La question autochtone : entre préjugés et réalités

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La question autochtone : entre préjugés et réalités

Messagepar Saguingoira » 2008-04-03, 09:04

La question autochtone : entre préjugés et réalités

L’année 2004 clôture la Décennie internationale des populations autochtones promue par les Nations Unies. Cette décennie avait pour objectif de renforcer la coopération internationale afin de trouver des réponses aux difficultés existantes dans les communautés autochtones des différents pays du monde tels les droits de la personne, l’éducation, l’environnement, le développement économique et social, la santé et la préservation de la culture. Au Québec, les médias ne parlent trop souvent des Autochtones qu’en temps de crise, alimentant ainsi les nombreux préjugés existants. Où est la ligne entre la réalité et les idées préconçues? Qu’en est-il de la question autochtone au Québec? Quelles sont les difficultés vécues par les communautés, quelles sont leurs revendications? Qu’en est-il des rapports entre les nations autochtones et québécoise?

La question autochtone au Québec en est une des plus complexes. En effet, il est difficile de voir clair dans cette problématique où le juridique et le politique s’enchevêtre dans l’histoire. Ce présent dossier ne prétend donc pas traiter de tous les enjeux liés à la question autochtone mais a pour but d’offrir un état des lieux de cette réalité sans cesse d’actualité.

Un terme porteur d’une foisonnante diversité

Le terme autochtone est une expression générique utilisée pour désigner les peuples originaires des pays qu’ils habitent. Dans le cas du Québec, ce mot désigne les Amérindiens, les personne d’ascendance amérindienne et les Inuits. Les dix nations amérindiennes et la nation inuite sont composées d’une population de 77 850 personnes en 2000, représentant ainsi environ 1 % de la population totale au Québec. Ces 11 nations, divisées en 54 communautés, se regroupent sous trois grandes familles linguistiques et culturelles : les Inuits font partie de la famille eskaléoute, les Mohawks et les Hurons-Wendats se rattachent à la famille iroquoienne et les autres nations se regroupent au sein de la famille algonquienne. Certains Autochtones vivent dans des centres urbains, d’autres dans des régions difficiles d’accès et la taille des communautés peut varier de quelques centaines de personnes à quelques milliers. Ainsi, même si les analyses traitent des Autochtones en général, il faut garder en tête l’ampleur de la diversité des cultures, des croyances, des traditions et des histoires que recoupe l’expression « autochtone » afin de mieux comprendre les réalités autochtones.

Les revendications autochtones

Le gouvernement canadien a classé les revendications en deux types : particulières et globales. Les revendications particulières concernent des griefs précis quant au respect des traités. Elles touchent aussi l’administration des terres de réserve et des biens des communautés autochtones. Toutefois, ce type de revendication ne concerne souvent que le gouvernement fédéral.

Les revendications globales touchent les questions de territoire et des ressources naturelles, par exemple les droits de pêche et de piégeage ou de titre de bien-fonds. En vertu de la Loi sur les Indiens, le gouvernement fédéral est le palier gouvernemental possédant la compétence de la gestion des affaires autochtones afin d’assurer l’uniformité des mesures entre les peuples autochtones des différentes provinces. Soulignons au passage qu’au gouvernement du Québec, il existe le Secrétariat aux affaires autochtones du Québec qui a pour mandat de créer des relations harmonieuses avec les Autochtones et de favoriser le développement des communautés. Dans le passé, le ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada gérait les programmes leur étant destinés. Peu à peu, des conseils de bande ont été formés et ont assumé de plus en plus de responsabilités concernant différents secteurs d’activités de leur communauté. Ainsi, le pourvoir local est exercé par les conseils de bande chez les Amérindiens et par la municipalité chez les Inuits. Toutefois, après les gains liés à l’autonomie administrative, l’autonomie politique est une préoccupation d’actualité chez les communautés autochtones. Les revendications en matière de territoire et de ressources sont d’une grande importance puisqu’il s’agit de la clé de voûte de l’autodétermination autochtone. La plupart des communautés autochtones ne réclament pas une totale souveraineté mais désirent qu’une part d’autorité souveraine soit reconnue dans la constitution comme celles des provinces et du gouvernement fédéral. Elles visent donc une autonomie gouvernementale, c’est-à-dire une sorte de souveraineté intérieure sans séparation avec le pays. La sauvegarde de leur identité et de leur culture est aussi intrinsèquement liée à la question du territoire et de l’autonomie gouvernementale.

D’autres sujets importants font aussi partie des demandes formulées par les Autochtones. Certaines revendications portent sur le développement économique, culturel ou encore communautaire. Des requêtes concernent les secteurs de la santé et des services sociaux, de la justice et de l’énergie. Ainsi, plus concrètement, « ils [les Amérindiens] se plaignent du manque d’autonomie gouvernementale, de leur faible participation à la vie politique de l’État [notamment au niveau des négociations], ils déplorent le peu de reconnaissance de leurs coutumes par l’État, la construction de barrages hydroélectriques sans études environnementales acceptables, la destruction de terrains de chasse »[1]. Globalement, les nombreuses difficultés vécues par les Autochtones sont liées au régime de tutelle qui les contraint par la Loi des Indiens du gouvernement fédéral. Toutes ces revendications visent à renforcer le développement social et économique des communautés autochtones afin de permettre le mieux-être des habitants, l’autonomie des nations et la préservation des cultures.

Un portrait économique et social difficile

Outre le ton dramatique emprunté, l’économiste Jean-Luc Migué décrit bien la situation actuelle des communautés : « la société indienne vit dans une pauvreté abjecte; elle souffre de pathologies sociales et physiques dramatiques. Le taux de tuberculose dans les réserves s’élève à 5 fois la moyenne nationale. Près de la moitié des Indiens tirent leur principale source de revenu de l’État canadien. Le taux de suicide chez les jeunes s’inscrit près du somment mondial pour un groupe culturel particulier. La proportion des familles mono-parentales atteint des sommets jamais approchés dans le reste de la société. Le taux de criminalité dépasse tout ce qu’on observe ailleurs. L’état de santé général est alarmant. L’espérance de vie s’inscrit à une fraction du niveau de la population générale. L’alcoolisme y est un problème généralisé et le chômage atteint 30% »[2]. On constate donc que le manque de perspectives d’avenir a des effets dévastateurs sur le potentiel pourtant existant de ces nations. Malgré le fait que les causes sont nombreuses et diverses, il est possible de constater que le régime de tutelle et les préjugés sont des causes importantes dans le marasme social et économique actuel.

Un régime de tutelle contraignant

Un préjugé souvent répandu consiste à affirmer que les Autochtones jouissent de privilèges que les autres citoyens québécois n’ont pas. Bien sûr, les Autochtones peuvent bénéficier d’exemptions de taxes, d’impôts, de contributions financières en matière de santé, d’éducation et de logement. Cependant, une simple analyse de cet état de fait permet de constater qu’il s’agit d’un véritable régime de tutelle et quoiqu’il contienne des avantages, les inconvénients sont majeurs. Des Autochtones (Indiens inscrits selon l’expression juridique du gouvernement canadien de la Loi sur les Indiens) vivant dans des réserves ont certes des droits différents des autres citoyens mais sont aussi privés de certains droits essentiels au développement d’une communauté.

Le soi-disant privilège de l’exemption de d’impôts sur le salaire est discutable puisque les employeurs tiennent compte de cette exemption pour déterminer les salaires. Aussi, cet avantage est limité puisque l’exemption d’impôts sur le salaire est existant seulement lorsque le travail est exécuté dans la réserve ou pour un employeur de la réserve et les Autochtones doivent souvent chercher du travail hors de la réserve étant donné le peu de développement économique dont ils souffrent et le taux de chômage élevé qui en découle. De plus, les Autochtones vivant dans une réserve ont des droits limités quant à la possession ou l’occupation d’un terrain. Les transferts ne sont acceptables qu’entre membres de la bande et doivent être approuvés par le ministre des Affaires indiennes et du Nord Canada. Ces terrains ne peuvent faire l’objet d’hypothèque, limitant ainsi la capacité d’emprunt. Étant donné que les biens ne sont pas saisissables, l’accès au crédit est impossible. Quant à la transmission des biens, la compétence et la validité d’un testament revient au ministre. Celui-ci peut aussi assumer l’administration des biens des enfants mineurs. Ainsi, on constate que le régime de tutelle rime avec contrainte, dépendance, absence d’autonomie et limites quant aux droits et libertés.

Un autre préjugé coriace concerne le financement des conseils de bande. Des analyses peu approfondies compareront les budgets plus importants des communautés autochtones à ceux des municipalités. Cependant, une comparaison juste devrait aussi se pencher sur les responsabilités de ces deux organisations politiques. En effet, les conseils de bande, en plus des responsabilités traditionnelles assurées par les municipalités, doivent gérer les services de santé, d’éducation, des services sociaux et de la gestion des logements. Cette situation entraîne toutefois un important déficit démocratique au sein des collectivités autochtones dû au fait que de nombreuses responsabilités sont entre les mains des chefs, amenant ainsi une trop grande concentration des pouvoirs.

Un développement économique limité

La situation sociale précaire des Autochtones vivant dans des réserves est liée au développement économique difficile. Les entrepreneurs autochtones font face à des obstacles majeurs dans leur démarches d’obtention de crédit puisque, étant donné l’absence de droits de propriété individuels, ils ne disposent pas de propriété à offrir en garantie. Le développement économique est sans doute un des premiers pas vers l’autonomie d’une collectivité. Toutefois, il est important de préciser que certaines entreprises autochtones existent et qu’elles sont un exemple de réussite dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la coupe de bois, de la gestion de terrain de golfs, d’hôtels ou d’institution financière. Le succès réside probablement dans la réalisation, par les membres d’une communauté, d’une économie moderne et diversifiée sans toutefois mettre de coté les activités plus traditionnelles.

La difficulté de développement économique en entraîne une autre : celle d’arriver à créer des emplois afin que les Autochtones puissent vivre au sein de leur communauté. De plus en plus d’Autochtones ont des formations collégiales et universitaires mais peu ont la possibilité d’exercer leur profession sur le territoire de la communauté.

Aussi, tel que mentionné, les gouvernements autochtones gèrent de nombreux pouvoirs, plus spécifiquement au niveau des budget, (sauvegarde de la culture, adaptation culturelle, éducation, habitation, pouvoirs de police, gestion des ressources et de l’environnement, prestation de services et développement économique), mais l’organisation politique est parfois déficiente dans les communautés. Cornell Stephen et Joseph Kalt de l’American Indian studies center[3] ont effectué une vaste recherche sur les différentes formes d’organisations des communautés autochtones et constatent que la meilleure forme d’organisation dans celles qu’ils ont analysées, était la communauté qui réunissait les conditions suivantes : impartialité et indépendance du système judiciaire, séparation des pouvoirs, chef élu pour plus de deux ans.

Ainsi, face aux différentes difficultés politiques et économiques, Tom Flanagan, auteur de Premières nations? Seconds regards arrive au constat suivant : « tant que les réserves seront peu peuplées [ou surpeuplées], pauvres, sur-gouvernées et financées de l’extérieur, elles seront en proie aux luttes de factions, au népotisme et au gaspillage »[4]. Celui-ci propose une idée originale (quoique contestable) : redistribuer aux Autochtones les 6,3 milliards de dollars que coûtent les programmes fédéraux. Les 610 000 Autochtones inscrits recevraient environ 10 000 $ par année et ils auraient le choix de se taxer eux-mêmes afin de financer les services qu’ils désirent. Une autre proposition suggérée – beaucoup moins farfelue – consiste à segmenter le pouvoir des conseils de bande. En effet, des commissions scolaires pourraient être mises sur pied pour gérer les écoles, les commissions de l’habitation verraient à l’attribution de logement, les conseils d’administration s’assuraient du bon fonctionnement des entreprises de la bande.

De plus, un autre obstacle réside dans la façon dont les hommes et les femmes politiques des gouvernements gèrent la question. Comme bien d’autres enjeux controversés de la société, on constate chez les gouvernants une tendance de plus en plus accrue à judiciariser la question autochtone, c’est-à-dire à confier aux tribunaux la prise de décision face à des enjeux, sans aucun doute, politiques. Ces décisions politiques devraient plutôt relever de choix de société mis en place et réalisés par les élus.

Les rapports québécois-autochtones

Dans son ouvrage intitulé « Passer près d’une perdrix sans la voir ou attitudes à l’égard des Autochtones », Louis Edmond Hamelin présente les différents types de relation qui ont existé, sont en cours ou vers lesquelles le gouvernement québécois devrait se diriger. La première relation est celle basée sur l’élimination des Autochtones par les non-Autochtones. Ce type de relation a eu lieu au tout début de la colonie française et les premières versions de la Loi sur les Indiens étaient inspirées de cette idéologie. La deuxième voie, très près de la première, est celle de la domination visant l’assimilation des Autochtones basée sur l’idée de la supériorité ethnique des non-Autochtones. Une troisième relation vise la distanciation entre les peuples, sans rapports ou échanges véritables. L’auto-promotion est une voie de plus en plus utilisée par les groupes autochtones dans un processus d’affirmation de leur dignité et leur fierté. La relation basée sur l’amélioration des conditions de vie par le développement économique en est une qui est valorisée. Enfin, la dernière voie proposée, qui nous semble être la voie à privilégier dans les rapports entre Autochtones et Québécois, est celle basée sur des valeurs de fraternité et de solidarité dans une approche interculturelle favorisant le respect. L’ère du paternalisme est révolue et les nations autochtones et québécoise doivent bâtir des relations prenant en considération les aspirations des autochtones et les réalités du Québec d’aujourd’hui. Afin de bannir les préjugés existants entre les nations autochtones et québécoise, des cours d’initiation à l’histoire et aux cultures autochtones et des cours de français et d’histoire québécoise devraient être mis sur pied.

Comme la question d’autonomie gouvernementale relève avant tout du fédéral, un des enjeux très polémique entre Autochtones et Québécois est celui du territoire. Sylvie Vincent, anthropologue, résume bien la question : « Depuis les années 1990, Québécois francophones et Autochtones du Québec semblent passés à un autre palier de leur histoire. Ils ne se confrontent plus sur le plan de leur reconnaissance respective par le Canada mais sur le plan de leurs droits à un territoire qui est le même et où s’enracinent l’identité tant des uns que des autres […]. Que le Québec devienne indépendant ou qu’il redéfinisse son statut à l’intérieur du Canada, la question à régler aujourd’hui n’est presque plus celle de l’autonomie gouvernementale mais celle de la façon dont cette autonomie va pouvoir s’exercer sur un territoire commun alors que les Autochtones voient leur droit à disposer d’eux-mêmes comme reposant sur leur droit à disposer de leurs terres tandis que le Québec fait de l’inviolabilité de son territoire le symbole de son existence »[5].

Comment arriver à sortir des rapports conflictuels qui semblent trop souvent être une impasse? Patrice Groulx, auteur de l’ouvrage Pièges de la mémoire, Dollard des ormeaux, les Amérindiens et nous, s’attarde particulièrement sur la représentation symbolique des Autochtones dans l’évolution identitaire québécoise. Celui-ci propose une « quête mutuelle de reconnaissance, d’égalité et de souveraineté » permettant l’ouverture vers une autre façon d’envisager les Autochtones dans la mémoire collective québécoise. Voie certes difficile et de longue haleine, mais modifiant en profondeur les mentalités où prennent source les préjugés, prolongeant ainsi cette voie sans issue. Les échanges positifs entre Québécois et Autochtones sont nombreux – par exemple la création de la Caisse populaire de Kahnawake en 1987, les luttes pour la protection de l’environnement et des ressources naturelles, le Forum paritaire québécois-autochtone de 1991-1993, la solidarité des femmes québécoises et autochtones lors de la marche des femmes en 2000 – il faut donc chercher à les multiplier. Au niveau gouvernemental, des traités sont signés ou sont en cours de négociation entre le gouvernement québécois et ceux de plusieurs communautés autochtones. Que ce soit par la loi du gouvernement Lévesque reconnaissant les 11 nations présentes sur le territoire québécois dans les années 1980, par la Paix des Braves en 2002, par l’approche commune, les actions par le gouvernement québécois en faveur du rapprochement et de la reconnaissance des communautés autochtones semblent annoncer un avenir meilleur entre les nations vivant sur le territoire québécois.

Notes

[1] Hans-Jürgen Greif, « Images de l’Indien » , Nuit Blanche, no. 75, été 1999, p. 54
[2] Migué, Jean-Luc, in Premières nations? Seconds regards, Septentrion, Québec, 2002, p. 209
[3] Cornell, Stephen, Joseph Kalt (dir.),What can tribes do? Strategies and institutions in American Indian economic development, American Indian Studies Center, Los Angeles, 1992.
[4] Flanagan, Tom, Premières nations? Seconds regards, Septentrion, Québec, 2002, p. 114
[5] Vincent, Sylvie, « Le Québec et les Autochtones, trois décennies de rapports politiques » in Autochtones et Québécois : la Rencontre des nationalismes, actes du colloque tenu les 28 et 29 avril 1995, au Cégep du Vieux-Montréal, Recherches amérindiennes au Québec, Montréal, 1995, p. 216.

Bibliographie commentée

Flanagan, Tom, Premières nations? Seconds regards, Septentrion, Québec, 2002.

Par cet ouvrage controversé, Tom Flanagan analyse et critique de ce qu’il appelle « l’orthodoxie autochtone », idéologie amenant la réalisation des politiques gouvernementales autochtones telles qu’on les connaît. L’auteur cherche à démontrer que ces politiques publiques renforcent une élite d’Autochtones au dépend d’une population vivant de plus en plus dans la précarité. Il discute aussi des arguments autochtones concernant leurs droits ancestraux sur le territoire, de la souveraineté des peuples autochtones, des paiements de transferts accordés aux communautés. Quoique contestable, cet ouvrage suscite la réflexion et les débats. À cet égard, l’économiste Jean-Luc Migué, le juriste Ghislain Otis, le sociologue Jean-Jacques Simard et le philosophie Charles Taylor complètent l’ouvrage avec des commentaires pertinents.

Lepage, Pierre, Mythes et réalités sur les peuples autochtones, Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Québec, 2002.

Cet ouvrage de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a pour objectif premier d’offrir un document pédagogique à la disposition des enseignants du secondaire. Or, il s’avère que ce livre s’adresse tant aux jeunes Québécois qu’à ceux ayant terminé leur secondaire de longue date tant les préjugés face aux Autochtones sont tenaces au sein de la société québécoise. Pierre Lesage discute des différents mythes existants dans la société afin de permettre aux non-autochtones d’avoir une vision plus juste des réalités autochtones. L’auteur porte aussi un regard sur la passé pour mieux comprendre l’avenir en se penchant plus particulièrement sur les différents traités négociés entre les Européens, et par la suite les Canadiens et Québécois, et les communautés autochtones. Les différents statuts juridiques des autochtones sont rappelés, en passant du désir d’assimilation, au régime de tutelle jusqu’aux gains en matière d’autonomie administrative. Lesage pointe l’autonomie politique et le partage du territoire comme les enjeux de l’heure.

Trudel, Pierre, (dir), Autochtones et Québécois : la Rencontre des nationalismes, actes du colloque tenu les 28 et 29 avril 1995 au Cégep du Vieux-Montréal, Recherches amérindiennes au Québec, Montréal, 1995.

Quoique réalisés il y a quelques années, ces actes de colloque demeurent pertinents puisque l’objectif de l’événement visait l’échange entre groupes, intellectuels, experts sur les aspirations autonomistes des nations autochtones et québécoise. Dans le premier atelier, la question du droit international est soulevée et des distinctions sont soulignées entre nationalismes québécois et autochtones. Le deuxième atelier vise quant à lui à analyser et comparer les politiques gouvernementales canadiennes et québécoises concernant les Autochtones. Le troisième atelier, plus fructueux, porte sur les perspectives d’avenir entre Autochtones et Québécois dans un contexte de souveraineté du Québec. Il s’agit donc d’un ouvrage soulevant des questions sans cesse d’actualité.

Ouvrages recommandés

Beaulieu, Alain, Les Autochtones du Québec, Des premières alliances aux revendications contemporaines, Musée de la civilisation/Fides, Québec/Montréal, 1997.

Bouchard, Hugette, (dir.), Sciences et sociétés autochtones, partenaires pour l’avenir, Recherches amérindiennes au Québec, Coll. Dossiers no.3, Montréal, 1997.

Dupuis, Renée, Tribus, peuples et nation; Les nouveaux enjeux des revendications autochtones au Canada, Boréal, Montréal, 1997.

Gouvernement du Canada, Les premières nations du Canada, Ministère des affaires indiennes et du Nord Canada, Ottawa, 1997.

Forum paritaire québécois-autochtone, Manifeste concernant l’avenir des relations entre les Autochtones et les Québécois, automne 1993.

Groulx, Patrice, Pièges de la mémoire, Dollard des Ormeaux, les Amérindiens et nous, Vents de l’ouest, Hull, 1998.

Hamelin, Louis-Edmond, Passer près d’une perdrix sans la voir ou attitudes à l’égard des Autochtones, Programmes d’études sur le Québec/Université McGill, Montréal, 1999.

Maclure, Jocelyn, « Vers une société postimpériale », Le Devoir, 11 juillet 2000.

Sites internet suggérés

Gouvernement canadien Affaires indiennes et du Nord Canada
http://www.ainc-inac.gc.ca/index_f.html

Commission royale sur les peuples autochtones http://www.parl.gc.ca/information/libra ... 9924-f.htm

Portail des Autochtones du Canada http://www.aboriginalcanada.gc.ca/abdt/ ... doc/0.html

Gouvernement québécois Ministère des ressources naturelles, Faune et Parcs (il est possible de trouver ,entres autres, sur le site les traités entre le gouvernement du Québec et les communautés autochtones) http://www.mrn.gouv.qc.ca/ministere/affaires/index.jsp

Secrétariat aux affaires autochtones – Québec http://www.cex.gouv.qc.ca/d/html/d0466001.html

Associations autochtones Assemblée des premières nations du Canada http://www.afn.ca/

Association des femmes autochtones du Québec
http://www.qnwafaq.com/main.asp?lang=fr

Grand Conseil des Cris
http://www.gcc.ca/

Projets Autochtones du Québec
http://www.projetsAutochtones.com/

Réseau d’affaires autochtones
http://www.affairesAutochtones.com/

Revue Recherche amérindiennes
http://www.recherches-amerindiennes.qc.ca/

Société pour la diffusion de la culture autochtone http://www.nativelynx.qc.ca/pageqdeneuffr01.htm

Société touristique des Autochtones du Québec
http://www.staq.net/

Source : http://dev.irq.qc.ca/Dossiers.asp?ContenuNo=137
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