Tête-à-tête avec Germaine Mestenapeo

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Tête-à-tête avec Germaine Mestenapeo

Messagepar Saguingoira » 2009-04-28, 20:13

le 23 avril 2009
Par Jean Saint-Pierre

Tête-à-tête avec Germaine Mestenapeo
Une nomade citadine transmet la réalité autochtone

Travailleuse sociale de formation, Germaine Mestenapeo partage ses expériences personnelles et ses connaissances de la culture innue avec les jeunes à Jean-du-Nord. Bébé, elle se déplaçait en forêt dans une famille nomade. Elle a ensuite vécu à Natashquan, au Havre, à Sept-Îles, Rivière-du-Loup, Québec et Ottawa.

Cette femme, qui pense et rêve en français et en innu, a pratiqué plusieurs métiers. Elle a étudié comme secrétaire, puis en sport et loisir avant de choisir les communications et l'intervention sociale. Germaine Mestenapeo a œuvré comme conteuse au premier Festival de l'Innucadie. Aujourd'hui, c'est aux adolescents qu'elle raconte des histoires riches de sens.

Vie en rose et noire

Des expériences, elle en a vécues des noires et des plus roses. Une agression sexuelle à Natashquan l'a amené a quitté sa communauté. Elle a pris quelques mois à guérir de cette blessure. C'est à travers des voyages en Europe qu'elle a retrouvé un peu de sérénité. «J'ai senti une grande honte. Je m'habillais de façon asexuée. C'est en Italie que je me suis réconciliée avec les hommes.»

Au retour, elle a travaillé comme journaliste pour le réseau SOCAM, puis comme agente d'information au Conseil Attikamek et Montagnais (CAM). Une deuxième agression lui a fait perdre un emploi. Elle a suivi une thérapie qui lui a révélé des choses sur sa personnalité et sa spiritualité.

«J'étais à Québec pendant la crise autochtone (événement d'Oka). Je vivais une période sombre de ma vie. Tous les autochtones subissaient les lourds regards et des agressions.» Deux hommes lui ont fait passer un mauvais moment en la tabassant, en éjaculant et urinant sur ses vêtements.

Ses plus beaux souvenirs, elle les retrouve dans sa famille et dans diverses réalisations. Son grand-père Joseph Bellefleur a agi comme chef pendant plusieurs années. «Mes parents m'ont beaucoup aidé. Mon grand-père véhiculait des valeurs justes. Il disait qu'il s'habillait chic pour être aussi beau que les animaux dans le bois.»

Vision politique

Germaine Mestenapeo a accompagné des chefs autochtones jusqu'à l'ONU à Genève en 1999. Elle a organisé la grande manifestation au Labrador contre le développement hydroélectrique, qui a fait avorter une rencontre entre le ministre Brian Tobin et le Premier ministre Lucien Bouchard. C'est un groupe de femmes qui a empêché les limousines de se rendre au point de rencontre.

Choquée par l'échec des négociations territoriales qui s'éternisent, elle a quitté le CAM. Elle s'est alors dirigée vers des études en muséologie. «J'ai réalisé une recherche sur le tambour sacré qui a retenu l'attention du Musée d'Ottawa. J'ai appris encore plus de choses sur mes racines et ma culture.»

Elle déplore le peu de pouvoir des femmes au sein des organisations politiques innues. «Les femmes autochtones prenaient les décisions dans les clans à une certaine époque. Avec la colonisation et le contrôle des hommes de robes de la religion, tout a changé. Ces Blancs refusaient de discuter avec les femmes.»

Elle a milité au mouvement féministe, notamment avec l'Association des femmes autochtones du Québec. «La réflexion sur la place des femmes est encore peu avancée dans les communautés innues. Il y a plein de femmes instruites dans nos communautés, mais ces compétences sont peu utilisées par les conseils de bande. J'espère que les femmes prendront plus de place pour régler les dossiers politiques autrement.»

Belle jeunesse

Dans les classes d'histoire, de géographie et d'éthique, Germaine Mestenapeo livre sa version du conte traditionnel sur la création, Tshakapesh. Elle parle du pouvoir que chacun hérite à la naissance. Elle intègre des éléments sur la force du peuple nomade, le partage qui s'inscrit dans la tradition innue et du choix que chacun doit faire entre le côté sombre et la lumière.

«Je voulais travailler avec les adultes et les aînés parce que les jeunes avaient mauvaise presse. Je suis très heureuse à Jean-du-Nord aujourd'hui. Les jeunes Québécois sont réceptifs. Les jeunes Innus sont moins expressifs, mais très intéressés par le passé de leur peuple.»

Elle assure que les jeunes sont plus ouverts que lorsqu'elle étudiait dans les écoles secondaires du Havre et de Sept-Îles. «La vielle génération de Sept-Îles ne changera pas. Les gens de mon âge me perçoivent comme une Indienne avant de me voir comme être humain. Les jeunes se comportent entre eux spontanément parfois avec moquerie, mais ils s'ouvrent aux autres cultures. Les adolescents Innus cherchent leur appartenance. J'ai espoir qu'ils passeront un jour de la recherche d'identité à la prise de parole en conservant le bagage de notre Peuple.»

Elle souhaite une reconnaissance des Autochtones pour les générations futures. Germaine Mestenapeo conclut que la conscience humaine fait partie de la nature. Elle croit qu'une prise de conscience sur l'environnement et la diversité culturelle va émerger.

source : http://nordest.canoe.ca/webapp/sitepage ... manchettes
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P.S.
Si vous considérez tout comme moi, que ce post est mal classer, ce n’est pas à moi qu’il faut vous en prendre.
Il ni a pas de place pour ce genre de texte sur ce site.


Darquise
Saguingoira
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