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Messagepar Saguingoira » 2009-03-13, 13:17

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Les Autochtones
Veuillez noter : Cet ouvrage de référence unique a été publié en 1876 et on l'a saisi sous forme électronique, sous forme de textes et tableaux. La terminologie utilisée pour décrire la population, les activités économiques et les localités n'est pas changée. Les vues et opinions exprimées dans ce volume ne reflètent en aucune façon les vues de Statistique Canada.

Tableau; extrait des Mémoires de 1736 et 1763
Tableau; de la population aborigène du Canada, 1871 [PDF] [Carte]
RAPPORT SPÉCIAL DE LA CHAMBRE DES COMMUNES, 1857
Tables de population des diverses parties du Nord-Amérique Britannique

Les chiffres ci-dessus inscrits (Recensements de 1871) comprennent la population aborigène (constatée d'une manière régulière et complête) des Provinces d'Ontario, de Québec, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Ecosse et de l'Isle du Prince-Edouard. Mais il n'existe pas de recensement de ces populations pour les autres parties du Nord-Amérique Britannique, où domine cependant cet élément. L'Isle de Terreneuve n'a pas de population aborigène ; les quelques familles sauvages qui s'y rencontrent, de temps à autre, appartiennent aux tribus de la Côte du Labrador (dont partie est annexée à Terreneuve), ou bien aux groupes Micmacs des Côtes-Sud du Golfe Saint-Laurent.

Il importe, au double point de vue de la Statistique et de l'Ethnographie, d'établir le chiffre approximatif des aborigènes de ces vastes espaces, dont ils ont été les premiers propriétaires.

On a vu, dans les pages qui précèdent, trois états, on pourrait dire Recensements, de la population aborigène, établis à trois époques différentes de l'histoire de la colonisation de ce pays. Ces trois renseignements, bien que n'étant pas complêts, ont une valeur considérable en ce qu'ils portent, pour autant, le caractère de l'exactitude relative que permet le sujet, et sont, par conséquent, l'expression du chiffre de population qu'une certaine étendue de territoire peut maintenir, par la chasse et la pêche, à l'état sauvage dans les conditions données. Certaines tribus cultivaient le maïs, la citrouille et la fève ; mais en étudiant les conditions de ces cultures, décrites dans les ouvrages des Missionnaires et des Découvreurs, on voit de suite que cette ressource, dans les meilleures années de rapport, ne dispensait pas d'avoir recours à la chasse et à la pêche, et que ces cultures n'avaient lieu que là où la grande pêche des côtes maritimes manquait ou bien lorsque l'espace à chasser était insuffisant.

La plupart des évaluations de la population aborigène, faites par les auteurs, tant anciens que modernes, sur les données fournies par les sauvages eux-mêmes, les voyageurs et les traiteurs, sont entachées d'exagération, que la critique a rarement découverte, tant on a de peine à admettre comme exact le chiffre de l'énorme superficie de territoire nécessaire à l'alimentation de l'homme par la chasse.

C'est ainsi que du temps de Champlain, et après, on évaluait à 30,000 âmes et plus, la population de la nation Huronne ; Champlain lui-même tombe dans cette erreur qu'il corrige, cependant, d'une certaine façon, en disant que cette nation comptait seulement 2,000 guerriers, ce qui suppose environ 10,000 âmes. Et, en effet, un recensement régulier fait par les Missionnaires, en 1639, c'est-à-dire à l'époque de la plus grande concentration des Hurons, constate alors 32 bourgades, 700 cabanes, (chez les Hurons-Iroquois des bourgades sédentaires, ces logements en tonnelles servaient à un plus ou moins grand nombre de familles), 2,000 feux, 12,000 personnes. (Relation de 1640, page 62).

Il faut remarquer que les Hurons cultivaient le sol, pêchaient dans le Lac Huron et chassaient dans une assez grande étendue de forêts inhabitées, à l'Est de leur pays de séjour.

La guerre d'extermination que se firent entre elles les diverses tribus de race Huronne-Iroquoise habitant la vallée des Lacs Ontario, Erié, Huron et voisinage, amena la presqu'extinction des Hurons en 1648 et 1649, et réduisit le nombre des autres tribus au point que la confédération des cinq Cantons Iroquois, la plus puissante organisation aborigène connue, ne comptait, en 1665 et 1677, malgré l'annexion des restes d'autres peuplades, que quelques milliers d'âmes.

La population des cinq Cantons a été régulièrement constatée, en 1665, par les Missionnaires Jésuites, et, en 1677, par Wentworth Greenhalgh, dans un tour fait à cet effet pour le compte du gouvernement Anglais. Le résumé de ces deux dénombrements se trouve, le premier, dans la Relation de 1665, pages 10 et 11 ; le second, dans les Archives de Londres.

En 1665, les Anniégués (Agniers) comptaient 400 guerriers ; les Onneyouts 140 guerriers ; les Onnontagués 300 guerriers ; les Oïogouens (Goyogouins) 300 guerriers ; et les Sonnontouans (Tsonnontouans) 1,200 guerriers : en tout 2,340 guerriers, ou environ 11,700 âmes.

Le dénombrement de 1677 est ainsi résumé : Maquaes (Agniers) 5 bourgades, 96 cabanes, 300 guerriers ; Onyades (Onneyouts) 1 bourgade, 100 cabanes, 200 guerriers ; Onondagos (Onnontagués) 2 bourgades, 164 cabanes, 350 guerriers ; Caïougos (Goyogouins) 3 bourgades, 100 cabanes, 300 guerriers ; Senecques (Tsonnontouans) 4 bourgades, 324 cabanes, 1,000 guerriers : en tout 2,150 guerriers ou environ 10,750 âmes.

Avant d'examiner les trois documents les plus importants qu'on possède sur la question de la population aborigène ancienne, il est intéressant d'ajouter un dernier renseignement, portant le caractère de l'exactitude. Ce renseignement se rapporte à l'année 1745, et se trouve aux Archives de Paris. Les Missionnaires, MM. les Abbés Laloutre et Maillard et les PP. Lacorne et de l'Estage, rendent compte des familles Micmacs et constatent l'existence de 200 familles dans l'Acadie (la Nouvelle-Ecosse) ; de 80 familles à l'Isle Royale (Cap Breton); de 195 familles à Miramichi, et de 60 familles à Restigouche : en tout 535 familles ou environ 2,407 âmes. Les familles sauvages donnent en moyenne à peu près 4.5 individus par famille ; et comme le nombre des hommes en état de porter les armes est un peu plus grand que celui des ménages, on multiplie par 5 le nombre des guerriers, et par 4 1/2 le nombre des familles pour avoir le chiffre de la population. C'est à ces taux que, chaque fois qu'il y a lieu, la population est calculée dans les pages qui suivent.

Les grands faits qui ressortent de l'examen des conditions de l'état sauvage, dans ce pays, sont :

Que les sols les plus fertiles ne sont pas ceux qui fournissent en général le plus de chasse ; que la pêche, et surtout la pêche des côtes maritimes, est la ressource naturelle la plus abondante que trouve l'homme à l'état sauvage. Ce sont les sauvages de la zône la plus favorisée sous le rapport du climat et du sol qui suppléaient aux deux sources naturelles d'alimentation par la culture du sol : d'autre part, les Esquimaux, dont le territoire se compose exclusivement des bords nus et désolés de l'Océan Glacial, parviennent à se faire un régime abondant, bien que grossier, en exploitant une mer presque toujours couverte de glace ;
Que les populations sauvages, vivant exclusivement de chasse et de pêche, ne peuvent augmenter au-delà de certains rapports très restreints entre le nombre d'habitants et la superficie habitée, en-deça desquels toujours elles descendent périodiquement, par la famine, les maladies ou la guerre, oscillant ainsi entre un nombre maximum à peu près déterminable (les conditions étant données) et un nombre minimum évidemment indéterminé. La douceur du climat exerce ici une grande influence, si pas en augmentant les ressources du moins en diminuant les besoins ;
Que les populations sauvages, restant à l'état de peuples chasseurs, diminuent en nombre en raison de l'étendue et de la fréquence de leurs rapports avec les nations civilisées, par la destruction des moyens primitifs d'existence, par l'introduction de vices et de maladies, ou par l'absorption dans la création d'une race métisse.
Pour juger du plus ou moins de valeur des chiffres donnés pour représenter la population Sauvage d'une division territoriale non recensée, il faut tenir compte de ces éléments de critique.

Le premier des états de population indigène dont il vient d'être parlé, date de 1611 ; il a été préparé par un missionnaire Jésuite, et se trouve inséré dans la Relation de cette année, la première de cette série de lettres admirables qui constituent la source la plus féconde de l'histoire des premiers temps de la colonisation du Canada.

Le pays habité par les tribus mentionnées dans cette Relation, qui toutes appartenaient à la grande famille algonquine, était un pays de belle chasse et de bonne pêche. Les Souriquois (Micmacs d'aujourd'hui) habitaient ce qui constitue aujourd'hui les Provinces de la Nouvelle-Ecosse et de l'Isle du Prince-Edouard, le littoral du Golfe Saint-Laurent, dans les Provinces du Nouveau-Brunswick et de Québec, et les déversoirs Est de cette région ; ils étaient environ 3,500 et leur territoire d'alors couvrait une superficie d'environ 45,000 milles anglais carrés.

Les Etaminquois (Maléchites d'aujourd'hui) habitaient toute la vallée de la Rivière Saint-Jean, dans le Nouveau-Brunswick, et partie de l'Etat du Maine, s'étendant, en comprenant tout l'intérieur, jusqu'au fleuve Saint-Laurent, dans toute cette région qui fait face à l'Est et à l'Ouest au cours de la Rivière Saint-Jean et de ses affluents ; ils étaient 2,500 et leur territoire couvrait, alors, une superficie d'à peu près 40,000 milles carrés; ils avaient moins de pêche maritime que les Souriquois.

Les Kinibéquis (Abénakis d'aujourd'hui) occupaient partie des Etats du Maine, du Vermont et du New Hampshire, les Etats de Massachusett et de Connecticut, et toute la vallée du Saint-Laurent, rive sud, depuis la Rivière Chaudière jusqu'au pays des Iroquois, et chassaient même sur le littoral de la rive nord du Saint-Laurent ; ils étaient 3,000 et leur territoire couvrait une superficie d'environ 55,000 milles anglais : leurs côtes de pêche avaient beaucoup de valeur sans avoir l'importance de celles des Souriquois et des Etaminquois.

Les Montagnets appartenaient à la famille Abénakise : ils chassaient dans les montagnes du New Hampshire et du Vermont et dans cette partie de la Province de Québec qu'on appelle les Cantons de l'Est, et le district de Beauce : ils étaient 1,000 et occupaient environ 20,000 milles carrés de territoire, sans pêche. On a donc,--dans un pays les plus abondants en chasse et en pêche, un des plus propres par conséquent à supporter une population sauvage nombreuse, et cela dans une période de prospérité et à une époque ou nulle influence étrangère n'était encore venue troubler l'état primitif de ces peuples,--10,000 habitants pour environ 160,000 milles carrés de territoire, ou 1 habitant par 16 milles carrés, ou 1 habitant par chaque 41 kilomètres carrés. Et pour les Souriquois, séparément, 1 habitant par environ 12 milles carrés ou à peu près 31 kilomètres carrés.

Les deux autre états de population sauvage, inscrits plus haut, se rapportent aux années 1736 et 1763 : le premier est un Mémoire déposé aux Archives de Paris, et qui est dû à un officier du gouvernement Français dont le nom n'est point donné ; le second est de Sir William Johnson, et fait partie des Documents Anglais intitulés : Plantations General Papers.

Il est fort intéressant de mettre en regard ces deux évaluations du nombre des sauvages, faites pour les mêmes tribus et les mêmes territoires, à plus d'une quart de siècle d'intervalle de temps. Voici le tableau résumé des renseignements de ces deux Mémoires, groupés de manière à pouvoir être comparés ; ces mémoires ne donnent, tous deux, que le nombre des guerriers ; c'est-à-dire environ le cinquième de la population totale, qu'on peut ainsi établir au chiffre de 79,375 âmes, d'après le mémoire français, et à cinquante neuf mille neuf cents âmes, d'après le mémoire anglais, ou plutôt à 78,000, en suppléant à la lacune de ce dernier mémoire qui ne comprend qu'une partie des Abénakis et ne contient point l'énumération des Sioux, des Assiniboines et des Illinois.

Tableau extrait des Mémoires de 1736 et 1763 sur la Population aborigène de certains territoires de l'Amérique du Nord, maintenant partie située dans les Etats-Unis d'Amérique et partie dans le Canada.

Source et suite : http://www.statcan.gc.ca/pub/98-187-x/4151278-fra.htm
mise à jour le 22 octobre 2008.
Saguingoira
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