Inuits ne sont pas dans la "game". Comprenez-vous? Les Mohawks sont les seuls Autochtones qui ont un peu compris que la nature du Monde et de son histoire, est d'être dans la "game" ou non. Ils sont bien gentils les Inuit, mais lorsque les gouvernements et les hommes d'affaires se rencontrent à Toronto, Montréal ou New York, le simple mot "Inuit" les fait rire. Ça rapporte quoi un Inuit? Économiquement même politiquement ça ne rapporte rien. Ils n'ont AUCUN pouvoir, et les enjeux du Nord dépassent largement toute apparence de complaisance politique à leur égard. Encore une fois, au risque de me répéter, ce n'est pas en essayant de faire pitié et dans un contexte folklorique que s'acquiert le vrai pouvoir d'une société. Les Mohawks l'ont compris, les Québécois l'ont également compris dans les années 60. Ils ont agi en prenant le contrôle de leur peuple et de leur futur.

A ce qui a trait au peu de traités modernes qui reste à venir, prenons l’exemple des Innus du Québec dont les négociations, je crois, se tiennent toujours en secret. Le Québec est-il prêt selon vous à suivre le modèle du Nunavut et de céder tout le territoire Innu pour en faire un tout nouveau territoire Canadien avec son propre gouvernement à majorité Innu avec une Constitution et des Lois Innus?


Tel le modèle du Nunavut, j'en doute. Pour le reste, cela reste à voir. Mais d'une manière ou d'une autre, je doute fort que le Québec comme le Canada délaisse quelconque prérogative signifiante sur la gestion de la forêt, de son potentiel minier et de ses eaux.

Ce simple droit fondamental humain à leur identité Autochtone et l’appartenance à leurs communautés respective leur est pourtant garanti en vertu de la Constitution du Canada, des divers traités et la déclaration des Nations Unies sur les peuples Autochtones…..

Cette négation de leur identité pour des raisons purement économiques et politiques est le vestige d’une mentalité colonialiste discriminatoire et raciste de la part des gouvernements et de certaines personnes qui se sont donné le pouvoir « légal » de déterminer le droit à l’identité et l’appartenance d’une personne à une communauté quelconque, soit Inuit, Indien ou Métis selon son «pourcentage de sang » ou « le nombre de génération de sa lignée » ou la « couleur » de sa peau ou de ses yeux ou de ses cheveux….


Justement nous arrivons au point mis en suspend précédemment.
Si vous reconnaissez l'odieux que se sont donné les gouvernements et certaines personnes de "déterminer le droit à l'identité et l'appartenance d'une personne à une communauté quelconque".....alors pourquoi de l'autre côté vous êtes un fervent de la reconnaissance par les politiciens sinon par la Cour du fait autochtone?
D'une part vous reconnaissez leur illégitimité à le faire, mais d'autre part vous dites que la "reconnaissance" des Autochtones par ces mêmes personnes est le point de départ de tout.
Honnêtement, j'ai de la difficulté à vous suivre sur ce point.

Après des siècles de colonisation, il est normal que les Autochtones soient métissés. Et pis après !!

Sachez que la quiddité indienne d’une personne n’est pas fonction de tels critères racistes et discriminatoires mais beaucoup plus une question d’appartenance culturelle.

- Sheila Watt-Cloutier est une INUITE. Point.

- Max Gros Louis est un HURON-WENDAT. Point.

- Marco David est un MÉTIS. Point.

Lorsque ces personnes parlent d’eux même et de leurs Nations respectives, ils sont ce qu’ils sont. Point.


Moi je n'ai jamais dit que Max Gros-Louis n'était pas Wendat, ou qu'il n'avait pas d'affaire à l'être.
Au contraire, je dénonce le fait que M. Gros-Louis, et d'autres statués, s'en prennent aux Métis....justement sous le pseudo-argument qu'ils sont des "sangs-mêlés" depuis plusieurs générations.....alors que M. Gros-Louis lui-même est un "sang-mêlé".
J'espère que cette fois vous comprenez la nuance et ce que j'ai essayé d'expliquer.
D'ailleurs, la plupart des Métis dénoncent cette politique de calculs génétiques.....mais ils ne faut pas passer sous silence que ceux qui pourtant l'utilisent à outrance, ce sont les "Indiens" statués eux-mêmes. Par conséquent je me moquais de leurs croisades du "blood quantum".



Lorsque ces personnes parlent d’eux même et de leurs Nations respectives, ils sont ce qu’ils sont. Point.


Ben justement, alors qu'ils cessent de mettre des bâtons dans les roues des Métis et des hors-réserve, en les rejetant et en les reniant.

Malgré sa conquête par les Anglais, la minorité Canadienne-Française (i.e. Québécoise) n’a pu s’épanouir que grâce successivement aux dispositions de la Proclamation Royale, de l’Acte Britannique du Nord- Américain et la Constitution du Canada qui leur ont garanti le respect de leurs identités Francophone et de leurs droits quant à leurs langues, culture et croyances. A partir de cela et ayant obtenu le contrôle d’un immense territoire et de ses ressources, ils ont pu s’épanouir….


En total désaccord avec vous. À quel "épanouissement" des Québécois avant 1960 faites-vous allusion?
Avant 1960 le Québec n'était que le vestige d'un système colonialiste à dominance exclusivement anglo voire british , où ledit Québec n'était au total qu'une pouponnière à cheap labor.
Avant 1960 le Québec n'était ni le contour de l'ombre de ce qu'il est aujourd'hui, et ce développement ainsi que cette autonomie spectaculaires d'aujourd'hui se sont réalisés que par l'initiative des Québécois eux-mêmes, et en rien du fédéral. D'où l'importance de suivre l'exemple du Québec dans ses relations avec le fédéral.

Marco David, sans malice aucune et bien respectueusement, aux yeux du Gouvernement du Québec et de la majorité des Québécois, vous, vos enfants et approximativement 41,000 de vos semblables au Québec n’êtes même pas reconnu légalement Métis…. Si vous dites l’être, on vous accusera, avec raison selon la Loi, d’être des menteurs, des fraudeurs et des imposteurs ! On vous poursuivra en Justice si vous osez chasser hors saison qui, pourtant, est un droit fondamental pour tout Autochtone en vertu de la Constitution! Vous êtes donc considéré assimilé Québécois et faites donc partie forcément légalement partie de cette communauté….. Cette négation par l'État de votre identité Autochtone Métis est illégitime !

L’esclave aura beau prétendre être un homme libre et inciter ses semblables de se prendre en main et de bâtir eux-mêmes leur nation et institutions sans aide ni ressources, tant et aussi longtemps que les Lois esclavagistes ne seront pas abrogés et que leurs droits humains à la liberté et à leurs communautés soient respectés par autrui dans la société dans laquelle ils vivent, ils demeureront les biens-meubles esclaves de leurs propriétaires et ne pourront bénéficier d’aucune liberté que celle que leurs maîtres voudront bien leur donner selon les limites imposés par la Loi et l’État……. Point.


Selon votre raisonnement et votre logique, donc, les Québécois auraient dû attendre l'approbation des rednecks de l'Ouest pour se développer et pour forcer leur autonomie gouvernementale, c'est bien ce que vous dites? Les Québécois auraient dû également attendre la bénédiction des anglos et des british avant de développer Hydro-Québec?
Mais heureusement ils ne l'ont pas fait, ils ont court-circuité cette gang de rednecks et de british afin de prendre eux-mêmes leur avenir économique et politique en mains, passant d'un pays tiers-mondiste à une puissance économique.
L'histoire ne vous donne pas raison Abitawis.
Le modèle que vous proposez n'a abouti à rien historiquement, en plus de vouloir nous laisser dans un état de mendicité et de dépendance.

Un homme qui est homme, agi. Il ne demande pas permission à ses oppresseurs. Pourquoi en serait-il différent pour tout un peuple?

C’est pourquoi, selon moi, il est important que la toute première étape à franchir pour notre propre épanouissement et développement comme peuples Autochtones soit bel et bien la reconnaissance de nos identités et le respect de nos droits comme minorités Autochtones tel que déjà garantis par l’Article 35 de la Constitution du Canada, les traités et la déclaration des Nations Unies sur les peuples Autochtones….


Cela nous ramène une seconde fois au point initialement mis en suspend.
Vous voulez que notre peuple continue pendant des décennies et des siècles à chercher la mamelle qui lui donnera que quelques gouttes de lait, gouttes qui ont pourtant rendu malades tous nos ancêtres, faisant d'eux des enfants qui tètent et qui ont perdu la capacité de prendre leur futur en mains.

Une fois unis et légalement reconnus sans exception comme Autochtones en conformité avec la Constitution du Canada, nous pourrons enfin commencer, du bon pied, libre des contraintes discriminatoires imposés contre nous tous, à reconstituer nos familles, nos communautés et nos Nations respectives comme Inuit, Indien et Métis. Il y a beaucoup de travail à faire mais il faut partir du bon pied.


Une fois reconnus par vos oppresseurs?
Disons qu'on vous l'accorde, qu'arrivera-t-il par la suite?
À chaque réclamation aussi légitime puisse-t-elle être, ne serait-ce que pour avoir droit à la chasse de subsistance sur telle ou telle parcelle, ou ne serait-ce que pour vous assurer du respect de vos droits devant une coupe à blanc......à chaque fois vous devrez prendre des années à faire valoir la "reconnaissance" de prétendus droits inhérents à votre "statut constitutionnel" jusqu'en Cour Suprême.
Non seulement la démarche est puérile tant elle est longue pour toute minime avancée (10 ans de débats judiciaires pour chaque petit point, ça ne mène pas loin)...mais en plus, ce que vous dites c'est que vous remettez tout l'avenir des Métis à 100% entre les mains de la Cour Suprême. Cela m'apparaît un non sens.

Encore une fois, les Québécois n'ont jamais remis 100% de leur destinée entre les mains des masturbateurs intellectuels de la Cour Suprême. Certes la Cour est utilisée et doit être utilisée, mais de manière accessoire. Ça me déprime d'entendre que tout notre avenir doit d'abord être remis à la bonne volonté de ces gens.
Les Québécois n'ont jamais fait ce que vous dites. Les Juifs ne l'ont jamais fait. Les Étasuniens n'ont jamais eu une telle mentalité de subjugués.
Tous sont pourtant aujourd'hui puissants.
Pourquoi devrait-il en être autrement pour les Autochtones? Parce que nous sommes des enfants? Parce que nous avons besoin de la permission et l'approbation de la Couronne?
Ne jamais accepter la facilité et la résignation
MarcoDavi
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Re: Droits à l’identité: Inuits, Indiens et Métis au Québec

Messagepar Abitawis » 2013-05-21, 19:24

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Kwé MarcoDavi

En somme, il semblerait que nous avons les mêmes objectifs concernant l’épanouissement et le développement social et économique des peuples Autochtones du Canada, soit les Inuits, Indiens et Métis de ce pays et en particulier le Québec.

Malheureusement, il est évident que nous ne partageons aucunement les moyens pour y arriver et nous n'avons certes pas la même opinion de nos frères et sœurs Autochtones qui partagent nos joies et nos peines sur cette terre.

Étant peu nombreux comparativement à la population Canadienne mais tenant compte du grand nombre et de la diversité de nos peuples, de leur répartition à travers tout le pays et des circonstances particulières de chacun d’eux, mon approche bien plate est en effet de travailler avec chacun d’eux et, avec nos ressources bien limitées et les divers moyens mis à notre disposition incluant les tribunaux, d’effectuer étape par étape les changements requis pour arriver éventuellement à nos objectifs collectifs.

La première étape, selon moi, est de faire éliminer par les Gouvernements toutes les Lois et politiques discriminatoires pour ne pas dire racistes portées encore de nos jours contre nos citoyens qui sont Inuits Non-Bénéficiaires, Indiens Non-Inscrits et Métis Non-Powley et, ainsi, légalement faire reconnaitre sans distinction aucune en vertu de l’Article 35 de la Constitution du Canada toutes les personnes qui s’identifient légitimement Autochtone. Ces lois et politiques ont comme effet de diviser nos familles, nos communautés et nos nations et de faciliter notre assimilation forcée dans la société Canadienne soit Anglaise ou Française.

Une fois que nos citoyens et communautés aient été légitimement et légalement reconnus comme Autochtones et que ces politiques d’assimilation aient cessé de nuire à nos collectivités, la deuxième étape serait de négocier, d’égal à égal, avec les Gouvernements, des traités dit gagnants-gagnants qui assureraient pour chacune de nos diverses communautés leur épanouissement économique et social, leur autosuffisance et leur autonomie pour des générations à venir. Évitant les erreurs du passé, cette approche pacifique, systématique et soutenue donne des résultats assez prévisibles peu risquées et qui n’exige pas de gros sacrifices de la part des Autochtones, parmi les plus démunis du pays.

Par contre, j’aurai cru que l’élimination de la discrimination systémique de la part des gouvernements portée à notre égard aurait été une de vos priorités mais il semblerait que cela vous est égal et a peu d’importance pour vous.

Vous dites préconiser une approche dite de « révolution tranquille » du style Québécois sans tenir compte des grandes différences historiques, culturelles, géographiques et autres entre les centaines de peuples Autochtones tous différents les uns des autres existant au Canada incluant le Québec et le peuple homogène Canadien-Français (i.e. Québécois).

Vous dites :
Un homme qui est homme, agi. Il ne demande pas permission à ses oppresseurs


Pour vous faciliter la tâche, concentrons-nous sur les Métis du Québec dont vous dites faire partie.

Les Québécois Francophones sont au nombre approximatif de 5.8 million soit 17% de la population du Canada et sont très homogène comme peuple. Dès le début du Régime Anglais en 1763, leurs droits à leur identité et leurs langues, cultures et croyances ont été respecté. Ils ont eu le droit de représentation au parlement Canadien et le contrôle de tous le territoire du Québec et de ses riches ressources naturelles situé stratégiquement en plein centre du Canada. Ce peuple a son propre gouvernement reconnu en vertu de la Constitution du Canada. Même avant leur révolution tranquille en 1960, près de 200 ans plus tard, ils jouissaient d’une assez bonne éducation et avaient à cette époque des revenus beaucoup supérieurs aux Métis qui, encore de nos jours pour ces derniers, demeurent inférieurs à la moyenne Canadienne. De plus, les Québécois ont joui d’un leadership visionnaire juridiquement reconnu en vertu de la Constitution du Canada et du Québec. Ils sont respectés partout au niveau national et international et ainsi ont pu conduire le peuple Québécois là ou il devait aller.

Par contre, les Métis du Québec au nombre approximatif de 41,000, soit moins que 1% de la population Francophone du Québec. sont dispersés sur tout le territoire du Québec et ne sont pas tous homogènes. Dès le Régime Anglais, ils ont été marginalisés sans représentation aucune. Plusieurs d’entre eux ont été forcés à s’assimiler au cours des années ou du moins se « camoufler » au sein de la population pour survivre sans discrimination. Les Métis n'ont aucun gouverrnement et encore aujourd’hui, on ne leur reconnait aucun droit d’identité Autochtone. Ils ne contrôlent aucun territoire important ni même stratégique et aucune ressources. Leur taux d’éducation et leurs revenus demeurent inférieurs à la moyenne Canadienne. Respectueusement, leur leadership est ce qu’il est…. Les Métis n'étant même pas reconnus et respectés comme peuple, il en est ainsi également pour leurs leaders qu'on ignore et respecte peu....

Alors, de façon bien pacifique et surtout sans l'existence d'une organisation terroriste comme le Front de Libération du Québec et/ou la menace constante de la «séparation» pour faire valoir vos droits auprès des Gouvernements, comment préconisez-vous une révolution tranquille dite de style « Québécoise » pour les Métis du Québec qui leur permettraient d’assurer leur autosuffisance et leur autonomie comme peuple Autochtone d’ici les prochaines 50 années au sein du Québec comme l’a fait le peuple Québécois avec le Canada avec un minimum de risques et de sacrifices?

Convainquez-nous du bien fondé de votre stratégie et démontrez-nous que celle-ci est réaliste et realisable. Donnez-nous les étapes requises que vous préconisez pour atteindre ces objectifs.

Mig8etch!
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Abitawis
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Re: Droits à l’identité: Inuits, Indiens et Métis au Québec

Messagepar MarcoDavi » 2013-05-22, 12:59

Bonjour,

Étant peu nombreux comparativement à la population Canadienne mais tenant compte du grand nombre et de la diversité de nos peuples, de leur répartition à travers tout le pays et des circonstances particulières de chacun d’eux, mon approche bien plate est en effet de travailler avec chacun d’eux et, avec nos ressources bien limitées et les divers moyens mis à notre disposition incluant les tribunaux, d’effectuer étape par étape les changements requis pour arriver éventuellement à nos objectifs collectifs.


Je veux bien, mais QUI veut travailler avec les Métis du Québec?
Je dois en avoir manqué des bouts, car à ce que je sache les autres nations autochtones et leurs regroupements sont assez froids à l'idée de partager quoique ce soit avec nous. En outre, quelle nation ou quel regroupement ou association ou conseil non-métis reconnaît les Métis du Québec? Qui nous appuie?

La première étape, selon moi, est de faire éliminer par les Gouvernements toutes les Lois et politiques discriminatoires pour ne pas dire racistes portées encore de nos jours contre nos citoyens qui sont Inuits Non-Bénéficiaires, Indiens Non-Inscrits et Métis Non-Powley et, ainsi, légalement faire reconnaitre sans distinction aucune en vertu de l’Article 35 de la Constitution du Canada toutes les personnes qui s’identifient légitimement Autochtone. Ces lois et politiques ont comme effet de diviser nos familles, nos communautés et nos nations et de faciliter notre assimilation forcée dans la société Canadienne soit Anglaise ou Française.


L'idée est intéressante.
Par contre, êtes-vous certain que la majorité des nations autochtones est d'accord avec vous?
L'appartenance à une nation autochtone, ou ne serait-ce que l'auto-identification à une quelconque nation, est quelque choses que lesdites nations protègent férocement.
Comme je disais, et au risque de me répéter....les nations autochtones surtout indiennes appliquent elles-mêmes ces politiques discriminatoires. Cela fait très bien leur affaire, d'autant plus qu'elles ont certaines prérogatives à ce titre.
Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle les Métis du Québec sont trop souvent ostracisés.
Plusieurs nations "indiennes" jurent encore que par le "blood quantum" (hormis certaines exceptions, tels les Wendats, car leur théorie ne tiendrait pas la route).
Bref, je vois mal comment vous pourriez faire accepter cette idée par les Indiens eux-mêmes. Mais peut-être en savez-vous davantage sur ce sujet.

Puis, une fois ces lois discriminatoires tombées, il faudrait trouver d'autres balises. Car la simple auto-identification serait un non-sens dès lors qu'un ou de quelconques avantages seraient inhérents au statut d'Autochtone; des non-autochtones se déclareraient autochtones pour bénéficier de tels avantages. Et si une 2e condition était imposée pour que leur statut soit reconnu, et que cette dite condition consisterait en l'acceptation de la personne et de son statut par une communauté ou organisme autochtone....alors on se retrouverait dans la fâcheuse situation où des petits rois despotes de communautés imposeraient leur volonté et décideraient probablement de manière impartiale qui peut être autochtone ou non.

Il faudrait donc d'autres balises.

Une fois que nos citoyens et communautés aient été légitimement et légalement reconnus comme Autochtones et que ces politiques d’assimilation aient cessé de nuire à nos collectivités, la deuxième étape serait de négocier, d’égal à égal


Négocier avec quelle force? Avec quel appui? ...Avec seulement un statut légal?
Les gouvernements ont rarement accordé quoique ce soit sans d'abord livrer de longues et coûteuses batailles juridiques jusqu'en Cour Suprême. C'est pour cette raison qu'en adoptant cette stratégie, on se retrouve dans exactement le même schème d'interminables luttes juridiques pour chaque petit point, pour chaque petite revendication.
C'est exactement ce qu'ont fait les Indiens. Leur situation est-elle vraiment enviable?
Je ne comprends toujours pas pourquoi plusieurs, dont nos leaders, essaient d'imiter une stratégie qui n'a jamais fonctionné réellement pour les Indiens.
Il me semble que lorsqu'une stratégie a démontré son inefficacité, on essaie d'en trouver une autre, non?

Puis le fédéral ne va rien négocier d'égal à égal, car nous ne lui sommes en rien son égal.
Il n'y a que 2 façons de faire bouger démocratiquement l'appareil politique canadien:
1) par des enjeux économiques;
2) par le vote électoral (ce qui inclue également la donne "opinion publique"...car celle-ci provient d'autres électeurs).

Or, nos leaders n'ont ni même pensé à développer ces 2 points, pourtant tellement essentiels et à la base de toute stratégie de quelque mouvement social que ce soit.
La communauté des gais et lesbiennes est une puissance comparativement à nous, Métis.

Juste à titre d'exemple, depuis déjà plusieurs années que même nos regroupements métis ont certaines sommes d'argent.
Qu'advient-il de cet argent?
Je ne sais pas. Mais ce que je sais par contre, c'est que pas une seule fois ai-je vu ou entendu la réalisation d'une stratégie de communication dans les médias. On demande aux gouvernements de nous reconnaître, mais de l'autre côté on ne s'est même pas assuré d'être connus par l'opinion publique.
Difficile d'être reconnu quand t'es même pas connu.
Il n'y a donc AUCUNE vraie stratégie de communication. Là, c'est amateur pas rien qu'à peu près car, au niveau de l'organisation et de la stratégie, on ne se qualifie même pas pour porter le titre de "lobby".
Pourtant, nous avons certain leaders intelligents, et qui seraient capable d'une telle organisation. Mais elle ne se fait pas.

Alors d'un côté il suffit d'analyser dans l'histoire contemporaine les groupes sociaux ou ethniques qui ont dû se constituer en lobby pour défendre leurs intérêts, voire pour s'émanciper (juifs, gais, syndicats, féministes, patronat, handicapés, etc...): tous ont eu un succès rapide et important; et TOUS ont une stratégie qui inclut de facto les points (1) et (2), à savoir les donnes économique et électorale.

Encore une fois, quel parti les Métis du Québec appuient-ils au Fédéral? Au provincial?
Nous ne le savons même pas?
Wow.
Ils font quoi nos leaders désorganisés en attendant leurs éventuelles subventions? Ils dorment au gaz?

Par contre, j’aurai cru que l’élimination de la discrimination systémique de la part des gouvernements portée à notre égard aurait été une de vos priorités mais il semblerait que cela vous est égal et a peu d’importance pour vous.


La discrimination et le racisme je les ai vécus non seulement de la part des gouvernements, mais aussi de la part de certain Indiens, tout comme l'ayant vécu de la part de certains "blancs". C'est le dilemme du Métis québécois: il n'est pas tout à fait un Indien, et il n'est pas tout à fait un "blanc". Un peu comme certains types de Husky à poil long: est-ce davantage un loup ou davantage un chien? Les vrais chiens le craignent, alors que les vrais loups le tueront s'ils le croisent...ou à tout le moins ils ne l'accepteront jamais dans leur meute. Nous sommes dans la même zone grise. Et nous n'avons aucun appui.

Contrairement à vous, je ne suis pas du style à prier celui qui me tape avec une massue s'il peut taper moins fort, en lui répétant sans cesse que je suis un être vivant et que j'ai des droits.
Je suis davantage du style à aller manger mes patates et à revenir beaucoup plus gros, de telle sorte que sa massue ne lui servira plus à rien.

Vous dites préconiser une approche dite de « révolution tranquille » du style Québécois sans tenir compte des grandes différences historiques, culturelles, géographiques et autres entre les Autochtones et le peuple Canadien-Français (i.e. Québécois).


En partant, je crois que vous faites erreur en nommant les Québécois de "Canadien-Français". Je sais que le terme était courant chez les 50 ans et plus disons, mais si vous l'utilisez plusieurs fois comme dessein idéologique de nier le fait que les Québécois sont un peuple à part entière du reste du Canada, ça part mal. Et pour plusieurs raisons.
Il serait suicidaire politiquement, en plus d'être faux historiquement et d'être fort irrespectueux, qu'une quelconque voix autochtone affirme que les Québécois ne sont pas une nation, mais plutôt des "canadiens-français". Du coup, vous enlèveriez toute crédibilité aux Autochtones qui se considèrent comme faisant partie d'une nation distincte et qui en font leur cheval de bataille, en plus évidemment d'étouffer toute sympathie et appui des Québécois envers les Autochtones
De plus, les Métis québécois sont habituellement très attachés à leurs peuples originels, et le peuple Québécois étant l'un de ces peuples. Les Métis se sentent et sont tout aussi Québécois qu'ils sont Autochtones, et plusieurs d'entre eux, sinon la majorité, ont la fibre patriotique québécoise.
Ainsi, ne pas le reconnaître, en plus d'être un manque de respect et relever de l'illogisme, serait une erreur stratégique gênante.

Ceci dit, lorsque je fais référence à la "révolution tranquille" et à "Hydro-Québec", je ne le fais pas en fonction des détails techniques ni des enjeux décomposés, mais bien comme exemple de la mentalité qui fut à la base de la révolution tranquille et de tout le développement d'Hydro-Québec, voire de l'économie et de la société québécoise telle qu'elle est aujourd'hui.
Et cette mentalité peut se résumer ainsi: "nous n'allons plus attendre après le fédéral et le bon vouloir des autorités politiques et économiques du Canada pour nous développer. Nous allons prendre notre avenir en mains, et nous allons développer nos institutions par nous-mêmes. Au début ce sera difficile, et nous devrons aller cogner à plusieurs portes. Mais au moins nous aurons nos propres institutions, québécoises, et nous contrôlerons les leviers de notre économie et de notre développement sans devoir aller mendier". Ou si vous préférez: "Maîtres chez nous".

C'est ce qu'ont fait nos leaders québécois.
Et si vous remarquez bien, eux aussi ont suivi les points (1) et (2): économie et politique.

Alors vous avez le choix:
- Suivre la stratégie gagnante de tout lobby et de tout peuple qui a réussi?
- Ou suivre une stratégie et une mentalité infantile et défaitiste qui n'a jamais fonctionné.

Les Québécois Francophones sont au nombre approximatif de 5.8 million soit 17% de la population du Canada et sont très homogène comme peuple.


Je croyais davantage entre 6.2 et 6.3 million, mais à ce stade-ci c'est un détail. :wink:

Dès le début du Régime Anglais en 1763, leurs droits à leur identité et leurs langues, cultures et croyances ont été respecté.


...tout en comprenant, j'espère, que cette initiative british était davantage pour motif stratégique que humanitaire, ces derniers venant de brûler fermettes et maisons des habitants de Québec, non sans avoir violé les femmes et tué nombre d'habitants.
Les british craignaient plus que tout, et avec raison, un éventuel soulèvement patriote dans leur colonie. Or, en permettant à nos ancêtres de pouvoir s'exprimer dans leur langue franco-canadienne, les british amenuisaient les mauvais sentiments à leur égard. Et surtout, en amadouant ainsi le clergé catholique, les Anglos s'en faisaient un allié.
Ceux-ci, comprenant la main-mise qu'avait dès l'époque le clergé sur les Canadiens-Français comme vous dites, comprirent du coup que leur appui au clergé catholique était un élément puissant de contre-rébellion. Et ils eurent fort raison.

Ils ont eu le droit de représentation au parlement Canadien et le contrôle de tous le territoire du Québec et de ses riches ressources naturelles situé stratégiquement en plein centre du Canada.


Pour la "représentation au parlement canadien": genre de représentation qu'a le Nunavut vous voulez dire?
Si ce droit de représentation du Québec au sein du parlement canadien est si représentatif, comment expliquez-vous alors que le Québec ne fasse même pas partie de la constitution?

Alors imaginez la représentation de nos ancêtres à Ottawa au début du 20e siècle, ce qu'elle était. Allons plus loin...fin 18e puis 19e siècle.
L'acte constitutionnel de 1791 et la dynamique du Haut et du Bas-Canada était une vraie farce.
Si vous ne le reconnaissez pas, c'est que vous affirmez que la révolution des patriotes n'avait pas lieu d'être et était illégitime.
D'ailleurs, jusqu'en 1838...tous les représentants de la couronne et les présidents de conseil étaient.....anglos. Seuls les président d'assemblée (poste sans pouvoir décisionnel) étaient comblés par des Canadiens-Français.
Puis avec l'Acte d'Union de 1840, le Haut-Canada refilait au Bas-Canada la dette qu'elle avait accumulée pour son développement économique.
Jusque dans les années 1960, tout le contrôle de l'économie québécoise, voire de la politique, était aux mains des Anglais.

En outre vous reconnaissez que l'empire britannique et les Anglos du Canada ont toujours été des racistes et des tricheurs contre les Autochtones, afin de garder leur emprise sur ces derniers.
Alors comment en serait-il différent envers les Québécois?
Êtes-vous réellement sérieux lorsque vous insinuez que les Anglos ont toujours eu le coeur sur la main pour les Québécois, et les ont traité avec compassion et justice?

Ils ont eu le droit de représentation au parlement Canadien et le contrôle de tous le territoire du Québec et de ses riches ressources naturelles situé stratégiquement en plein centre du Canada.


Quel "contrôle"?
Pourriez-vous nous nommer un seul Québécois ou une seule compagnie forestière ou minière qui a pu exploiter les richesses naturelles du Québec avant 1960?
Ces richesses et tout l'argent qui en découla fut du contrôle des Anglais, depuis toujours, même encore aujourd'hui.
J'espère que lorsque vous parlez de "contrôle" vous ne faites pas allusion aux bûcherons québécois?

Ce peuple a son propre gouvernement reconnu en vertu de la Constitution du Canada.


Pas vraiment.
Puis imaginez un parti politique qu'il n'aurait au Parlement qu'un député sur 10.
Le même parti, comme tous les commentateurs, dirait qu'il n'a AUCUN POUVOIR en chambre tant il est minoritaire.
C'est pourtant exactement le même rapport qu'a le Québec au sein du Canada: il a mathématiquement aucun pouvoir, et politico-culturellement renié et exploité par la balance du pouvoir anglais et ce, depuis les tous débuts.


Même avant leur révolution tranquille en 1960, près de 200 ans plus tard, ils jouissaient d’une assez bonne éducation et avaient à cette époque des revenus beaucoup supérieurs aux Métis


Les Québécois on eut une taux de fréquentation scolaire inférieur au reste du Canada, tout au long du 19e et 20e siècle et ce, jusque dans les années 1960-70.
Les Québécois sont fils et petit-fils d'ouvriers, et non de cadres d'entreprise et d'ingénieurs. J'espère que vous le savez, sinon eux ils le savent très bien.
Mais heureusement, la moyenne d'éducation des Québécois s'est grandement améliorée, et commence à surpasser la moyenne canadienne.
Et cela est dû non pas à la "compassion anglaise" dont vous vous faites l'apôtre lorsqu'il est temps d'analyser l'histoire du Québec, mais bien à la prise en mains par le Québec de son destin. Ce que je souhaite également pour tous les Autochtones.

De plus, les Québécois ont joui d’un leadership visionnaire qui les a conduits ou ils devaient aller.


Enfin, nous nous comprenons.
Alors pourquoi nous Autochtones ne pouvons avoir ce leadership visionnaire?

Il est temps de se réveiller et d'arrêter d'être complaisant avec les leaders autochtones qui ont pour seule action d'aller pleurer à Ottawa en jouant le papier de la pauvre victime. C'est peut-être historiquement vrai et légitime, mais c'est en revanche hyper-loser.
C'est tellement loser que les résultats sont ceux de losers, alors que pendant ce temps d'autres peuples autochtones à travers le monde ont adopté une attitude pro-active et en ont récolté les résultats.

Par contre, les Métis du Québec au nombre approximatif de 41,000, soit moins que 1% de la population Francophone du Québec. sont dispersés sur tout le territoire du Québec et ne sont pas tous homogènes. Dès le Régime Anglais, ils ont été marginalisés sans représentation aucune. Plusieurs d’entre eux ont été forcés à s’assimiler au cours des années ou du moins se « camoufler » au sein de la population pour survivre sans discrimination. Les Métis n'ont aucun gouverrnement et encore aujourd’hui, on ne leur reconnait aucun droit d’identité Autochtone. Ils ne contrôlent aucun territoire important ni même stratégique et aucune ressources. Leur taux d’éducation et leurs revenus demeurent inférieurs à la moyenne Canadienne. Respectueusement, leur leadership est ce qu’il est….


Et bien voilà, vous avez bien dit.

Mais, n'est-ce pas la qualité essentielle de tout bon leader que de savoir réunir tout le monde et d'en faire un véhicule cohésif?
Alors où sont les leaders?
S'il n'y a aucune cohésion chez les Métis du Québec...c'est alors que nous n'avons aucun VRAI leader qui vaille.

Certes on en voit de toutes les couleurs, jusqu'à de petits pègreux qui s'auto-proclamment chef de ceci ou chef de cela. Et beaucoup de fumée, beaucoup de spectacle. Mais ce ne sont que des paroles et du théâtre, car politiquement nous ne sommes rien de concret.

Alors vous reconnaissez maintenant 2 choses à propos de nos leaders:
1) ils n'ont pas le leadership visionnaire qu'ont eux les leaders Québécois de la révolution tranquille;
2) leur leadership laisse à désirer.

Suivant vos propres déclarations et votre propre pensée donc, je vous repose la question suivante:
- Comment pouvez-vous continuer à défendre la stratégie de nos prétendus leaders métis, si vous reconnaissez que leur leadership n'est pas visionnaire et qu'il laisse à désirer?

Vous demandez aux Métis de suivre un plan qui n'a pas fonctionné pour les Indiens, et vous leur demandez également de suivre ce plan que leur proposent les leaders métis, alors que vous reconnaissez que nous n'avons pas de leadership qui vaille.

Encore une fois, j'essaie de vous suivre dans votre raisonnement.

Les Métis n'ont aucun gouverrnement et encore aujourd’hui, on ne leur reconnait aucun droit d’identité Autochtone. Ils ne contrôlent aucun territoire important ni même stratégique et aucune ressources. Leur taux d’éducation et leurs revenus demeurent inférieurs à la moyenne Canadienne.


Vous avez raison. On part de 0.
Mais faut bien partir quelque part non?
Si l'on continue à s'appuyer sur notre sort en demandant éternellement la tétée, nous n'avancerons jamais.

Le TERRITOIRE comme vous dites.
Base essentielle d'un peuple.
Base essentielle de la cohésion sociale et culturelle.
Base essentielle de toute la dynamique autochtone.
Base essentielle au pouvoir, qu'il soit politique ou économique.
Pourtant, on en entend peu parler par nos leaders.
Correction: oui ils en parlent, mais qu'en disent-ils?: "les gouvernements doivent nous donner des territoires allant du point X au point Y (même si ça ne fait aucun sens politiquement et géo-politiquement, voire même parfois historiquement). Toute la vallée du Saint-Laurent était occupée par des Métis" et blablabla.
C'est bien beau le blablabla, mais on fait quoi avec tout ça?
On n'en a pas de territoire. On s'est peut-être fait avoir jadis, mais là on n'en a pas. Et ceux qui croient que le gouvernement va donner aux Métis une quelconque partie du territoire du Lac Saint-Jean jusqu'à la Côte-Nord, à titre d'exemple, et bien qu'ils mènent le combat si vraiment ils sont si peu pragmatiques. Mais qu'ils n'oublient pas que pendant leurs croisades imaginaires, il y a tout un peuple qui demeure tout nu, comme toujours, et pour cause de pseudo-leaders autochtones qui ont toujours été des experts pour perdre tous les combats à force de "truster" son propre bourreau. Le fédéral a "fourré" nos ancêtres et les ont dépossédé, tantôt par la force, tantôt par le mensonge, tantôt par de sombres manœuvres politiques. Choses qu'ils continuent de faire. Pour cette raison tous les Autochtones sont tout nus, mais pendant que leurs leaders continuent d'aller demander pitié et clémence à Ottawa.

Nous n'avons pas de territoire? Nous allons faire quoi? Attendre 100 ans de plus?
Si nous n'en avons pas, alors voici ce que nous allons faire: nous allons en avoir.
Comment?
En les achetant.
Et ce n'est rien de farfelu si l'on suit le point (1) qui est le développement économique comme base de toute notre action.

Avec l'acquisition de territoire en tant que propriétaire privé, ledit territoire et ses gens qui l'occupent ont certain droits:
- droit de regroupement temporaire ou permanent;
- droits d'exploitation: touristique, agricole, et même forestière, de développement immobilier, etc.
- droit d'y construire des chemins et d'en contrôler l'accès (voire de profiter économiquement de cet accès) etc.

Avec un territoire et de la main-d’œuvre métisse, on peut tout développer.
TOUT est possible.

En ce qui a trait à l'ÉDUCATION, quelques points....

Reconnaissant que les Autochtones n'avaient pas eu les mêmes opportunités de développement social et d'accès à l'éducation, les universités hors-Québec ont proposé un système d'admission parallèle pour les Autochtones, dans les disciplines hautement contingentées telle la médecine.
En termes pratiques, un Autochtone qui a tous les pré-requis et satisfait aux exigences d'admission, a de fortes chances d'être admis dans les universités canadiennes hors-Québec.

Nous pourrions éventuellement faire avancer l'idée ici au Québec.
Si nos leaders avaient pensé à développer un service de communications publiques, comme dans tout groupe d'intérêts, nous pourrions même faire savoir à tout le monde que les universités québécoises sont parmi les seules au Canada qui ne proposent pas cet accès aux Autochtones.

Nous pourrions un jour développer notre propre système de prêts et bourses, afin d'élever nos enfants aux sommets de la société.

De manière encore plus concrète, quels programmes 100% Métis et 100% mis de l'avant par les Métis concernent l'éducation? Le développement de l'entrepreneurship métis?
Est-ce que dans les communauté métisses des gens avec les compétences requises s'offrent pour:
- de l'aide aux devoirs scolaires pour les jeunes? Perfectionnement en mathématiques, français etc.;
- de l'aide à l'entrepreneuriat? N'y-a-t-il aucun Métis qui puisse être mentor pour toute personne souhaitant se lancer en affaires?
- avons-nous mis en place des programmes (ça coûte rien) qui permettent aux Métis de s'entraider de la sorte, où un Métis doit-il passer par Kijiji s'il a besoin de l'aide d'un autre Métis pour se développer académiquement ou professionnellement?
Ça ne coûte pourtant rien.

Il y aurait plein d'autres exemples du genre, qui sont concrets et faciles à réaliser, et qui nous feraient faire des pas de géant.
Pour l'instant, nous n'avons ni même un club de balle-molle.

Convainquez-nous du bien fondé de votre stratégie et démontrez-nous que celle-ci est réaliste et réalisable. Donnez-nous les étapes requises que vous préconisez pour atteindre ces objectifs.


Dans le paragraphe précédent il y a la base. Bien qu'un forum ne soit pas l'endroit idéal pour étaler une planification stratégique.

Rappelons simplement les grands axes:

1) développement d'une économie québéco-métisse:
- aide à l'entrepreneuriat;
- établissement d'un réseau d'affaires métis (mise en contact et réunion des gens d'affaires Métis et organisation subséquente; développement de programmes d’employabilité des Métis au sein des entreprises de Métis, programmes de formation continue offert par des Métis pour les Métis; développement de projets métis communautaires avec programmes d'intégration (ex: pourvoirie métisse, ferme métisse, etc.));
- fonds à l'entrepreneuriat et aux études
- achat de territoire et exploitation durable.

2) organisation politique:
- développement d'un organe politique central et pan-québécois, avec représentants élus démocratiquement de chaque communauté, et parlant d'UNE SEULE VOIX;
- mise en place de stratégies politiques et d'un fonctionnement classiques tels: fonction de lobbying politique et d'interactions avec les partis politiques québécois et canadiens; fonction juridique; fonction de communications (service relations publiques et publicitaire).


Ce n'est que la prémisse.
Aucune idée de la voie que prendront les Métis, s'ils suivront l'exemple des éternels perdants que sont malheureusement nos frères Indiens, ou si plutôt ils décideront d'être pro-actif et de suivre le modèle des vainqueurs.

Moi ma vision pour les Métis c'est que nous devons prendre notre destin en main et oublier la vieille façon de faire les choses.
Nous devons aller vers cette façon nouvelle de penser et ainsi nous développer.
À partir de là, TOUT est possible.

Suis-je le seul?
Ne jamais accepter la facilité et la résignation
MarcoDavi
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